Peut-on priver un enfant de cantine ?

Par , le 30 septembre 2011 à 06h00 , mis à jour le 30 septembre 2011 à 08h38

Dossiers : Dossier Education, Rentrée scolaire

Interview- Dans plusieurs municipalités de France, des enfants ont été refusés à la cantine sous prétexte que leurs parents, ne travaillant pas, pouvaient s'en occuper. Est-ce légal ? L'avis de Jean-Jacques Hazan, président de la FCPE.

Cantine scolaire, image prétexteCantine scolaire, image prétexte © TF1/LCI

TF1 News : Qui gère les cantines scolaires en France ? Que prévoient les textes quant à leur fréquentation ?

  • Cantines : un maire de Charente revoit son système de contrôle des impayés

    Suite au tollé provoqué auprès des parents d'élèves, le maire Ruffec, en Charente, a décidé de modifier un système d'écran numérique installé dans ses cantines scolaires et qui permettait d'identifier les familles en retard de paiement.

    Publié le 29/11/2011 Cantines : un maire de Charente revoit son système de contrôle des impayés
  • Privés de manuels scolaires... pour cause de cantine impayée

    Des collégiens de Saint-Herblain, en Loire-Atlantique, se sont vu retirer leurs manuels scolaires à la rentrée en raison d'impayés de cantine. Le directeur du collège parle de "maladresse".

    Publié le 13/09/2011 Privés de manuels scolaires... pour cause de cantine impayée
  • Cette mairie qui prive les enfants de chômeurs de cantine

    Parce qu'il n'y a pas assez de place, la ville de Thonon-les-Bains, en Haute-Savoie, a décidé de "restreindre" à la rentrée prochaine l'accès des enfants de chômeurs aux cantines scolaires.

    Publié le 09/07/2011 Cette mairie qui prive les enfants de chômeurs de cantine
  • Guerre des cantines : Delanoë remporte son bras de fer

    Le Tribunal administratif (Paris a donné raison vendredi au maire PS Bertrand Delanoë, contre cinq maires UMP d'arrondissements qui refusaient depuis septembre d'appliquer la nouvelle grille des tarifs de cantine scolaire.

    Publié le 17/12/2010 Guerre des cantines : Delanoë remporte son bras de fer
  • Pas d'aliments frits plus d'une fois par semaine à la cantine

    Cantines scolaires, de maisons de retraites, ou de prisons vont être mises au même régime : pas d'aliments frits plus d'une fois par semaine, moins de sel dans les plats et sur les tables, plus de fruits, de légumes, de laitages.

    Publié le 13/07/2010 Pas d'aliments frits plus d'une fois par semaine à la cantine
  • À Grande-Synthe, les cantines sont 100% bio

    Les élus de cette commune du Nord ont décidé d'anticiper la directive européenne qui prévoit que les repas collectifs fournissent une alimentation à 20% biologique d'ici 2013. Une première en France.

    Publié le 16/09/2011 À Grande-Synthe, les cantines sont 100% bio
  • Ces communes qui gèrent le menu de leurs cantines scolaires

    De plus en plus de municipalités choisissent de gérer le menu des cantines. C'est le cas à Suresne et sur l'Ile de Ré.

    Publié le 09/09/2011 Ces communes qui gèrent le menu de leurs cantines scolaires
  • A Eragny, les cantines sont déjà en grève

    Cette commune du Val d'Oise doit faire face à l'arrêt de travail des employés d'une entreprise qui approvisionne les cantines scolaires en région parisienne. Au deuxième jour de grève mardi, c'était le système D pour nourrir les élèves.

    Publié le 13/09/2011 A Eragny, les cantines sont déjà en grève
  • Des enfants de chômeurs interdits de cantine

    C'est la décision pour le moins déroutante qu'ont prise certaines communes en France. C'est le cas notamment à Thonon-les-Bains (Haute-Savoie), qui a choisi de donner la priorité aux enfants dont les parents travaillent.

    Publié le 06/09/2011 Des enfants de chômeurs interdits de cantine
  • La cantine fait aussi sa rentrée

    En plus de leur salle de classe, les élèves ont également retrouvé la fameuse cantine en ce premier jour d'école. Au Temple-de-Bretagne, en Loire-Atlantique, c'est l'estomac noué que certains sont allés y manger lundi midi pour la toute première fois.

