"Jeudi noir" délogé de son squat à deux pas de l'Elysée

Par TF1 News (D'après agence), le 18 février 2011 à 07h54 , mis à jour le 18 février 2011 à 09h19

La police a entamé vendredi matin l'expulsion des squatteurs du Collectif Jeudi Noir qui occupaient depuis fin décembre un immeuble de bureaux vide de l'avenue Matignon appartenant à l'assureur Axa.

Expulsion des membres du collectif Jeudi Noir de l'immeuble qu'ils occupaient avenue Matignon (18/02/2011)Expulsion des membres du collectif Jeudi Noir de l'immeuble qu'ils occupaient avenue Matignon (18/02/2011) © TF1/LCI

L'occupation des locaux aura duré un peu moins de deux mois : tôt vendredi matin, la police a entamé l'expulsion des squatteurs du Collectif Jeudi Noir qui occupaient à Paris, depuis fin décembre, un immeuble de bureaux vide appartenant à l'assureur Axa. L'adresse est prestigieuse : 22, avenue de Matignon. Un grand mur-rideau en verre teinté s'élève sur huit étages, tranchant avec les façades en pierre des bâtiments parisiens avoisinants. Son aspect résolument moderniste date de l'année 1976, lorsqu'il avait été largement transformé pour l'agence de publicité J. Walter Thompson. En plein coeur d'un des quartiers les plus recherchés de Paris, à deux pas de la place Beauvau, siège du ministère de l'Intérieur, et tout près de l'Elysée, dont on aperçoit les toits depuis le dernier étage, cet immeuble de bureaux était vide depuis 2006, ce qui en avait fait une cible de choix pour le collectif habitué à de telles opérations médiatiques pour dénoncer le mal-logement.

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Le début de l'occupation de l'immeuble, entamé discrètement à la fin de l'année dernière, avait été officialisé le 27 décembre dernier. Suscitant aussitôt le malaise des autorités dans ce quartier proche des lieux du pouvoir : rapidement, les forces de police avaient pris position près du bâtiment d'Axa. Et la procédure visant à l'expulsion avait démarré. Elle est arrivée à son terme cette semaine : mardi,  le tribunal d'instance du VIIIe, saisi en référé par Axa, propriétaire du bâtiment, a ordonné "l'expulsion immédiate et sans délai" et une astreinte collective de 100 euros par jour si les militants n'évacuaient pas les lieux. Les squatteurs ayant fait la sourde oreille et annoncé qu'ils ne quitteraient pas volontairement l'immeuble, ils ont reçu jeudi la visite d'un huissier venu présenter le commandement de quitter les lieux, dernière étape avant l'expulsion. Laquelle a donc eu lieu ce vendredi.

200 bâtiments vides dans la capitale

Venues en nombre, les forces de l'ordre ont investi le bâtiment de huit étages vers 7h20 en forçant la porte d'entrée qui avait été barricadée par les occupants. Les squatteurs s'étaient regroupés dans le hall. L'expulsion a alors débuté, sans violence. Les squatteurs, qui avaient prévenu qu'ils ne se laisseraient pas faire, n'ont opposé qu'une résistance passive à leur expulsion. En forme de baroud d'honneur, neuf militants de Jeudi noir se sont retranchés sur le toit, dont ils ont  bloqués les accès, avant de lancer des tracts dans la rue, tandis que sur le trottoir, devant le bâtiment, des badauds leur lançaient des cris de soutien. Mais ils en ont rapidement été délogés, et l'expulsion s'est achevée vers 8h30.

Le collectif s'était déjà illustré par diverses opérations médiatiques en plein Paris, comme l'occupation de l'hôtel particulier de "La Marquise" place des Vosges, ou l'installation d'un éphémère "ministère de la Crise du logement" place de la Bourse. Cette fois encore, le but de l'occupation de l'immeuble de l'avenue Matignon était le même : dénoncer l'existence d'immeubles entiers vides de tout occupant en plein coeur de Paris, malgré la crise du logement. Ces bâtiments inoccupés et pourtant habitables, le collectif en recense 200 dans la capitale, un sur dix n'étant même pas gardé. Selon l'Insee, on dénombrait en 2009 1,8 million de logements vacants en France, dont 122.000 à Paris. Selon une enquête de l'Ifop pour Seloger.com publiée en novembre, plus d'un Français sur cinq se sent menacé par le mal-logement et 7% d'entre eux se considèrent mal logés. Ces chiffres confirment l'impact persistant et largement diffusé de la crise du logement dans le pays, dénoncé régulièrement par des organisations non-gouvernementales, au premier rang desquelles la Fondation Abbé Pierre.

Par TF1 News (D'après agence) le 18 février 2011 à 07:54
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33 Commentaires

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  • frozengod, le 21/02/2011 à 12h13

    Imaginez qu'un jour vous perdiez tous vos reveus et qu'on vienne vous expulser de votre propre maison... qiue vous soyez obligé de dormir dehors... que feriez vous? à mais non suis je bête : ca n'arrive qu'aux autres...

  • frozengod, le 21/02/2011 à 12h11

    Pas du tout... Il existe un droit au logement pas un droit à la voiture...

  • 421123, le 20/02/2011 à 03h25

    Non pas du tout... Je ne connais pas l'heure, donnes-moi ta montre...

  • kalck, le 19/02/2011 à 10h20

    Moi je suis triste que les gens sont obligés de squatter pour se loger et les HLM sont destinés à qui ?

  • mireye11, le 19/02/2011 à 10h04

    Vous parlerez de "politique sociale de l'ump" quand vous serez en mesure de nous dire que : DSK....Aubry....ségo....Hollande & Cie auront logé CHEZ EUX ou, dans leurs maisons secondaires tous ces "sans abris" alors, là peut-être vous serez crédible !!!!!!!!!!

  • cindi21, le 19/02/2011 à 09h10

    Voilà une bonne chose. Ces associations se permettent tout.

  • sincere86, le 19/02/2011 à 08h03

    L etat n est pas capable d apporter des moyens materils pour que les etudiants travailles et se loges dans de bonne conditions voila un des problemes probleme social

  • belialgoth, le 18/02/2011 à 21h53

    Non. Ca s'appelle du vol.

  • millord4, le 18/02/2011 à 20h59

    Ils faudraient qu'ils se rentrent dans leur petite tête que tout n'appartient pas à tout le monde !

  • gillou955, le 18/02/2011 à 19h47

    Je dirais même plus ils n'ont qu'à squetter les biens de ceux qui prenennt leur cause.

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