Limoges: une enseignante écartée d'un poste car "mère de famille"

Par TF1 News (Avec agence), le 29 mars 2011 à 16h50 , mis à jour le 29 mars 2011 à 17h00

Une enseignante en histoire de l'académie de Limoges a été récemment écartée d'une offre de poste en classe préparatoire littéraire au motif que la charge de travail était trop importante pour cette "mère de famille".

Salle de classeSalle de classe © TF1/LCI

L'affaire est plutôt embarrasante pour l'Education nationale. Une enseignante en histoire de l'académie de Limoges a été récemment écartée d'une offre de poste en classe préparatoire littéraire au motif que la charge de travail était trop importante pour cette "mère de famille".
 
Révélée par Libération, cette affaire a été confirmée par une source syndicale. Le quotidien livre dans son édition de mardi des extraits du courriel adressé par une inspectrice pédagogique régionale (IPR) à l'enseignante, surprise de ne pas avoir reçu de courrier indiquant qu'un poste en khâgne se libérait. "Ce n'est pas un oubli de ma part, ce poste demande une énorme charge de travail très peu compatible avec le métier de mère de famille (même si les choses évoluent c'est très lent), je ne l'ai signalé qu'à des collègues hommes ou des collègues femmes sans enfants", indique notamment l'inspectrice dans son courriel cité par Libération. "C'est sûrement une vision très passéiste, mais très réaliste", poursuit la fonctionnaire.
 
Les réactions au sein de l'Education nationale n'ont pas tardé. Dans un communiqué, le recteur de l'académie de Limoges, Jean Bertsch, "condamne fermement la position exprimée" et précise "que ces propos relèvent d'une opinion personnelle de l'inspectrice dans un échange de mails". La ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse a également condamné la position de l'inspectrice et demandé au recteur de la convoquer, a déclaré le ministère. Le recteur indique avoir reçu mardi l'inspectrice, qui a "reconnu avoir commis une maladresse", "pour lui demander des explications".

"C'est une honte"
 
"Heureusement, les conséquences sur le processus de nomination (...) sont nulles", poursuit le recteur, "les enseignants de classe préparatoire aux grandes écoles étant nommés par la ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche sur proposition de l'inspection générale de l'Education nationale", une "procédure qui garantit l'égalité d'accès devant les postes". Au sein des classes préparatoires de l'académie de Limoges, huit professeurs sur onze sont des femmes en lettres supérieures, et six sur dix en khâgne, note encore M. Bertsch qui rappelle que l'académie est "particulièrement exemplaire d'un point de vue des initiatives pour promouvoir l'égalité des chances".
 
Du côté des syndicats, la réaction est plus virulente : "C'est une honte, je suis outrée, en tant qu'enseignante et encore plus en tant que femme et mère de famille", a indiqué Marie-Pierre Cadario, secrétaire générale académique du Sgen-CFDT Limousin. "Si la section académique du Snes a bien connaissance de cette situation, elle tient à faire savoir que ni la professeur concernée, ni la section académique (...) ne sont à l'origine de la diffusion du courrier de l'inspectrice" dans le quotidien, indique dans un communiqué le Snes-FSU de Limoges, ajoutant que l'enseignante "n'a jamais souhaité que cette affaire soit rendue publique". "Cette situation est une illustration, parmi d'autres, du fait qu'en terme de carrière, l'égalité hommes-femmes est loin d'être réalisée dans l'Education nationale", estime encore le syndicat.

Par TF1 News (Avec agence) le 29 mars 2011 à 16:50
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7 Commentaires

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  • jersin, le 28/04/2011 à 17h28

    Il faut de toute urgence une loi pour obliger les loueurs et les vendeurs à baisser leur prix. Non seulement les baisser, mais revenir au niveau des prix des années 2000. Et c'est possible : Il suffit d'obliger les propriétaires de logements vacants à louer à un prix modéré sous peine de lourdes taxes, et d'un autre côté, obliger les acheteurs des années 2000-2005, à ne pas dépasser 30% de plus values (ce qui est déjà énorme) lorsqu'ils revendent. Et vous verrez que tout le monde va y gagner, excepté ceux qui profitent de la bulle speculative, mais ceux là méritent de tout perdre !!!

  • chouchou1940, le 29/03/2011 à 22h20

    En cas de problème de santé des enfants par exemple, c'est rarement le père de famille qui s'arrête pour s'en occuper ! Que représente l'absentéisme des femmes dans la fonction publique ? Ce n'est pas un reproche, c'est une constatation

  • christian.b, le 29/03/2011 à 21h20

    Intolérable et honteux !!!

  • 421123, le 29/03/2011 à 20h31

    C'est un comble!

  • lenicois55555, le 29/03/2011 à 18h01

    Et ailleurs, les mères de famille ne travaillent elles jamais à plein temps ?

  • henri_bambelle, le 29/03/2011 à 17h23

    Qui ne peut comprendre qu'une classe préparatoire doit disposer en permanence d'un professeur à plein temps ? Si tel n'est pas le cas, il faut oser avouer qu'il n'est pas nécessaire qu'une classe préparatoire doive disposer de professeurs à temps plein ! Et il faut en assumer les conséquences.

  • eltacantal, le 29/03/2011 à 17h19

    Quel scandale ! Parce qu'un homme n'est pas " père de famille " ?

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