Des statues photographiées au musée Rodin, à Paris/Image d'archives. © A.Ga./TF1 News"Toute personne, handicapée ou pas, doit pouvoir recevoir l'assistance humaine, éventuellement nécessaire à l'expression de sa sexualité." L'ancien député UMP Jean-François Chossy remet ce vendredi au gouvernement son rapport sur le regard que la société porte sur les personnes. Et le document de reposer la question controversée des aidants sexuels pour les personnes handicapées. Lors d'une interview réalisée mi-octobre par TF1 News, le politique nous avait donné sa position : "Oui, les handicapés ont le droit d'avoir une sexualité". INTERVIEW - Le film "Intouchables" a pris la 3e place au box office français de tous les temps. Il a particulièrement "parlé" à Jean-Christophe Parisot. Ce sous-préfet de 44 ans, myopathe depuis son enfance, est devenu tétraplégique. Pour TF1 News, il revient sur son parcours, celui d'un fonctionnaire ordinaire à la vie extraordinaire. La compagnie aérienne à bas coûts était poursuivie vendredi au tribunal de Bobigny par trois handicapés à qui l'accès à un avion avait été refusé parce qu'ils n'étaient pas accompagnés. POUR/CONTRE - La polémique continue. Depuis plusieurs semaines dans la presse, défendeurs et opposants à la création d'un métier d'assistants sexuels pour les personnes handicapées expliquent leur position. Deux d'entre eux la détaille pour TF1 News. INTERVIEW - Fin octobre, l'ex-député UMP Jean-François Chossy remettra au Premier ministre un rapport sur le regard que la société porte sur le handicap. Il y abordera notamment la question très polémique de l'aide sexuelle. Anne, 32 ans, est handicapée moteur cérébral, dépendante à 100%. Pour la sortir de l'ombre et lui redonner son statut de personne à part entière, ses parents vont installer une webcam dans sa chambre. Pour son lancement en France, un opérateur mobile a choisi le comédien trisomique Pascal Duquenne pour sa campagne publicitaire. Depuis ce samedi, tous les aéroports européens sont tenus de proposer aux personnes à mobilité réduite une prise en charge spécifique. La sexologue Sheila Warembourg aborde le sujet tabou de la sexualité chez les personnes handicapées. Une question au c?ur d'un colloque organisé vendredi et samedi à Strasbourg.
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"Cela ne veut pas dire forcément aller jusqu'à l'acte sexuel. Cela peut être une découverte de son corps, des caresses, des câlins, une approche affective. Il faut les aider dans certains cas de la façon la plus simple, la plus digne, la plus humaine possible", nous avait longuement expliqué Jean-François Chossy. Pour lui, "l'assistance sexuelle serait l'une des réponses à cet isolement". "Il faut que quelqu'un puisse répondre à la demande quand elle est formulée et à condition qu'elle soit bien maîtrisée, bien consentie, bien éclairée. Mais, plutôt que de créer un statut spécifique, on pourrait envisager une spécialisation de certaines professions à la découverte du corps". Il suggère de créer un cadre officiel pour cette activité, qui existe dans d'autres pays européens.
Les aidants sexuels existent officiellement en Allemagne, aux Pays-Bas, au Danemark et en Suisse. En France, c'est un débat qui a ressurgi plusieurs fois ces derniers mois. Plusieurs associations d'handicapés y sont favorables tandis que les féministes sont contre. Deux d'entre eux nous avaient détaillé leur opinion sur le site de TF1 News.
POUR : "Les handicapés ont aussi besoin d'affection !" |
| Marcel Nuss, membre du syndicat Strass, syndicat travail sexuel et ancien vice président de l'association CH(S)OSE, qui milite pour l'accès effectif à la vie affective et sexuelle. |
"J'ai 56 ans et je suis très lourdement handicapé depuis ma naissance. J'ai notamment besoin d'être sous assistance respiratoire, et cela de jour comme de nuit. Quand j'étais gamin, on me promettait le paradis. C'était bien normal, je souffrais tant que j'irai forcément directement. Mais moi le paradis, ça ne m'intéresse pas. Je voulais vivre, je veux vivre ! A 20 ans, j'ai dû effectuer un long séjour à l'hôpital, trois ans. J'étais entouré d'infirmières de mon âge. Je m'entendais très bien avec elles. J'étais le confident idéal de leurs histoires de coeur. Toujours là, toujours à l'écoute. Seulement voilà, quand je voulais parler de mes histoires à moi, de mes doutes, de mes interrogations, là, il n'y avait plus personne, elles fuyaient... Malgré tout, j'ai réussi ma vie affective et sexuelle. Je me suis marié, j'ai divorcé et actuellement je suis en concubinage. Je n'ai jamais eu recours à des assistants sexuels. Mais j'ai connu les souffrances et les tourments liés à la vie amoureuse. Alors depuis, je me bats pour les autres. |
CONTRE : "La sexualité n'est pas un droit, c'est une liberté" |
| Maudy Piot, présidente de Femmes pour le dire, Femmes pour agir |
"On s'intéresse enfin à la vie sexuelle et affective des personnes handicapées. C'est une bonne chose, avant on n'en parlait pas ou alors très peu. Mais la réponse apportée ne nous convient pas. Légaliser les aidants sexuels supposerait de modifier la législation sur le proxénétisme. Ce serait une terrible régression pour la France qui avait pris jusqu'à maintenant une position "abolitionniste" à l'égard de la prostitution. |
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