Mobilisés contre l'échec scolaire

le 12 janvier 2012 à 12h02 , mis à jour le 12 janvier 2012 à 16h26

Dossier : Dossier Education

Dans Libération de jeudi, une cinquantaine de personnalités, dont Abd Al Malik, Boris Cyrulnik et Harry Roselmarck, ont signé un "Pacte contre l'échec scolaire" lancé par l'Afev, une association d'étudiants bénévoles faisant du soutien dans les quartiers populaires.

Une cinquantaine de personnalités, dont Abd Al Malik, Boris Cyrulnik ou Stéphane Hessel, ont signé un "Pacte contre l'échec scolaire" publié jeudi dans Libération et lancé par l'Afev, une association d'étudiants bénévoles faisant du soutien dans les quartiers populaires. Ce pacte, qui avait fait l'objet d'une première mouture après la "quatrième journée de refus de l'échec scolaire" organisée en septembre 2011 par l'Afev, sera présenté aux candidats à l'élection présidentielle. Il est consultable en cliquant ici.

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Selon l'association, la France connaît "un échec scolaire massif" notamment parce que "notre système scolaire est caractérisé par une forte pression sur les élèves et leurs parents et par une compétition qui créent de la souffrance et nuisent à son efficacité". Il faut donc "passer d'un système de 'sélection' à un modèle de 'promotion', d'où chaque enfant, quelles que soient ses difficultés et ses appétences, pourra sortir avec la qualification et les compétences nécessaires (...) avec un rapport confiant aux apprentissages et une image positive de soi".
 
"Réinventer le collège unique"'
 
Pour cela, le pacte affiche trois axes: "en finir avec l'amalgame effort et souffrance", "réinventer le collège unique", et "pour une orientation choisie en filière professionnelle". Pour ne pas confondre effort et souffrance, il prône en primaire de remplacer les notes par une évaluation, une des revendications phares de l'Afev. Plus généralement, il faut "intégrer le travail personnel au temps scolaire afin de ne plus laisser les plus fragiles seuls face à leurs devoirs". Le collège doit lui être "repensé comme le prolongement de l'école primaire", notamment en limitant les premières années le nombre d'intervenants. Passer d'un maître en CM2 à dix professeurs en 6e, "ce n'est pas bon pour les enfants, il faut une gradation en début de collège", a expliqué à l'AFP le neuropsychiatre Boris Cyrulnik.

Dans ses voeux la semaine dernière au monde de l'éducation, Nicolas Sarkozy avait suggéré la même idée. "Entre un élève de CM2 avec un enseignant unique et l'élève de 6e avec des enseignants multiples dans un établissement qu'il ne connaît pas, la rupture est trop brutale. Il faut organiser un continuum entre ces deux niveaux", a-t-il dit. Enfin, la revalorisation de la filière professionnelle nécessite un "plan global" dont le financement "pourrait s'appuyer sur la refonte de la taxe d'apprentissage", selon l'Afev, qui ne fait aucune référence à la réforme du lycée professionnelle entamée en 2008.

Outre les trois signataires déjà cités, le pacte est aussi soutenu par l'écrivaine Annie Ernaux, l'ex-ministre Claudie Haigneré, le généticien Axel Kahn, l'artiste Annette Messager, le journaliste Harry Roselmack, l'ex-footballeur Vikash Dhorasoo, l'athlète Yohann Diniz ou le pédopsychiatre Marcel Rufo.

Chatel défend ses "actes"

Le ministre de l'Education, Luc Chatel, a déclaré qu'il préférait "les actes au pacte" après la publication d'un "Pacte contre l'échec scolaire" : "Je crois plus aux actes qu'au pacte. C'est bien que des personnalités de la société civile, des intellectuels, se fassent le relais des préoccupations. Le rôle des ministres, c'est d'agir", a-t-il déclaré à l'AFP. "La France est l'un des pays qui investit le plus dans son système éducatif, 7% du PIB, plus que la moyenne des pays de l'Union européenne et de l'OCDE.

Créer 60.000 postes aujourd'hui, c'est irresponsable", a-t-il aussi dit du sujet de la proposition de François Hollande, qui doit selon lui "dire la vérité aux enseignants: plus d'enseignants, c'est aussi moins bien payer le reste des professeurs"."J'ai signé hier (mercredi) le décret pour le passage à 2.000 euros pour les professeurs en début de carrière", a-t-il dit. "Cela fait 18% d'augmentation par rapport à 2007".

"Depuis 2007, nous avons généralisé les aides personnalisées aux élèves", a-t-il avancé, évoquant "deux heures par semaine en primaire d'aide à la lecture: un élève sur quatre en bénéficie". Il a également mis en avant les "internats d'excellence", dont les places vont passer selon lui de "10.000 à 20.000" dans deux ans, ainsi "qu'une politique de lutte sans précédent contre le décrochage: nous avons identifié précisément le nombre de décrocheurs grâce à un système informatique".

le 12 janvier 2012 à 12:02
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3 Commentaires

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  • attentionns, le 15/01/2012 à 18h11

    Oui mais normalement on devrait attendre un minimum de l'éducation nationale: c'est qu'il y a un soucis...surement un manque de moyen...

  • fleurdevanille2, le 12/01/2012 à 15h22

    Vous voulez une solution à l'échec scolaire, je vous la donne. Il faut que les enfants de primaire fassent plus de français et de mathématiques. Ils ont des cours d'histoire, de géographie, d'anglais, de biologie, mais ils ne savent pas les bases. Ma fille est en ce2, l'autre jour elle avait un texte a étudié sur l'exode rural en Grêce.....Elle ne savait même pas répondre aux questions et si elle veux formuler on en parle même pas... Alors avant d'apprendre les 27 pays Européens, leurs capitales, leurs drapeaux, si c'est vrai qu'on lui apprenne à écrire et encore une chose plus de discipline aussi avec autorisation de renvoyer certains enfants de primaire qui font le cirque et oui il est interdit de renvoyer un enfant. Une maman en soucis pour l'avenir de ses enfants. Pour les détracteurs une précision, je leur donne moi même des exercices de Français et maths grâce à des cahiers de devoirs, je n'attends pas tout de l'éducation nationale.

  • 732..poitier, le 12/01/2012 à 13h20

    Très bonne initiative et bon courage à eux...

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