© TF1A l'origine de nombreux débats, la communauté musulmane de France fait cette fois l'objet d'un sondage de l'Ifop, publié ce vendredi par l'hebdomadaire Marianne. L'étude, réalisée sur un échantillon de 547 personnes d'origine musulmane d'au moins 18 ans, s'intéresse à la manière dont les musulmans de France concilient préceptes de l'Islam et culture française.
L'islam se fonde sur cinq piliers : la profession de foi attestant qu'il n'y a de Dieu qu'Allah et que Mahomet est son prophète, les cinq prières quotidiennes depuis le lever du soleil jusqu'à son coucher, le jeûne du ramadan, l'aumône légale et le pèlerinage de la Mecque. La religion musulmane organise toutefois la vie sociale de manière stricte. Parmi ses codes les plus connus, l'interdiction de boire de l'alcool et de manger du cochon et l'interdiction d'avoir des relations sexuelles en dehors du cadre du mariage qui est obligatoire, sauf cas de force majeure. Le divorce est autorisé mais est considéré comme "détestable".
64% se disent "plus proches de la culture française"
Le sondage révèle que seulement 41% des sondés se disent "croyants et pratiquants". 34% des autres s'affirment seulement "croyants", 22% "d'origine musulmane" et 3% "sans religion". Ils sont 25% à se rendre à la mosquée pour la grande prière hebdomadaire qui ne peut être accomplie qu'en assemblée comme le veut la tradition musulmane, mais 80% à observer, complètement ou partiellement, le jeûne du mois de ramadan.
S'ils ne sont que 32% à boire de l'alcool - une transgression de leur religion - ils se sentent à 64% "plus proches du mode de vie et de la culture des Français". A 71%, ils déclarent avoir eu une relation amoureuse avec un(e) Français(e) d'origine non maghrébine et acceptent à 63% que leur enfant convole avec un non-musulman. Mais pour 16% "cela ne leur ferait pas plaisir".
41% souhaitent une adaptation des pratiques religieuses à la laïcité
L'islam interdit aux femmes d'épouser un non-musulman qui ne se convertit pas. L'interdiction ne s'applique pas aux hommes. Lorsqu'on les interroge sur la laïcité alors qu'en islam la politique et la religion sont imbriquées, ils estiment à 41% que "la pratique de l'islam doit être adaptée et aménagée sur certains points pour être conforme à la laïcité française".
En revanche, 29% considèrent qu'il faut rendre la laïcité compatible avec la pratique de l'islam. En grande majorité (60%) ils considèrent comme une "bonne chose" la loi interdisant le port du voile intégral mise en oeuvre le 11 avril. Les pratiquants interrogés par l'Ifop sont d'origine turque (49%), marocaine (45%), algérienne (38%) et tunisienne (36%).
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