Beaucoup des hommes rencontrés dans ce square du 19e arr de Paris viennent de Zarzis, une ville du sud-est tunisien. Ils y étaient coiffeur, boulanger, mécanicien… et avaient en tête l'espoir d'une vie meilleure. © Amélie GAUTIER/TF1 News"Et voilà l'hôtel..." Il lâche son commentaire acerbe en balayant de la main la pelouse jaunie et râpée, les bancs limés, les couvertures entassées au pied des arbres. Son regard s'arrête sur cinq corps engoncés dans des sacs de couchages couleur kaki. Cela fait trois mois que Gasmi, un immigré tunisien, vit dans un square du 19e arrondissement de Paris avec des centaines d'autres compatriotes ayant fui, comme lui, la tyrannie de Zine El Abidine Ben Ali. Cet endroit, ils l'appellent "le jardin". En fait de "jardin", un bout de pelouse clôturé et coincé entre la Porte de la Villette et le périphérique avec son incessant vomi de voitures.
Des dizaines d'immigrés tunisiens interpellés mercredi soir à Paris
Les arrestations ont eu lieu mercredi soir dans le parc de la Villette, où ces immigrés tunisiens pour la plupart récemment arrivés d'Italie étaient venus se réfugier.
Publié le 28/04/2011
Guéant : Paris renverra en Italie les migrants tunisiens pas en règle
Alors que le dossier des migrants tunisiens provoque des tensions dans l'UE, entre l'Italie et ses partenaires européens, le ministre de l'Intérieur a prévenu lundi que la France allait continuer à renvoyer en Italie les migrants venant sans respecter les règles de l'espace Schengen.
Publié le 11/04/2011
Migrants tunisiens : la solution de l'Italie, le problème de la France
L'Italie a décidé de délivrer des visas temporaires "humanitaires" aux immigrés tunisiens arrivés récemment sur son sol, qui leur permettront de voyager dans tous les pays de la zone européenne Schengen, a annoncé jeudi le ministre de l'Intérieur, Roberto Maroni.
Publié le 07/04/2011
Pourquoi les Tunisiens fuient-ils leur pays ?
Le petite île de Lampedusa voit arriver des milliers d'immigrés Tunisiens. Pourquoi quittent-ils leur pays alors qu'il s'ouvre à la démocratie ?
Publié le 14/02/2011
Des dizaines de réfugiés tunisiens interpellés à Paris
Plusieurs dizaines de Tunisiens ont été arrêtés mercredi soir dans le 19ème arrondissement de la capitale. Les forces de l'ordre sont intervenues lors de la distribution de repas chauds par la Croix Rouge.
Publié le 28/04/2011
Ces migrants Tunisiens à la porte de l'eldorado
Sept à huit a suivi Husseini, un Tunisien de 22 ans, dans son périple pour tenter de rejoindre sa famille en France. Comme des milliers de ses compatriotes, il a traversé la Méditerranée au péril de sa vie, puis parcouru des centaines de kilomètres à travers l'Italie.
Publié le 22/04/2011
"C'est hchouma", lâche le trentenaire épuisé. Hchouma ? "La honte", glisse un autre qui s'improvise traducteur de Gasmi. "En Tunisie, on pense que la France est le pays des droits de l'homme ; en fait c'est un vieux mythe !, s'énerve l'homme. On nous parle 'Liberté, Egalité, Fraternité' mais on n'a même pas accès à des toilettes !". Autour de lui, un petit groupe se forme. Ils ont entre 18 et 35 ans, sont habillés de jean-basket, arborent un visage buriné aux yeux noirs éteints. Leur histoire est peu ou prou la même. Ils ont quitté la Tunisie au moment de la chute de l'ancien dictateur, persuadés de trouver en France, l'ancienne colonie, l'eldorado.
"On les balade en chameaux, ici, il ne font rien pour nous"
Beaucoup des hommes rencontrés ce jeudi sont originaires de Zarzis, une station touristique du sud-est tunisien. Ils y étaient coiffeur, boulanger, mécanicien... et avaient en tête l'espoir d'une vie meilleure. Alors, avec quelques milliers de dinars en poche confiés par leur famille, ils sont partis entassés par centaines sur de vieux bateaux de pêche de vingt mètres. Tous sont passés par Lampedusa, la désormais célèbre île italienne, confetti de 20 km carré où transiteront plus de 25.000 d'entre eux. Durée moyenne du séjour : une semaine. Là, ils sont nourris, logés. La Croix Rouge leur donne des vêtements, des cartes téléphoniques et parfois même des cigarettes. Après, direction la France via le train. "Vous vouliez qu'on fasse quoi en Italie ?", se justifie Chardin, 18 ans. Et de mettre en avant la barrière de la langue et l'absence d'emploi, selon eux.
Trois mois après pour les plus anciens, leurs rêves ont fait long feu. Et la désillusion cède la place à la colère. "Les Tunisiens aiment la France. Pour nous, c'était l'endroit où tout est possible, comme l'Angleterre, explique Gasmi, ancien pêcheur. Mais ici, personne ne nous aide". Les autres opinent. Gasmi insiste pour continuer à parler. "Quand les Français viennent chez nous passer leurs vacances, on leur met des dattes dans les mains, on les balade en chameaux. Ici, ils ne font rien pour nous..." "Même vos caniches sont mieux traités", résume un certain Badis. Ce qu'ils veulent, c'est travailler. Travailler, trouver un logement, vivre normalement. Seulement voilà, sans papier, c'est impossible pour eux. Alors faute de boulot, ils passent leurs journées dans le square.
"La situation est dramatique"
A côté de l'aire de jeux, Chaardin, 17 ans, se met des gouttes dans les yeux. Il dit faire partie des migrants tunisiens évacués mercredi d'un immeuble squatté avenue Simon Bolivar, non loin du square. Il affirme y avoir été gazé, matraqué, menotté. Interrogé quelques heures, il précise avoir été relâché dans la soirée. Dans un français balbutiant, il explique vouloir repartir en Tunisie. Le problème, il n'a plus d'argent et ne veut pas décevoir son père et sa mère restés au bled. "Sa famille qui mise tout sur lui serait pourtant triste de le voir ici comme un vulgaire mendiant à vivre dans un square", remarque un autre.
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