    Publié le 05/09/2011 La cantine fait aussi sa rentrée
  • Privés de cantine si les parents sont au chômage ?

    A la rentrée, l'accès aux cantines de certaines écoles publiques pourraient être restreint. Certaines municipalités ont décidé d'interdire en cas de forte affluence l'accès aux réfectoires aux enfants dont le père ou la mère est au foyer ou au chômage. La décision fait débat.

    Publié le 09/07/2011 Privés de cantine si les parents sont au chômage ?
  • Aquitaine : un seul tarif pour les cantines des lycées

    Le conseil régional a mis en place une nouvelle tarification pour permettre aux élèves de manger de façon équilibrée à la cantine plutôt que d?opter pour la restauration rapide.

    Publié le 05/01/2011 Aquitaine : un seul tarif pour les cantines des lycées
  • Grève des cantines : à Bordeaux les parents s'organisent

    Depuis jeudi dernier plus de 65 % du personnel des cantines scolaires de Bordeaux est en grève. Dans les écoles, les enfants n'ont pas de repas et c'est aux parents de se débrouiller pour qu'ils puissent déjeuner.

    Publié le 18/10/2010 Grève des cantines : à Bordeaux les parents s'organisent
  • Le regard du 13h : les coulisses d'une cantine scolaire

    Au cours de ces dernières années, la cantine a beaucoup changé. Les exigences en termes de nutrition ont évolué. Dans l'une des cantines scolaires de Soisson près de 600 reaps sont servis par jour. La qualité est une priorité pour le personnel.

    Publié le 24/09/2010 Le regard du 13h : les coulisses d'une cantine scolaire
  • Le regard du 13h : le coût d'une cantine scolaire

    En France, 6 millions d'enfants fréquentent les cantines scolaires. La facturation varie selon les villes. Certaines villes pertiquent le tarif unique, d'autres un tarif selon les révenus des parents.

    Publié le 24/09/2010 Le regard du 13h : le coût d'une cantine scolaire
Plus d'infos

Jean-Jacques Hazan, président de la FCPE :
Jusqu'à la deuxième vague de décentralisation (ndlr : en 2003), la mission "restauration scolaire" relevait de l'Etat. Depuis, elle revient aux municipalités pour les écoles, aux départements pour les collèges et aux régions pour les lycées. Cette mission implique la gestion, le choix des menus et le règlement de la restauration scolaire. Il faut savoir qu'au primaire, un établissement public n'est pas tenu d'avoir une restauration scolaire. Mais si ce service existe, alors la règlementation sur la fréquentation est dictée par le Conseil d'Etat qui considère que la restauration scolaire est alors un service public qui doit obéir à la règle de l'égalité d'accès.

Cela veut dire qu'il est interdit de sélectionner les enfants qui peuvent aller ou non à la cantine. Or il y a de nombreux endroits où l'accès est limité, de façon plus ou moins officielle, plus ou moins transparente. Certains disent que les enfants dont les deux parents travaillent sont prioritaires ou que la cantine est interdite aux enfants de chômeurs. C'est totalement illégal.

TF1 News : Une école peut-elle demander aux parents des justificatifs de leurs employeurs ?
J.J.H. :
Certaines le font mais c'est totalement interdit puisqu'elles n'ont pas le droit de refuser vos enfants à la cantine. Une fois dit cela, cela ne supprime pas les problèmes. C'est pourquoi il faut traiter ces problèmes et non mettre cela sur le dos des enfants ou des parents. Il en va de l'intérêt supérieur de l'enfant. C'est pourquoi la FCPE a interpellé le ministre de l'Intérieur pour le contrôle de l'égalité sur les décisions municipales, et le ministre de l'Education pour le contrôle des inspecteurs académiques sur la légalité des règlements intérieurs des collèges et lycées. Pour l'instant, nous n'avons eu aucune réponse, ce qui est assez scandaleux.

Nous avons également lancé un appel, dès  le 12 septembre, aux parlementaires pour qu'ils fassent leur travail en votant une loi, ou un décret, qui s'impose à tous sur le "droit à la restauration scolaire". Cela évitera que des centaines de parents se rendent chaque année au tribunal administratif et permettra de punir plus sévèrement ceux qui y contreviennent.

