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La colère de Jeannette Bougrab, compagne de Charb : "On aurait pu éviter ce massacre"

Edité par
le 08 janvier 2015 à 20h36 , mis à jour le 08 janvier 2015 à 20h59.
Temps de lecture
4min
Jeannette Boughrab sur TF1 le 8 janvier 2015
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Notre société Un peu plus de 24 heures après l'attentat contre Charlie Hebdo qui a coûté la vie à 12 personnes, l'ancienne secrétaire d'Etat et compagne de Charb, tué mercredi, était l'invitée du 20H de TF1. En larmes, Jeannette Bougrab a confié son émotion et dit sa colère contre une France où l'on peut tuer des dessinateurs.
Mise à jour :  Rapidement, la famille de Charb avait démenti "l'engagement relationnel" avec Jeannette Bougrab. Deux versions dont on ne saura probablement jamais laquelle est la bonne. La jeune femme a, à ce jour, déménagé à l'étranger.
Il s'appelait Stéphane Charbonnier, les gens l'appelaient Charb, elle l'appelait "mon amour". Celle que l'on connaît comme ancienne secrétaire d'Etat à la Jeunesse et à la Vie associative du gouvernement Fillon était également la compagne de Charb, directeur de la rédaction de Charlie Hebdo et dessinateur assassiné mercredi.

Interrogée sur les risques que prenaient Charb en publiant certains dessins résolument provocateurs, Jeannette Bougrab a déclaré : "On ne vit pas sereinement avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête" avant d'ajouter qu'au regard du nombre de menaces que son compagnon recevait sur internet ou sur les réseaux sociaux, il se doutait qu'il allait mourir de cette façon. Et pour cela, l'ancienne présidente de la HALDE (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité) refuse que le nom de son "homme" soit associé à l'idée d'une certaine légèreté dans l'attitude ou dans le travail. "Il savait quelle était son action".

Et lorsque Gilles Bouleau lui demande si, justement, parfois, elle avait essayé de lui demander de prendre moins de risques dans ses dessins, Jeannette Bougrab n'hésite pas une seconde dans sa réponse : "Jamais, au contraire". "Je l'ai admiré avant de l'aimer".
Pour les assassins, "c'est la prison et c'est tout"

Jeannette Bougrab se fait plus accusatrice au sujet du contexte de l'attentat qui s'est produit mercredi à la rédaction de Charlie Hebdo. Que se passe-t-il en France pour que des dessinateurs soient assassinés avait-elle déclaré sur le plateau de BFMTV un peu plus tôt dans l'après-midi. Sur TF1, elle va plus loin : "On aurait pu éviter ce massacre et on ne l'a pas fait". Au micro de Ruth Elkrief, elle avait précisé ses propos en pointant du doigt des coupables. "Aujourd'hui, ce ne sont pas des imams qui sont morts, ce sont des dessinateurs". Ceux qui présentaient les collaborateurs de Charlie Hebdo comme des racistes et des islamophobes sont à ses yeux coupables. "C'étaient des gens exceptionnels, des héros. Il leur faudrait le Panthéon".

Quant aux meurtriers de son compagnon et des 11 autres victimes de l'attentat, elle ne veut "rien savoir d'eux, ni leurs parcours, ni leur histoire". Ils ne peuvent avoir aucune excuse, "c'est la prison et c'est tout".

Sur BFMTV, Jeannette Bougrab avait indiqué que c'était "une défaite, une tragédie pour notre pays, un immense gâchis". Et en aucun cas les manifestations de soutien à Charlie Hebdo ne peuvent être perçues comme une victoire contre le terrorisme et les fondamentalismes, selon elle. Elle s'était montrée à la fois sceptique mais résolue sur l'avenir de Charlie Hebdo. Alors que Ruth Elkrief insistait sur la nécessité que Charlie Hebdo continue à exister, Jeannette Bougrab avait estimé que les piliers fondateurs du journal, Cabu et Wolinski, n'étaient plus là et que son compagnon, directeur de la rédaction et cheville ouvrière, avait été tué. "C'était Charb qui tenait la barre, c'était un moine soldat, il ne faisait que travailler et ne prenait jamais de vacances et il n'est plus là".


"J'aimerais être à sa place plutôt que lui et qu'il continue son combat"


Quant aux survivants, Jeannette Bougrab n'est pas sûre qu'ils aient envie de continuer car "ils sont terrorisés" et ils savent que leur vie est menacée . "Mais si Charlie Hebdo disparaissait aujourd'hui, c'est Charb que l'on assassinerait une deuxième fois, c'est Cabu que l'on assassinerait une deuxième fois, Wolinski, Tignous"... D'ailleurs, a-t-elle ajouté sur TF1, "j'aimerais être à sa place plutôt que lui et qu'il continue son combat".


Ils défendaient selon elle la laïcité et la liberté d'expression et auraient peu gouté aux prières qui ont eu lieu mercredi et jeudi devant la rédaction de Charlie Hebdo.

 

Vidéo. "J'aimerais être à sa place pour qu'il puisse continuer son combat"

Vidéo. Les dessinateurs de Charlie Hebdo au Panthéon, le souhait de Bougrab

Vidéo. "Ils viennent d'être assassinés et on n'a rien fait"

 

Vidéo. "On ne vit pas sereinement avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête"

Vidéo. "On aurait pu éviter ce massacre"

Commenter cet article

  • toflomagne : Imposture si l'on en croit le frère et les parents de Charb. Quelle honte Madame !

    Le 10/01/2015 à 22h20
  • vinebaut : Quelle leçon de courage !!

    Le 10/01/2015 à 10h21
  • a6parterre : Si vous comprenez pas ce que dit l'animateur de la télé, vous demandez à sa marionnette de vous expliquer. Avatar......

    Le 09/01/2015 à 22h19
  • val0169 : Madame BOUGRAB, Je vous adresse mes condoléances ... vous m'avez vraiment touchée et je vous comprends. Je n'ai pas toujours été d'accord avec les articles de Charlie Hebdo mais jamais je ne les aurais qualifiés d'islamophobes. La liberté d'expression, c'était leur bataille et ça mérite le respect. Courage à vous et aux vôtres.

    Le 09/01/2015 à 19h46
  • ovation1 : Donc merci sarko et hollande

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