© AFP"Notre île aux parfums sent mauvais en ce moment, très mauvais. En fait, la situation pue et c'est peu de le dire". Hakima* ne cache ni son désarroi, ni sa colère à propos de la situation actuelle à Mayotte où elle a toujours vécu. Voilà trois semaines maintenant que le 101e département français est en proie à de graves troubles sociaux apparus suite au mouvement contre la vie chère. Depuis le 27 septembre, syndicats et consommateurs réclament une baisse des prix de 11 produits de première nécessité : riz, sardines, gaz, ailes de poulets... La crise a d'ailleurs été rebaptisée "révolte des mabawas", du nom de ces morceaux de volaille dont raffolent les Mahorais mais dont le prix a considérablement augmenté.
La fin du conflit contre "la vie chère" a été acté à Mayotte
L'intersyndicale et le patronat de Mayotte ont signé, mardi soir, un "accord de fin de conflit". Une annonce qui intervient au lendemain de la reprise du mouvement de lutte contre la vue chère, suspendu début novembre.
Publié le 20/12/2011
Mayotte : les commerces ont rouvert pour la première fois en 3 semaines
Des milliers de clients mase sont précipités samedi vers les magasins, principalement les grandes surfaces, avec parfois quelques tensions dans les files d'attente. Marie-Luce Penchard a annoncé la nomination d'un médiateur pour mener des discussions sur les prix des produits de première nécessité.
Publié le 22/10/2011
Mayotte : "Quand un magasin ouvre, les manifestants le ferment"
Si la plupart des barrages sont levés ce lundi, la situation reste très tendue à Mayotte, où les commerces restent fermés sous la pression des manifestants. Un gendarme a été placé en garde à vue après un tir de flashball qui a gravement blessé un jeune garçon à l'oeil.
Publié le 10/10/2011
Mayotte : les manifestations anti-vie chère dégénèrent
Une fillette de 9 ans et un adolescent ont été blessés vendredi à Mayotte, dans des manifestations de protestation contre la vie chère, alors que le mouvement se poursuit samedi, avec plusieurs défilés dans l'archipel et de nouvelles négociations programmées.
Publié le 08/10/2011
Cafouillage dans l'accession de Mayotte au statut de département
L'élection du président du conseil général de Mayotte jeudi devait formaliser son accession au statut de 101ème département français. Il n'a pas eu lieu faute de quorum. Marie-Luce Penchard, la ministre de l'Outre-mer, a reporté sa venue sur l'île jusqu'à l'élection d'un président.
Publié le 31/03/2011
Polygamie : la fin de l'exception à Mayotte
La polygamie sera bientôt bannie à Mayotte, qui deviendra prochainement le 101e département français. Est-ce pour autant la disparition de la polygamie sur l'île ? Pas tout à fait.
Publié le 02/06/2010
Depuis le début du mouvement, le statu-quo perdure. Les négociations patinent, les esprits s'échauffent et la situation est ultra-tendue. Et de prendre une tournure dramatique cette semaine avec la mort d'un manifestant mercredi apparemment d'un malaise cardiaque, après une échauffourée entre protestataires et policiers dans le centre de Mamoudzou, le chef-lieu.
7 euros le camembert
"Ça dérape car les gens ont faim", explique Mohamadi, professeur-stagiaire de 31 ans. "Ça fait trois semaines que les magasins sont fermés", complète Emmanuelle, une infirmière de 30 ans, qui habite Mayotte depuis 13 mois. Parfois, les 'douka', les petits épiciers ouvrent une heure avant de devoir baisser le rideau sous ordre des syndicats qui veulent maintenir la pression. "Cette semaine, poursuit la jeune femme, un supermarché a rouvert. C'était la cohue. A la sortie, des groupes ont pillé certains clients qui sortaient du magasin le sac plein". "Ça devient vraiment difficile, s'alarme Pierre, qui vit, lui dans un village à 50 km au sud de Mamoudzou. On vit sur nos réserves mais là on vient de s'attaquer à notre dernière boîte de lait en poudre pour nos enfants de deux et quatre ans..." Une autre évoque aussi les médicaments qui viennent à manquer.
Tous les témoignages recueillis par TF1 News soulignent leur solidarité au mouvement car la vie, disent-ils est "extrêmement chère" à Mayotte. Le prix du paquet de pâtes ? 3 euros. Celui du pot de Nutella ? 6 euros. Le camembert ? 7 euros. Nombreux sont ceux également à exprimer leur vive inquiétude autour de la dégradation de la situation sur l'île. Cette angoisse provient essentiellement des métropolitains. "Mayotte est en état de guerre civile", juge Emmanuelle. "Des bandes de jeunes âgés de 6 à 25 ans et qui n'ont rien à voir avec le mouvement installent des barrages et nous demandent de l'argent pour passer, caillassent la police, brûlent les voitures, relate Monique. Du coup, on sort uniquement pour se rendre au travail".
Certains évoquent aussi une haine du blanc, le "M'zungu", qui ressurgit. "Certains manifestants disent que les blancs qui resteraient à Mayotte allaient le payer, s'alarme Emmanuelle. Quand on entend ça, on a peur." "On entend à la radio certains dire qu'ils vont aller prendre l'argent où il se trouve c'est-à-dire chez les blancs", relate Pierre. Mais pour lui, ces menaces proviennent d'une minorité qui tombe dans la facilité à cause de la colère. Tous déplorent enfin le peu d'attention accordée par la métropole. "Le mouvement a commencé depuis plus de trois semaines, déplore avec amertume Mohamadi. Il faut parler de cette situation..."
*Tous les prénoms de cet article ont été changés à la demande des personnes interrogées souhaitant préserver leur anonymat sur l'île.
| Que fait l'Etat ? |
La ministre de l'Outremer Marie-Luce Penchard, a annoncé samedi la nomination d'un médiateur à Mayotte pour mener des discussions sur les prix de première nécessité, accédant ainsi à une demande des syndicats. "M. Martin sera chargé d'établir un rapport faisant un diagnostic sur la formation des prix des produits de première nécessité à Mayotte". Il pourra ensuite, ajoute-t-on, servir de base pour des négociations sur les prix. |
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La fin du conflit contre "la vie chère" a été acté à Mayotte
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