La Fédération française de football est en pleine tourmente après la publication, samedi, par le site internet Mediapart, des propos tenus fin 2010 lors d'une réunion de ses cadres techniques : le DTN François Blaquart a été suspendu alors que le sélectionneur national Laurent Blanc s'est excusé. Cette réunion, consacrée à l'éventuelle mise en place de quotas concernant les binationaux dans les filières de formation fédérales, s'était tenue le 8 novembre 2010 en présence des plus hauts cadres techniques de la FFF, dont le sélectionneur Laurent Blanc. Les propos tenus lors de cette réunion ont suscité une réprobation des associations anti-racistes et du monde du football.
Laurent Blanc : les héros de 98 divisés
Les propos de Laurent Blanc lors de la fameuse réunion du 8 novembre 2010 sur les quotas ont fissuré la génération black-blanc-beur championne du monde 1998, Vieira et Thuram critiquant le sélectionneur français, Dugarry et Lizarazu prenant sa défense. Reste Zidane.
Publié le 05/05/2011
Quotas dans le foot : la FFF savait-elle dès novembre ?
Réfutant être une "taupe", Mohamed Belkacemi, qui a enregistré la réunion du 8 novembre à l'origine de l'affaire des quotas, a affirmé avoir remis "le seul enregistrement à la Fédération" dès le lendemain, et non à Mediapart. Le patron de la FFF assure n'avoir été mis au courant que jeudi dernier.
Publié le 04/05/2011
Laurent Blanc en passe de démissionner ?
Christophe Dugarry s'est dit mercredi soir "inquiet de voir Laurent Blanc éventuellement s'en aller" en raison de l'affaire des quotas. Ses proches, qui le jugent "très ébranlé", envisagent également cette possibilité.
Publié le 05/05/2011
Quotas dans le foot : la taupe s'est dénoncée
L'auteur des enregistrements de la réunion de le Fédération française de football s'est dénoncé. Selon le Parisien de ce jour, il s'agirait d'un conseiller technique national, Mohamed Belkacemi. Chantal Jouanno confirme implicitement.
Publié le 04/05/2011
Foot et quotas : Jouanno songe à saisir la justice
La ministre des Sports Chantal Jouanno déclare ce mardi ne pas écarter la possibilité de saisir la justice dans l'affaire des quotas ethniques présumés dans le football français.
Publié le 03/05/2011
Quotas ethniques de la FFF : deux enquêtes lancées
L'enquête du ministère de la Jeunesse et des Sports et celle en interne de la Fédération française de football ont été lancées lundi après les révélation de Mediapart sur "l'affaire des quotas". Leurs résultats sont attendus la semaine prochaine.
Publié le 02/05/2011
Quotas de la FFF : Thuram crie au "scandale"
Lilian Thuram, ex-défenseur et recordman de sélections en équipe de France, estime que l'affaire du quota révélée par le site Mediapart représente "un vrai scandale", et que le cas des binationaux soulevé par Laurent Blanc est "un faux problème".
Publié le 01/05/2011
Discrimination à la FFF: la gauche s'offusque, la droite discrète
Plusieurs responsables de gauche ont protesté voire exigé des sanctions dimanche dans l'affaire des quotas de binationaux chez les Bleus, la droite restant discrète, à l'exception de Nicolas Dupont-Aignan, qui soutient Laurent Blanc et le directeur technique national, François Blaquart.
Publié le 01/05/2011
Des quotas raciaux dans le football français ?
Le site Mediapart affirme jeudi que les dirigeants de la FFF, dont le sélectionneur Laurent Blanc, ont approuvé début 2011 le principe de quotas officieux dans les centres de formation et les écoles de foot du pays. La FFF dément.
Publié le 28/04/2011
Le directeur technique de la FFF évincé, Blanc s'excuse
François Blaquart, directeur technique national de la Fédération française de football (FFF), a été suspendu samedi de ses fonctions. Il se trouve au coeur de l'affaire des quotas ethniques qu'aurait envisagés la FFF. De son côté, Laurent Blanc a présenté ses excuses.
Publié le 30/04/2011
Blanc : "Qu'on me reproche ce type de discrimination, ça me dérange"
Le sélectionneur assure ne pas avoir entendu parler de "quotas discriminatoires" raciaux à la Fédération française de football, suite aux accusations de Mediapart. La FFF va ouvrir une enquête.
Publié le 29/04/2011
Quotas discriminatoires dans le foot ? Malaise à la FFF
La fédération française de football a annoncé vendredi l'ouverture d'une enquête interne à la suite de soupçons, lancés par le site Mediapart, de "quotas discriminatoires" au sein des centres de formation. Fernand Duchaussoy et Laurent Blanc ont aussitôt convoqué des conférences de presse.
