Accroupi dans l'herbe, un bambin d'à peine trois ans s'occupe à faire vrombir sa voiturette en plastique. A côté de lui, une dame déploie sa banderole : "Maman, on dort où ce soir". Le square Boucicaut, mardi midi, à Paris. Une centaine de personnes, travailleurs sociaux et familles sans abri, sont rassemblées dans ce petit parc situé à deux pas du très chic Bon Marché.
Linda, trois enfants, un lit superposé, le tout dans 17m2
REPORTAGE - La Fondation Abbé-Pierre a présenté ce mercredi son rapport annuel sur le mal-logement. Linda, mère célibataire de 28 ans, vit dans un studio en état déplorable. Elle est l'un des visages de cette précarité dénoncée par la Fondation.
Publié le 01/02/2012
Le coup de colère des professionnels de l'urgence sociale
Les professionnels de l'urgence sociale, en grève ce mardi, dénoncent la réforme du secteur et les coupes budgétaires. Le mouvement a été suivi dans une trentaine de départements selon les associations.
Publié le 02/08/2011
Paris : des sans logis évacués par la police en pleine nuit
Dans la nuit de jeudi à vendredi, la police a commencé à évacuer une centaine de sans logis qui dormaient dans la rue de la Banque, dans le IIe arrondissement de Paris.
Publié le 05/08/2011
Le Samu social ne répond plus ce mardi
Les professionnels de l'urgence sociale sont en grève ce mardi pour dénoncer les restrictions budgétaires décidées par l'Etat. A Paris, ils se sont rassemblés dans un square du VIIe arrondissement où des familles sans logement campent depuis mi-juillet.
Publié le 02/08/2011
Mot d'ordre : dénoncer les coupes budgétaires décidées par l'Etat dans l'hébergement d'urgence. Samu social et 115 saturés, des familles qui doivent se réfugier aux urgences faute de place ailleurs... Les associations sont "inquiètes", "extrêmement inquiètes".
Sous un soleil qui cogne, des salariés du Samu social racontent les coups de fils alarmants et incessants, les militants du DAL témoignent de la situation dramatique de telle famille, des bénévoles tiennent les pancartes et scandent les slogans... Deux touristes américaines, jupe courte et talons hauts, traversent le square en observant le mouvement de grogne avec étonnement.
Autour, assises sur des bancs ou sur des murets, des familles, des femmes majoritairement, regardent la manifestation. C'est d'eux dont on parle. Des sans-abri, des mal-logés... Les principaux concernés par cette crise dans l'urgence sociale. Voici les témoignages de deux d'entre eux.
Djamila, 45 ans, est venue avec ses amies, un banc de foulards aux couleurs vives. Par lassitude ou timidité, ses "sœurs de galère" ne souhaitent pas parler. Djamila, si. "Bien sûr que je veux", s'exclame-t-elle avec un ton qui fait rire ses copines. Cette mère de quatre enfants a "la rage". Elle est sans domicile fixe et son quotidien est fait d'improvisation pour trouver où dormir le soir. "Une fois chez une sœur, une fois chez une cousine... Et puis, parfois aussi, ben dans rue". Cinq ans que ça dure. Ses enfants, âgés de 17 à 23 ans, sont hébergés chez de la famille.
Avant, Djamila habitait dans le 17e arrondissement dans une sous-location. Elle raconte que celui qui disait être le propriétaire l'a expulsée le jour où elle a eu besoin d'avoir des justificatifs de logement. "Du jour au lendemain, bang !" Femme de ménage, quittée par son mari, elle ne retrouve pas d'appartement. "C'est une situation vraiment rageante, peste Djamila. J'ai l'impression d'être une hors-la-loi parce que j'aimerais un toit. Je voudrais juste un toit, réunir ma famille et mener une vie normale".
"Je n'ai jamais écrit mon nom sur un contrat !" C'est la première phrase que prononce Lazare, un plombier de 45 ans. Il enchaîne tout en ne quittant pas les yeux le défilé de pancartes sous les yeux. "Moi, mon problème c'est le logement". Depuis dix mois, Lazare habite dans une cabane aménagée au fond d'un jardin d'un particulier, quelque part en région parisienne. Il ne veut pas dire où, se contente de dire qu'il y rentre par le garage. Pour ces quelques mètres carrés, il paie 650 euros. "Tout ça pour ne pas me sentir chez moi", dit-il en haussant les épaules.
Pendant dix ans, Lazare a habité un 20 mètres carrés à Paris avec son épouse. La baignoire-sabot, l'évier en inox, il y a tout installé de ses mains pour se créer un semblant d'appartement. Un jour, les lettres d'huissiers ont commencé à s'accumuler sous son paillasson. L'homme qui lui sous-louait l'endroit ne payait plus le propriétaire. Lazare ne voulait surtout pas rentrer dans ces histoires louches. Il est parti pour sa cabane au fond du jardin avec son épouse et maintenant son bébé. Il soupire : "Quand même, pour 650 euros, j'aimerais avoir autre chose. Caution, loyer... Je pourrai tout payer lors de la signature du contrat", nous assure-t-il.
Retour MYTF1
Linda, trois enfants, un lit superposé, le tout dans 17m2
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