Il y a dix ans, une explosion dévastait le site de l'usine AZF

Par , le 20 septembre 2011 à 12h11 , mis à jour le 21 septembre 2011 à 13h31

La ville de Toulouse rend hommage mercredi aux victimes de l'explosion de l'usine AZF, qui avait fait 31 morts et des milliers de blessés le 21 septembre 2001.

  • AZF: la piste criminelle refait surface en appel

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  • L'enquête du 20h - Dix ans après AZF, toujours des sites dangereux

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  • La rue Bernadette, 10 ans après l'explosion d'AZF

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  • Explosion AZF: 10 ans après, ils n'ont rien oublié

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C'était il y a dix ans. Une violente explosion ravageait l'usine AZF à Toulouse. Le bilan, de ce qui reste la plus grande catastrophe industrielle jamais connue par la France depuis 1945, est particulièrement lourd : 31 morts et plusieurs milliers de blessés. Ce mercredi, date anniversaire du drame, la ville rose leur rendra hommage. La cérémonie débutera symboliquement à 10h17, heure de la déflagration, devant une stèle érigée près de cette ancienne usine d'engrais chimiques, filiale du groupe Total.

Le maire socialiste Pierre Cohen présidera la commémoration en présence des représentants des associations "Mémoire et solidarité" regroupant les anciens salariés de l'usine, et des organisations 'Plus jamais ça" et "Familles endeuillées" qui regroupent les sinistrés. La cérémonie, sans prise de parole, sera suivie de la lecture par un huissier de Toulouse du nom des 31 victimes. Le secrétaire d'Etat au Logement, Benoist Apparu, sera présent, de même qu'Eva Joly, candidate écologiste à l'élection présidentielle, les dirigeants de Force Ouvrière, Jean-Claude Mailly, et de la CGT, Bernard Thibault. Comme chaque année depuis neuf ans, les cloches des églises de Toulouse retentiront au même moment, tandis qu'une messe sera célébrée à 11 heures en la cathédrale Saint-Etienne.
 
Troubles dépressifs chez les victimes d'AZF 

Le choc, tant physique que psychologique, avait été immense dans la ville rose en ce mois de septembre 2001, et les cérémonies de 2011, en ordre dispersé, en témoignent encore. Un choc accentué, à l'époque, par la psychose des attentats dix jours plus tôt contre les tours du World Trade Center à New-York. Les milliers de personnes blessées par l'explosion de l'usine AZF consomment encore, dix ans après, beaucoup plus d'antidépresseurs que le reste des Français. Sur 3000 victimes qui ont accepté de se prêter à un suivi médical, 42% des hommes et 60% des femmes souffraient en 2007 de symptômes dépressifs, ont rapporté la Caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Garonne et l'Institut national de veille sanitaire. La CPAM et l'INVS ne disposent pas de données plus récentes. En France, selon l'Inserm, 2 à 3% des hommes et 5 à 10% des femmes souffrent de dépression.

Dix ans après, un nouveau procès attendu en novembre

Si la ville a su, depuis 2001, effacer les traces physiques du drame, pour beaucoup la bataille se poursuit. Le 3 novembre s'ouvrira le procès en appel de la catastrophe d'AZF, une nouvelle audience fleuve qui devrait durer quatre mois, comme le premier procès (23 février - 30 juin 2009). La cour d'appel tiendra audience, comme l'a fait le premier tribunal, dans  la salle municipale Jean-Mermoz, capable d'accueillir plus de 1.000 personnes. Les débats seront filmés pour la postérité comme les 400 heures d'audience du premier procès.

A la suite de l'explosion de 300 tonnes d'ammonitrates stockés dans le hangar 221 de l'usine AZF, l'ex-directeur Serge Biechlin et Grande Paroisse  (groupe Total), le propriétaire de l'usine, sont poursuivis pour homicides  involontaires par négligence ou manquement à une obligation de sécurité. Le parquet soutient la thèse des experts en faveur du mélange malencontreux d'un produit chloré avec du nitrate d'ammonium, déversés ensuite sur le tas principal de nitrate, vingt minutes avant l'explosion. La  Défense soutient, quant à elle, qu'"aucune explication crédible" n'a été trouvée et que l'enquête n'a pas assez exploré l'hypothèse d'un acte volontaire. Face à 3.000 parties civiles soutenant en majorité l'accusation, les prévenus avaient finalement été relaxés le 19 novembre 2009, au bénéfice du doute. Le tribunal avait simplement relevé des "fautes organisationnelles" de l'industriel mais pas de "lien de causalité certain" entre les fautes et le dommage. Le parquet avait aussitôt fait appel.

Par Alexandra Guillet le 20 septembre 2011 à 12:11
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