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"Je ne sais pas si j'aurais des séquelles à vie" : une victime des essais cliniques de Rennes se confie à TF1

Edité par avec
le 29 février 2016 à 08h50 , mis à jour le 29 février 2016 à 18h58.
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4min
Essai clinique mortel à Rennes : le témoignage choc de l'une des victimes se confie à TF1
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Notre société L'un des six hommes hospitalisés lors de l'essai thérapeutique qui a fait un mort en janvier à Rennes raconte son calvaire dans un entretien accordé ce lundi à TF1. En colère, il réclame des comptes.

"Les médecins ne peuvent pas me dire si j'aurais des séquelles à vie". L'une des six victimes hospitalisées lors de l'essai thérapeutique qui a fait un mort en janvier à Rennes raconte ses souffrances et son calvaire dans un entretien exlcusif accordé à TF1. Ce Sarthois de 42 ans, qui souffre encore de séquelles neurologiques, avait été hospitalisé dans un état grave à l'unité de soins intensifs neurovasculaires du centre hospitalier de Rennes, avec cinq autres patients ayant testé la même molécule au centre de recherches Biotrial.

Il faisait partie d'un groupe de huit volontaires, dont deux allaient prendre un placebo, qui devaient tester une molécule destinée à soulager douleur et anxiété. L'un d'eux est finalement décédé le 17 janvier. 

"Avant de participer, ils ne nous ont pas dit qu'ils avaient fait des essais sur des animaux qui s'étaient mal passés, explique-t-il à TF1. Sinon, je n'aurais pas signé. Je n'aurais jamais fait ce protocole". Pour cet essai clinique, l'homme devait toucher la somme de 1900 euros. Il y a deux ans, il s'était déjà porté volontaire pour un premier essai clinique avec Biotrial qui s'était bien passé.    
 
A LIRE >>> Comment sont encadrés les essais cliniques ? 

Vertiges, malaises et vision double

L'ancien volontaire a accepté de parler pour témoigner de sa "colère". Il raconte les premiers jours qui ont suivi le début de l'essai clinique pour le laboratoire portugais Bial le 7 janvier.

"Les premiers symptômes ? Des maux de tête. Je n'avais pas encore de vertiges, pas encore de problèmes au niveau de la voix", explique-t-il. Mais ces signes se sont manifestés quatre jours plus tard. Il s'est tourné vers médecins et infirmières qui lui ont donné du Doliprane. "Ils m'ont donné un médicament pour la douleur, mais ils ne m'ont pas suivis, regrette le Sarthois. Ils n'ont pas fait d'analyses, ils n'ont rien fait du tout".

"Le lendemain, ça n'allait plus. J'avais encore plus mal à la tête, et c'était noir sous mes paupières. Un médecin m'a donné une poche de glace et encore du Doliprane", se souvient-il, dans des propos rapportés au Maine Libre. "Le 13, quand je me suis levé, j'avais des étourdissements, je ne voyais plus rien. J'ai voulu prendre une douche et je n'y arrivais pas. Quand j'ai voulu ranger mes affaires dans le vestiaire, je suis tombé." Transféré au CHU de Rennes, les médecins détectent à l'IRM des "taches de sang et des traces blanches" dans son cerveau.

Des séquelles neurologiques à vie ?  

Le 14 janvier, les médecins disent à sa compagne : "Ça serait bien que vous emmeniez les enfants, on ne sait jamais", explique-t-elle au Maine Libre.  A "titre exploratoire", le patient prend alors un autre traitement, avec son accord, et son état s'améliore. "Les médecins étaient étonnés que je m'améliore comme ça. Ils ne me voyaient pas remarcher ou parler".

Plus de deux mois après l'accident thérapeutique, l'homme tente de reprendre le cours de sa vie. "Maintenant je peux parler, explique-t-il avec une élocution encore fébrile. J'arrive à marcher. C'est très difficile mais je peux marcher. J'ai toujours une mauvaise vision. Mais les médecins ne peuvent pas se prononcer, ils ne peuvent pas me dire si ça va guérir, ou si j'aurais ces séquelles à vie".

Pour les médecins, il est "un miraculé", assure-t-il, alors qu'il continue sa rééducation. "Ils ont fait des erreurs. Pourquoi a-t-on pris le traitement un jour de plus, alors que la première victime était déjà hospitalisée ?", demande-t-il.   

L'Inspection générale des affaires sociales (Igas) a relevé des "manquements majeurs" dans un rapport rendu début février, reprochant notamment à Biotrial d'avoir à nouveau administré la molécule aux autres volontaires le lendemain de l'hospitalisation du premier volontaire.

A LIRE >>> Essai clinique mortel à Rennes : des chiens morts lors des phases de test sur les animaux ? 
 

VIDEO. Essai clinique mortel à Rennes : des "manquements majeurs" pour le laboratoire Biotrial

 

VIDEO.Biotrial : des chiens morts suite aux essais cliniques

 

Commenter cet article

  • minghton2 : Commencer une phrase avec une majuscule et mettre des espaces avant et après des points d' exclamation, ça vous parle ? Pauvre vdabrin :)

    Le 01/03/2016 à 12h43
  • vdabrin : Dans le titre il me semble que le verbe est au futur!!! donc si j'aurai(s) ne prend pas de S une de fois de plus!!!! pauvre France!!!!

    Le 01/03/2016 à 10h12
  • bob420 : Franck, j'ai justement participé à des protocoles de tests de médicaments et ce n'était pas dans un but philanthropique mais simplement pour payer mes études...je savais que c'était à mes risques et péril puisque j'avais signé tout un tas de papiers même s' il y avait peu de risques. et c'était grassement payé, je n' invente rien !

    Le 29/02/2016 à 20h07
  • bob420 : C'est pas avéré le fait que ce médicament ait tué des animaux...je vous invite à lire l'article

    Le 29/02/2016 à 16h15
  • baron_von_bubba : Si les tests précédents étaient un échec il n'y avait aucune raison de les continuer , ce sont des essais et pas des expérimentations ! Si une voiture échoue au crash test, tu vas pas demander à un pilote de tester quand même en lui cachant l'échec.

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