Cette enquête sur "une manifestation non autorisée sur la voie publique" aura notamment pour objet d'en identifier les organisateurs. Parmi les 200 à 250 manifestants, beaucoup avaient expliqué être venus après avoir reçu des SMS ou des messages sur les réseaux sociaux.
Outre le ministre de l'Intérieur, Jean-Marc Ayrault a également commenté l'évènement, assurant notamment que le gouvernement ferait preuve de fermeté. Le Premier ministre a par ailleurs répondu aux accusations de François Fillon. Ce dernier demandait des explications sur le fait que le préfet de police de Paris "ait toléré une manifestation de salafistes devant l'ambassade des Etats-Unis à Paris". "La manifestation était interdite et les policiers ont fait leur travail", a rétorqué Jean-Marc Ayrault. Dans la soirée sur TF1, Jean-François Copé a également réagi, déclarant qu'il souhaitait "que toute la lumière soit faite sur les raisons qui peuvent expliquer qu'une telle manifestation non autorisée puisse se réaliser en plein Paris, à quelques mètres de l'Elysée !".
"Que la lumière soit faite"
Les manifestants s'étaient rassemblés place de la Concorde à Paris pour protester contre la vidéo "Innocence of muslims" ("L'innocence des musulmans") qui a embrasé le monde musulman, provoquant 17 décès. pour le ministre de l'Intérieur, ce genre de rassemblement n'a pas sa place en France : "Cette manifestation est inacceptable" et ses participants "caricaturent l'islam tel qu'il est pratiqué dans notre pays", a déclaré Manuel Valls sur France 2, qui a prévenu qu'il ne tolérerait pas les "prières de rue" et la présence de "femmes voilées entièrement" dans la rue.
A l'origine de cette manifestation, la vidéo "Innocence of muslims" ("L'innocence des musulmans") qui a embrasé le monde musulman. Et selon Manuel Valls, parmi les manifestants de la Concorde, "il n'y avait pas que des jeunes", mais aussi "des petits groupes agissant que nous connaissons dans nos quartiers, qui prônent un islamisme radical".
"Notre société a besoin d'apaisement"
Le ministre de l'Intérieur a par ailleurs relié cette manifestation de fondamentalistes aux exactions de Merah. "N'oublions pas au mois de mars ce qui s'est passé à Toulouse", avec les tueries de Mohamed Merah commises au nom d'Al Qaïda. "A travers internet, à travers des déplacements dans des pays comme l'Afghanistan ou le Pakistan, il y a des jeunes dans nos propres quartiers qui peuvent être touchés par cette idéologie de la haine". "La menace est là", a-t-il mis en garde. "Je ne permettrai pas que des femmes voilées entièrement, que des prières de rue, que des slogans hostiles à des pays alliés, à nos valeurs, puissent se faire entendre dans nos rues. Je serai extrêmement ferme", a prévenu Manuel Valls. "Ces quelques personnes, qu'il ne faut pas confondre avec l'immense majorité de nos concitoyens, caricaturent l'islam tel qu'il est pratiqué dans notre pays." "C'est tout à fait intolérable. J'ai donné des instructions pour que cela ne se reproduise pas", a-t-il dit, sans plus de détail. "Ces manifestations, elles sont interdites. Toute hostilité, tout appel à la haine doit être combattu avec la plus grande fermeté".
Enfin, le ministre de l'Intérieur est revenu plus précisément sur l'origine de la colère musulmane qui traverse le globe. "Notre société a besoin d'apaisement. Regardons ce qui se passe dans le monde. A partir de ce film insignifiant, insupportable, caricatural, vulgaire, on en vient à tuer des gens, assassiner l'ambassadeur des Etats-Unis en Libye qui avait fait beaucoup pour la libération de ce pays", a-t-il dit. "Nous ne pouvons tolérer (...) que dans notre société même il y en ait qui profitent de ce type d'événements pour s'en prendre à la concorde nationale, au vivre-ensemble de nos sociétés", a dit le ministre, déterminé à "utiliser toutes les armes que la loi nous donne pour combattre ce discours de haine".