Publié le 29/04/2011
Qu'avait dit François Blaquart ? "On peut baliser, en non-dit, sur une espèce de quota. Mais il ne faut pas que ce soit dit. Ça reste vraiment que de l'action propre. Bon voilà, on fait attention. On a les listes, à un moment donné", avait-il lâché. Blaquart a depuis expliqué qu'il s'agissait de régler le problème de "l'évasion de joueurs", formés en France et qui optent pour une sélection étrangère, et des "problèmes dans la gestion de l'effectif". Et de justifier : "On a 45% de joueurs dans les sélections qui ont la possibilité de nous quitter, on pense que c'est beaucoup". Samedi, il a fait marche arrière sur le quota : "On s'est aperçu que ce n'était pas une bonne solution". Pourtant, les termes utilisés lors de cette fameuse réunion étaient sans équivoque. C'est le sélectionneur des Espoirs, Erick Mombaerts, qui avait lancé le débat : "Est-ce qu'on s'attelle au problème et on limite l'entrée du nombre de gamins qui peuvent changer de nationalité ?" Réponse du sélectionneur national : "Moi j'y suis tout à fait favorable". Prolongeant la discussion sur les quotas, Laurent Blanc proposait alors un changement dans les critères de sélection, privilégiant trop selon lui le physique au détriment des petits gabarits : "On a l'impression qu'on forme vraiment le même prototype de joueurs: grands, costauds, puissants. (...) Qu'est-ce qu'il y a actuellement comme grands, costauds, puissants? Les Blacks. Et c'est comme ça".
"Mais que reproche-t-on vraiment à Blanc ?"
Laurent Blanc a admis depuis que certains de ses propos pouvaient "prêter à équivoque" et a déclaré que s'il avait "heurté certaines sensibilités", il s'en "excusait". Chantal Jouanno n'en a pas moins qualifié les termes employés de "graves". La ministre des sports a souligné qu'une mission d'inspection de la Jeunesse et des Sports ainsi qu'une commission d'enquête allaient se pencher sur le sujet. "Cela nous permettra d'avoir plus d'éléments matériels. Si les allégations de Mediapart sont fausses, il y aura sans doute une attaque en diffamation. Nous soutiendrons leur action. Si c'est vrai, si on a des éléments matériels, on transmet au procureur", a-t-elle déclaré.
Beaucoup plus acerbe, la socialiste Safia Otokoré, vice-présidente en charge des sports de la région Bourgogne, a estimé que les propos du sélectionneur le "disqualifient". Dans un communiqué intitulé "démission de Laurent Blanc", elle a dit espérer "que le président de la Fédération française de football prendra la décision qui s'impose et ne se contentera pas du simple communiqué d'excuse dont Monsieur Blanc nous a gratifiés". La Première secrétaire du PS, Martine Aubry, a jugé "inacceptable, terrifiant et imbécile" ce scandale des quotas, regrettant par ailleurs les regrets "tardifs" de Laurent Blanc. Tout à l'opposé, le président de Debout la République, Nicolas Dupont-Aignan, a estimé dimanche que le sélectionneur des Bleus et le directeur technique national étaient "victimes de la nouvelle inquisition", accusant Chantal Jouanno "d'hypocrisie". Et de dénoncer : "L'empressement du ministère des Sports et de la Fédération française de football à mettre à pied le DTN est ahurissant. Ce dernier a tout bonnement été sacrifié sur l'autel de la bien-pensance (...) Mais que reproche-t-on vraiment à Blanc, Blaquart et les autres membres de la DTN ? Ils ont tout simplement cherché à privilégier les joueurs de nationalité française dans les centres de formation français. Où est la discrimination raciale ? Où est le scandale ?"
Pendant que le débat gagne ainsi la sphère politique, le football français fait le dos rond. L'entraîneur de Rennes, Frédéric Antonetti, joue les blasés : "Je ne connais ni les tenants ni les aboutissants. Rien ne me choque, on est dans une société un peu bizarre, je ne connais rien de l'histoire et ça ne m'intéresse pas." L'entraîneur de Bordeaux, Jean Tigana, note : "Je sais ce que c'est d'être accusé pour rien. Je n'ai pas à donner mon avis car je n'ai pas suivi l'affaire. (...) J'ai eu trois semaines de procès en Angleterre, je les ai tous gagnés en cassation. J'attends de voir (...) Je vais appeler Laurent Blanc, on est une famille". Rudi Garcia, l'entraîneur de Lille, plaide pour sa part : "A mon avis, il y a bien un endroit où il n'est pas question de religion, c'est dans le foot. C'est un procès d'intention. Laurent Blanc n'a rien à prouver". Et Ludovic Obraniak milieu international polonais de Lille, tout en estimant qu'il "n'y a pas de racisme dans le foot", reconnaît : "On ne peut empêcher les choses. Moi-même j'ai été en espoir avec les Bleus et puis plus appelé. Il y a peut-être un problème par rapport aux sélections. Il n'y a pas plus à dire là-dessus".
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Laurent Blanc : les héros de 98 divisés
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