La polémique sur la diffusion de la propagande jihadiste en milieu carcéral ne désenfle pas depuis le démantèlement ce week-end d'une cellule accusée d'avoir commis un attentat contre une épicerie casher le mois dernier à Sarcelles. Sept mois jour pour jour après le meurtre de leur fils, les parents du premier militaire tué par Mohamed Merah, Imad Ibn-Ziaten, ont lancé jeudi un "message de paix" aux jeunes musulmans de France lors d'une cérémonie religieuse à leur domicile de la banlieue rouennaise. Dix imams, dont celui de Drancy, Hassen Chalghoumi, se sont rendus dans le pavillon de la famille Ibn-Ziaten à Sotteville-les-Rouen pour "réconforter la famille et témoigner du martyre d'Imad" le 11 mars à Toulouse.
"C'est un grand honneur pour mon fils", a déclaré Latifa Ibn-Ziaten, la mère d'Imad, avant d'adresser un "message de paix aux jeunes perdus dans les cités ou dans les prisons". "Il faut voir la paix en soi et la passer aux autres. On n'a pas besoin de la haine. Ce n'est pas comme cela que l'on peut avancer dans la vie. Il faut amener la lumière à ces jeunes, poser sa foi, respecter l'autre et travailler", a-t-elle déclaré à la presse à l'issue de la cérémonie.
"Plus jamais de nouveau Mohamed Merah"
Mme Ibn-Ziaten a fondé en juin le mouvement "Imad Association pour la jeunesse et la paix" dont le but est qu'il n'y ait "plus jamais de nouveau Mohamed Merah". L'association vise à sensibiliser les jeunes en difficulté "à la dangerosité des dérives sectaires", notamment en milieu carcéral. Hassen Chalghoumi a estimé qu'en matière de prévention contre l'intégrisme islamique "tout le monde doit prendre ses responsabilités, imams, aumôniers et gouvernement". "Merah n'est pas mort", a-t-il ajouté en référence aux "menaces qui persistent" dans la société française. "Merah a pris le chemin de Satan. Il a pris le chemin de la haine et cela a fait de lui un assassin", a-t-il observé.
Le maréchal des logis-chef Imad Ibn-Ziaten, 30 ans, qui appartenait au 1er Régiment du train parachutiste (RTP) de Francazal, près de Toulouse, a été la première des sept victimes de Mohamed Merah. Il a été abattu par ce dernier d'une balle dans la tête tirée à bout portant.










