Régulièrement, Linda fait une demande pour obtenir un logement plus grand, moins précaire. Elle est "prioritaire" depuis plus d'un an. © Amélie GAUTIER/TF1Il est de fer blanc et fait triple couchage. Linda montre avec fierté son dernier achat : un lit superposé à l'armature imposante. Il est là, calé entre la porte d'entrée et un placard qui ne ferme plus à cause de l'humidité. Il est là, dans un coin mais envahit toute la pièce, l'unique pièce. Linda, mère célibataire de 28 ans vit avec ses trois enfants de 3, 4 et 6 ans dans un immeuble de la rue Léon, dans le 18e arrondissement de Paris. La surface de son appartement ? 25 mètres carrés officiellement, 17 en réalité, le tout loué 700 euros et des poussières. Exorbitant, a fortiori pour cette femme qui vivote d'heures de ménage et de repassage avec l'aide des allocations familiales. Elle est l'une de ces 3,6 millions de personnes non ou très mal-logées en France, selon le rapport annuel de la fondation Abbé Pierre rendu public ce mercredi (Lire notre encadré).
Quatre candidats ont répondu à l'appel de la Fondation Abbé Pierre
François Hollande, François Bayrou, Jean-Luc Mélenchon et Eva Joly ont signé mercredi le "contrat social pour une nouvelle politique du logement" de la Fondation Abbé-Pierre, qui présentait son 17e rapport annuel sur le mal-logement.
Publié le 01/02/2012
Jeudi Noir s'attaque aux loyers géants des micro-logements
Le collectif s'est invité samedi à Paris dans un studio de 13m2, que son propriétaire mettait en location pour 660 euros par mois, afin de dénoncer les loyers trop chers des petits logements parisiens.
Publié le 10/12/2011
Logement : la loi Dalo encore mal appliquée dans certaines régions
Le comité de suivi de l'application du droit au logement opposable estime dans son rapport publié mercredi que le texte n'est pas respecté dans les régions où la crise du logement est la plus forte, comme en Ile-de-France, dans le Sud-Est ou en Guyane.
Publié le 30/11/2011
Logement de moins de 14 m2 : une taxe sur les loyers abusifs adoptée
Les députés ont adopté une taxe sur les loyers "manifestement abusifs" dépassant 30 à 45 euros par m2 pour les surfaces inférieures ou égales à 14 mètres carrés.
Publié le 15/11/2011
Six ans après l'incendie boulevard Auriol, quid du logement insalubre?
En 2005, l'incendie d'un immeuble vétuste du 13e arrondissement de Paris avait fait 17 morts. Depuis le mal logement a diminué mais pas totalement disparu. Premières victimes : les familles les plus précaires.
Publié le 14/09/2011
"Moi, mon problème, c'est le logement"
<b>Témoignages - </b> Travailleurs de l'urgence sociale et familles mal ou pas logées ont manifesté mardi à Paris pour dénoncer leur manque de moyens criants. TF1 News a rencontré plusieurs de ces personnes en errance.
Publié le 02/08/2011
Dans le studio de Linda et de ses bambins, il y a une cuisine, deux frigos, une armoire, une petite télévision et une table basse en guise de "salon", un clic-clac pour la "chambre" de la mère, une commode et le lit. C'est là où dorment Jeannette, Christa et Nathan le petit dernier. La journée, chaque matelas trouve une nouvelle utilité : "chambre des petits", étagère pour poser le linge, les papiers administratifs... La promiscuité sème souvent la zizanie. Dès que les enfants rentrent de l'école, il n'y a plus de place. "Maintenant, la plus grande qui va parfois jouer chez des copines me demande en rentrant pourquoi chez nous c'est si petit...", raconte Linda. A 21 heures, extinction des feux pour tout le monde, Linda compris. "Il faut qu'ils puissent dormir dans le silence et la pénombre", explique-t-elle encore.
Un cas prioritaire depuis un an et demi
Outre sa petitesse, le logement est en piteux état. Le mur derrière le canapé se décolle à cause du froid, la fenêtre unique ferme mal et laisse passer les courants d'air, glacial en ce moment. L'an dernier, le chauffe-eau s'est décroché, tombant sur une amie de Linda. La salle d'eau n'est pas mieux. Pourri à la suite d'un dégât des eaux, le plafond est en train de tomber. Bout de peinture par bout de peinture. Certains pans du mur sont recouverts de moisi, les fissures réparées au gros Scotch.
Linda vit là depuis 2007. Bouchant un courant d'air avec un bout de tissu ici, recollant un pan du mur là entre deux coups d'aérosols sur un cafard sortant d'un trou. Pourtant, la jeune femme au port de tête altier et aux grands yeux brillants, raconte sa galère sans trop se plaindre. Elle en a vu d'autres. Le parcours de cette Africaine ayant récemment obtenu ses papiers est chaotique et compliqué. Orpheline de père et de mère, elle fuit l'Angola et sa guerre civile en 2002. "Viens, je t'emmène, tu n'es pas en sécurité ici", lui dit un oncle. Elle atterrit à Paris mais cela aurait pu être ailleurs et elle ne pensait pas rester. Le provisoire dure depuis plus de dix ans maintenant. Elle vit quelque temps à Toulouse, puis en région parisienne. Se fait des amis lusophones comme elle. Tombe amoureuse, puis enceinte. Pendant trois ans, elle vit dans des chambres d'hôtels miteux.
Régulièrement, Linda fait une demande pour obtenir un logement plus grand. Aujourd'hui, elle est sur la liste "des prioritaires". Cela fait un an et demi. "La mairie me répond qu'il n'y a rien de disponible", répond la jeune femme balayant la pièce d'un regard las. Quand elle était en Angola, les copains de Linda rêvaient de venir vivre en France "où tout le monde est heureux". Pas elle. Elle voulait devenir une "bonne couturière" et trouver un "bon mari". Et aujourd'hui ? "Avec trois enfants, on a moins de rêve, estime-t-elle. Je souhaite seulement continuer à travailler le plus possible et avoir un plus grand espace pour eux". Elle s'arrête. "Qu'ils aient au moins une chambre", glisse-t-elle en regardant le grand lit blanc.
| Plus de 3,6 millions de mal logés ou de sans abri |
La Fondation Abbé Pierre évalue dans son 17e rapport annuel à plus de 3,6 millions le nombre de personnes mal logées ou sans abri, et plus largement à 8 millions celles concernées par la crise du logement. Elle demande un "véritable changement d'orientation des politiques". Le pari semble bien engagé, puisque quatre candidats devaient être présents à sa conférence : François Bayrou, François Hollande, Eva Joly et Jean-Luc Mélenchon. |
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