Ces évacuations interviennent alors que le ministère de l'Intérieur a assuré mercredi que les expulsions de campements illicites décidées par la justice seraient effectuées "avec fermeté", tout en précisant que les préfets avaient reçu instruction de "mener un travail de concertation préalable".
Jean-Philippe, militant pour la défense des Roms, a chiffré à 240 le nombre de personnes qui ont embarqué pour la Roumanie, après avoir quitté leurs campements, menacés d'expulsion, ces derniers jours dans l'agglomération de Lyon. "Ces retours volontaires sont des expulsions déguisées, et en plus on dilapide l'argent public car beaucoup vont revenir", a-t-il estimé. Les candidats au retour touchent 300 euros pour les adultes et 150 euros pour les enfants. Selon l'ONG Médecins du Monde, qui assure un suivi sanitaire des campements roms de Lyon, ce n'est pas le premier charter depuis le début de la présidence Hollande : l'ONG en a compté un le 10 mai et un autre le 5 juillet vers la Roumanie.
"On attendait mieux"
Les associations se sont également montrées très critiques après l'évacuation de deux campements de l'agglomération lilloise, encadrée par quelque 150 policiers et CRS et mise en oeuvre suite à une ordonnance d'expulsion délivrée par le tribunal. La communauté urbaine de Lille (LMCU), présidée par Martine Aubry (PS), et l'Etat, propriétaires des terrains, avaient engagé une procédure pour que soient démantelés ces campements illicites. "Ce qui est inconcevable pour nous, c'est qu'on jette les gens sans leur dire où ils peuvent aller. On attendait mieux suite aux déclarations du président Hollande", a déclaré Roseline Tiset, de la Ligue des droits de l'Homme. Elle a ainsi rappelé que François Hollande, lors de la campagne présidentielle, s'était prononcé dans une lettre aux associations pour que "lorsqu'un campement insalubre est démantelé, des solutions alternatives soient proposées".
Du côté de la droite, les réactions sont mitigées. A l'UMP, on applaudit : "Manuel Valls a décidé de poursuivre le démantèlement des camps de Roms. C'est une mesure juste et légitime, tant ces lieux n'ont pas leur place sur le territoire de la République", a estimé Eric Ciotti, secrétaire national de l'UMP à la sécurité, qui a salué dans un communiqué la "lucidité" du ministre de l'Intérieur tout en la qualifiant de "tardive". Au FN, on reste critique : la présidente du parti d'extrême-droitel, Marine Le Pen, a jugé que ces opérations menées "sous les caméras de télévision" ne "mènent à rien", la véritable solution passant par "la maîtrise de nos frontières".










