L'onde de choc est partie mercredi matin d'un article du Parisien. En Une, un titre sybillin pointe "L'étonnant prosélytisme des militants de l'euthanasie". L'article, en page 12 du quotidien, évoque une "convention de trois ans" signée récemment par l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) "avec l'Hôpital européen Georges Pompidou (HEGP), l'un des plus gros établissements hospitaliers de Paris, les autorisant pour la première fois à entrer en contact avec des patients hospitalisés en fin de vie dans un hôpital public". Une signature décidée, selon le quotidien, "par les dirigeants de l'HEGP en toute discrétion et qui provoque les foudres du personnel hospitalier au point qu'une réunion a dû être organisée d'urgence il y a une dizaine de jours entre la direction de l'hôpital et les médecins indignés". En bas de page, un encadré relaie le témoignage de Marie-Hélène Boucand, présentée comme une patiente de l'hôpital, qui se dit "très choquée" et s'interroge sur ce libre accès à l'hôpital donné aux militants de l'ADMD : "Quel discours vont-ils tenir aux malades ? Vont-ils leur conseiller de demander une euthanasie ?"
L'urgentiste de Bayonne désormais mis en examen pour 7 euthanasies
Après avoir été entendu mardi après-midi par les juges d'instruction, Nicolas Bonnemaison, l'urgentiste de Bayonne déjà mis en examen pour 4 cas d'euthanasie, a été mis en examen pour 3 autres cas.
Publié le 17/01/2012
Euthanasie : jugé pour avoir aidé sa femme de 83 ans à mourir
Pour avoir aidé son épouse malade, âgée de 83 ans, à mettre fin à ses jours, Jean Mercier, ancien contrôleur de travaux chez EDF, va être poursuivi pour "homicide volontaire" et "non-assistance à personne en danger". "Je voudrais que mon exemple serve", dit-il.
Publié le 12/01/2012
Le Dr Bonnemaison soupçonné d'une neuvième euthanasie
Déjà soupçonné d'euthanasie active sur huit patients à l'hôpital de Bayonne, le médecin urgentiste a été "suspendu" vendredi par le ministre de la Santé.
Publié le 18/11/2011
Soupçons d'euthanasie à Bayonne : une famille se porte partie civile
Mis en examen en août pour "empoisonnements sur personnes particulièrement vulnérables", le Dr Nicolas Bonnemaison est soupçonné de sept cas d'euthanasie active à l'hôpital de Bayonne.
Publié le 19/10/2011
Euthanasie : le Dr Bonnemaison laissé en liberté
L'urgentiste bayonnais, soupçonné d'avoir abrégé la vie d'au moins sept patients âgés, a été laissé en liberté sous contrôle judiciaire mardi par la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Pau.
Publié le 13/09/2011
Pour ou contre la légalisation de l'euthanasie ?
<b>Interview -</b> Pour le député UMP Jean-Marc Mesne, légaliser l'euthanasie est inutile et dangereux. En revanche, pour le sénateur PC Guy Fischer, auteur d'une proposition de loi sur la question, il est temps de mettre fin à l'hypocrisie.
Publié le 24/01/2011
Avant de mourir, elle demande à Sarkozy de s'occuper de son fils tétraplégique
Dans un courrier transmis par son avocat, Michèle Somer, décédée vendredi d'un cancer à l'âge de 57 ans, demande notamment au président de trouver une place dans un établissement spécialisé pour son fils de 33 ans.
Publié le 05/07/2011
Euthanasie : plus de 9 Français sur 10 veulent une loi
94% des Français sont favorables à une loi sur l'euthanasie, selon un sondage Ifop pour Sud-Ouest Dimanche. Mais si le soutien à un tel texte progresse, il s'accompagne de l'exigence d'un encadrement accru.
Publié le 30/10/2010
Euthanasie : faut-il une loi ?
<b>Vous avez dit - </b>Témoignages de proches de grands malades, soignants : nos internautes s'impliquent dans le débat sur l'euthanasie.
Publié le 20/03/2008
L'euthanasie divise le gouvernement
Face au trouble semé par le drame de Chantal Sébire, la ministre de la Santé et la nouvelle secrétaire d'Etat à la Famille expriment des divergences. François Fillon a demandé une évaluation de la loi existante.
Publié le 20/03/2008
Euthanasie : un mari acquitté
Les Assises du Maine-et-Loire ont acquitté ce Danois de 37 ans, qui avait aidé à mourir, en janvier 2003, sa femme alors en phase terminale d'un cancer. Les larmes aux yeux, il avait expliqué pourquoi il avait augmenté les doses de morphine et de Tranxène administrées à sa femme de 29 ans.
Publié le 14/06/2006
Euthanasie : les médecins responsables jusqu'au bout
Deux projets de décrets relatifs à la loi sur la fin de vie votée en avril dernier précisent les conditions dans lesquelles chacun pourra refuser un traitement jugé déraisonnable.
Publié le 11/01/2006
Hollande sur l'euthanasie : "il faut légiférer"
Interrogé sur la question de l'euthanasie, François Hollande estime qu'"on ne peut pas rester dans une situation de non-dit".
Publié le 25/01/2011
Branle-bas de combat au siège de l'ADMD et à la direction de l'hôpital, aussitôt assaillis de coups de téléphone de journalistes. L'hôpital Georges Pompidou a-t-il ouvert une brèche dans laquelle se seraient engouffrés les militants pro-euthanasie ? Un vent de révolte souffle-t-il dans l'hôpital ? Du côté de la direction, on tente d'éteindre l'incendie. En niant, tout d'abord, toute tension avec le personnel médical. En soulignant, ensuite, que la présence de membres d'associations censées représenter les usagers au sein d'une "maison des usagers" n'est en rien une nouveauté. Leur rôle est, rappelle la direction, "encadré par la signature de conventions. Par ailleurs, elles sont représentées au sein de commissions institutionnelles, selon une procédure de désignation très réglementée".
