"Pour SOS Racisme, la crise ne saurait être une excuse à ne pas faire progresser l'égalité dans notre pays", écrit l'association dans un communiqué, en demandant "avec force à la gauche de (...) concrétiser enfin cette avancée démocratique". Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a déclaré au Monde de mardi que le droit de vote des étrangers n'était pas "une revendication forte" de la société et a mis en garde contre le risque de "déchirure dans la société française". "Ce débat risque de provoquer des fractures. Dans un moment de crise, on voit bien comment cela peut être utilisé, agité", a-t-il estimé.
"Monsieur le ministre de l'Intérieur se trompe lourdement", a commenté Vincent Réberioux, vice-président de la Ligue des Droits de l'Homme et porte-parole du collectif Votation citoyenne. "Ailleurs, ça avance tranquillement, sans révolution. Dix-sept pays européens accordent sous une forme ou une autre un droit de vote à leurs étrangers", a-t-il noté. "Ce n'est jamais le moment : ça fait 30 ans qu'on nous ressert la même histoire", a ajouté M. Réberioux, en référence à la promesse identique tenue par François Mitterrand avant son élection à la présidence.
Mohamed Mechmache, président du collectif AC Le Feu, actif dans les banlieues, a jugé "dommage" ces déclarations. Le droit de vote des étrangers aux élections locales pourrait, selon lui, "réconcilier avec la République ceux qui ont du mal à se considérer Français parce qu'on a du mal à reconnaître leurs parents".









