- Une nouvelle évaluation des profs sème la zizanie - 01 min 10 s
Dépense d'éducation, taux de scolarisation...bonnet d'âne pour la France
S'il reste plus élevé que la moyenne des pays de l'OCDE, le taux de scolarisation des 15-19 ans en France connaît "de sérieux signes de ralentissements" depuis 1995, de même que les dépenses dans le primaire et le secondaire, selon un rapport de l'OCDE publié mardi. Une exception française.
Publié le 13/09/2011
La mesure est considérée comme un casus belli par les syndicats de l'Education. Un projet du ministère qui a fuité mardi prévoit qu'à l'avenir, les professeurs de collèges et lycées pourraient être exclusivement évalués par leur chef d'établissement. Le texte de ce projet d'arrêté a été révélé par un site internet spécialisé, Café pédagogique avant d'être repris sur celui du Snes. Or, jusqu'alors, l'enseignement d'une discipline et la pédagogie étaient évaluées par les inspecteurs pédagogiques régionaux. Autre nouveauté, les enseignants seraient évalués, en plus de leur discipline, sur leur "capacité à faire progresser chaque élève" ou leur "pratique professionnelle dans l'action collective de l'établissement". En outre, les progressions de carrière et les grilles d'avancement seraient modifiées.
"Totalement inacceptable" pour le Snes-FSU, principal syndicat des collèges et lycées. "L'objectif est clairement de transformer radicalement le métier et le rôle" des enseignants du secondaire, a réagi le syndicat dans un communiqué, en assurant que les projets lui avaient été transmis directement par le ministère. "Ce qui deviendra de fait premier, ce n'est plus le coeur du métier, la capacité de l'enseignant à faire acquérir savoirs et compétences à ses élèves, mais tout ce qui est périphérique à l'acte d'enseigner", a-t-il ajouté.
"Un véritable passage en force"
Ce qui pose problème dans ce projet, c'est aussi son calendrier : le syndicat juge que "le ministère organise un véritable passage en force en voulant soumettre son projet au comité technique ministériel avant les congés de fin d'année". Et au sujet du projet de décret sur la progression des carrières, le Snes estime qu'il va "geler les promotions jusqu'en 2015" et entraîner après cette date un rythme d'avancement pour tous qui "serait le rythme actuel de l'ancienneté, soit le plus lent". Voilà pourquoi, selon Daniel Robin, un des co-secrétaires généraux du syndicat, "le Snes réfléchit à un appel à la grève". Le SNUipp-FSU, principal syndicat des écoles primaires, a annoncé de son côté qu'il s'opposerait à la réforme de l'évaluation des enseignants si elle était basée "sur un mérite largement arbitraire" et il s'est demandé si le but du gouvernement n'était pas de "faire des économies".
Du côté du ministère, on confirme, sans commenter, l'existence des textes polémiques : il s'agit bien de "projets de textes précis" qui sont maintenant "mis en discussion", selon Josette Théophile, directrice générale des ressources humaines du ministère. "L'évaluation, c'est le cinquième chantier du pacte de carrière, il y a déjà eu au moins trois tours de piste, on ne surprend et on ne bouscule personne", a-t-elle ajouté, évoquant "une mise en oeuvre à partir de la rentrée 2012". "Pour cela, notre objectif est une délibération, si possible sereine, sur les projets de texte d'ici la fin de l'année", a-t-elle dit.
Si elle a reconnu l'importance nouvelle qui serait accordée au chef d'établissement, elle a assuré que "les inspecteurs seraient toujours dans la boucle". "L'entretien d'appréciation par le supérieur hiérarchique présent en permanence est une politique globale de la fonction publique, il est surprenant que cela surprenne", a-t-elle souligné. Mais le projet prévoit "une auto-évaluation" des enseignants sur quatre critères (enseignement de la discipline, capacité à faire progresser les élèves, travail en équipe, climat scolaire) et "sur cette base, il y aura validation par l'inspection, puis ces éléments serviront de base de référence à l'entretien mené par le chef d'établissement", a-t-elle affirmé.
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