Y a-t-il un risque de "prosélytisme" ?
La décision de signer cette convention avec l'ADMD a-t-elle été prise en catimini ? L'hôpital s'en défend. Si la direction n'a pas spécifiquement informé le personnel médical, le cas a été identique pour d'autres associations. Y a-t-il un risque de "prosélytisme" ? La convention qui a été signée, souligne l'hôpital, précise clairement que "le rôle de l'ADMD est d'informer les usagers" sur les dispositions de la loi actuelle. En aucun cas de militer pour l'euthanasie. Concernant, enfin, la mention d'une mise en contact avec des patients en fin de vie, elle étonne au sein de l'établissement : "Nous sommes plutôt un hôpital de court séjour. La question de la fin de vie ne se pose pas chez nous comme elle peut se poser en gériatrie, par exemple".
L'ADMD s'efforce aussi de justifier son rôle et de désamorcer la polémique. "Voilà bientôt cinq ans que nous sommes présents dans une grande majorité des établissements de santé", souligne Philippe Loheac, directeur général de l'association. "L'ADMD est la seule organisation à avoir une brochure qui explique ce qu'est la loi actuelle sur la fin de vie, ce qu'elle permet, ce qu'elle interdit, et à diffuser largement un formulaire de directive anticipée et de désignation de personnes de confiance". En gros, cette brochure indique aux usagers des hôpitaux comment faire connaître leur volonté et comment désigner une personne susceptible de les représenter pour "porter leur voix" auprès du personnel médical s'ils en venaient à ne plus être en état de s'exprimer.
Tout remonte à 2006
Le problème, si problème il y a, se pose en fait, non pas simplement à l'hôpital Pompidou, mais dans la plupart des hôpitaux français; et il remonte à 2006 - plus précisément au mois d'août 2006, lors de la parution de l'arrêté qui a fait de l'ADMD une association agréée par le ministère de la santé pour représenter les patients au sein des hôpitaux. Elle a ainsi rejoint les dizaines d'autres associations qui sont autorisées à participer à la gouvernance des établissements hospitaliers au sein d'instances spécifiques. L'ADMD souligne qu'elle "adhère au Collectif interassociatif sur la santé (CISS), qui regroupe sur le plan national 34 associations de malades, de familles et de consommateurs". La question qui se pose est : pourquoi ce coup de projecteur sur l'hôpital Georges Pompidou ? Sans doute parce que c'est dans cet hôpital que Marie-Hélène Boucand est tombée sur les plaquettes de l'ADMD qui ont provoqué sa colère. Une colère d'autant plus explicable lorsqu'on sait que cette patiente, atteinte d'une maladie rare, est surtout elle-même un médecin, auteur de plusieurs ouvrages dont "Le corps mal-entendu" (aux éditions Vie Chrétienne) et militante du collectif Plus digne la vie, hostile à la légalisation de l'euthanasie.
Pour l'Alliance pour les droits de la vie, autre association qui s'oppose par principe à toute "mort administrée", l'article du Parisien a tout l'aspect d'une "prise de conscience tardive". Mais le cas Pompidou ne paraît ni très nouveau, ni très différent de celui de nombre d'autres hôpitaux. Ce qui gêne en fait, c'est le double rôle assumé par l'ADMD, clairement différencié par le juge administratif : un rôle militant et ouvertement pro-euthanasie d'un côté; un rôle d'information objective des patients de l'autre. "Je ne doute pas de la sincérité de beaucoup de militants de l'ADMD", commente Tugdual Derville, délégué général de l'Alliance pour les droits de la vie, qui coordonne par ailleurs un site d'écoute, SOS fin de vie. "Mais on a l'impression qu'ils sont pré-positionnés dans la plupart des hôpitaux, pour permettre d'appliquer une loi sur l'euthanasie qu'ils appellent de leurs voeux. Dans certains établissements, 100% des représentants des usagers sont constitués de membres de l'ADMD. N'y a-t-il pas un risque qu'ils cherchent, même inconsciemment, le cas limite, celui qui montrerait la nécessité d'une telle loi ?"
"Manipulation ? Mauvaise foi ?"
Du côté de l'ADMD en revanche, Philippe Lohéac écarte tout risque de dérapage : "si un membre de l'association venait à avoir une parole malheureuse de prosélytisme, il se ferait reprendre aussitôt par les personnels de l'hôpital qui lui diraient : là, on est hors-sujet. Mais ça n'est jamais arrivé, preuve que les choses se passent plutôt bien ! On se demande ce qui sous-tend une pleine page dans le Parisien". En réaction à cet article, l'association a d'ailleurs diffusé un communiqué aux accents vengeurs dans lequel elle s'interroge : "Manipulation ? Mauvaise foi ? Lobbying pro-life ?"
Mais au-delà du cas Pompidou, loin d'être un cas unique, et des discours militants, par nature très tranchés et propices à l'escalade verbale, les uns et les autres se retrouvent pourtant sur quelques grands thèmes. La grande méconnaissance actuelle de la loi Leonetti, tout d'abord, qui permet déjà, sous certaines conditions, d'accélérer la mort d'un patient condamné. Le refus de l'acharnement thérapeutique. Le refus d'euthanasies plus ou moins clandestines, qui seraient plusieurs milliers chaque année en France. Le refus, enfin, de relations où le patient se retrouverait soumis à la toute-puissance d'un pouvoir médical qui pourrait décider de sa vie ou de sa mort.
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