TF1 News : L'argument invoqué est souvent un "manque de place" mais n'est-ce pas aussi, dans certains cas un problème de coût ?
J.J.H.
:  Si, bien sûr. Le coût moyen d'une restauration scolaire est d'environ 8 euros. Le prix moyen payé par les familles est de trois euros. Le différentiel est donc de 5 euros. C'est sûr que plus les gens sont pauvres, plus la collectivité paie. Oui, c'est un service qui coûte beaucoup d'argent. Et s'il y a des économies à faire dans les budgets d'une commune, réduire l'accès aux cantines pour les enfants dont les parents ne paient pas plein pot peut être une solution parmi d'autres. Mais ce faisant, on tape sur les enfants des gens les plus en difficultés et qui en ont le plus besoin.

TF1 News : C'est une situation difficile pour les parents mais aussi pour les enfants ...
J.J.H. :
On n'a pas le droit de les stigmatiser. Ni les enfants, ni leurs parents. Et puis, derrière ce problème s'en cache un autre. Pour réussir leur scolarité, il faut que les élèves aient tous un ventre plein avec un repas convenable le midi. Pour cela il faut un droit d'accès à la restauration scolaire, au même titre que l'on a considéré que l'école devait être gratuite et obligatoire. Le temps du midi est le grand oublié des lois Jules Ferry qui ont régulé le temps scolaire. Il faut rappeler qu'en 1900, la restauration scolaire a été instaurée pour vaincre l'absentéisme, notamment dans les milieux ruraux, où les enfants allaient plutôt travailler aux champs l'après-midi.

Aujourd'hui, le pays a beaucoup changé, mais de situations rurales profondes on est arrivés à des situations précaires profondes qui nécessitent aussi une solution collective. Faut-il rappeler qu'on n'est pas au chômage par choix ? Et en plus on veut que ce soit les enfants de ces chômeurs qui n'aillent pas à la cantine alors qu'en réalité ce sont certainement eux qui en ont le plus besoin.

TF1 News : En attendant une éventuelle loi, que peuvent faire les parents dont les enfants ont été refusés ?
J.-J. H. :
Les parents doivent faire valoir leurs droits, ne pas se laisser marcher sur les pieds. Lorsqu'une mairie ou une école leur rétorque 'tout le monde fait comme ça', ce n'est pas une réponse.  Ils peuvent alerter leur FCPE locale. Chacune de nos fédérations tient à disposition des parents des copies de précédents jugements pour les montrer aux responsables de l'école, de la mairie ou des médias.

Si au bout de quelques jours, il n'y a pas de changement, alors nous les accompagnons, si nécessaire, pour saisir le tribunal administratif afin de faire casser le règlement illégal. C'est assez fréquent. Le dernier exemple date de cette semaine à Castelsarrasin, dans le Tarn-et-Garonne, où un règlement avait été mis en place pour limiter l'accès aux enfants dont les deux parents travaillent. Nous avons porté l'affaire devant le tribunal administratif qui a cassé le règlement. La municipalité a aussitôt dit qu'elle ne ferait pas appel et qu'elle allait remodeler son temps d'accueil du midi pour pouvoir faire deux services et accueillir tous les enfants.  

Par Alexandra Guillet le 30 septembre 2011 à 06:00
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

135 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • lilian54360, le 02/10/2011 à 23h37

    Vous inquietez pas pour les gens les chômeurs sont responsables de tous les problèmes que connait la France.C'est toujours de leurs faute.C'est honteux. Sarkozy a réussi à diviser les français les uns contre les autres "travailleurs si il y a des problèmes c'est pas de ma faute c'est les chômeurs"

  • lilian54360, le 02/10/2011 à 23h28

    Ca veut dire pour vous que les chômeurs et les pauvres sont inccapable de s'occupé de leurs enfants??Ne soyez jamais au chômage avec des enfants à charges.

  • spounge_bob, le 01/10/2011 à 10h42

    Alors moi je vais vous répondre, nous avons fait un enfant à 31 et 32 ans. chacun avec une situation professionnelle idéale (job qui plaît et salaire très confortable). pour des raisons indépendantes de ma volonté je me retrouve aujourd'hui au chômage et nous avons 1500 euros de revenus en moins. et bien je fais quoi ? je trucide mon môme parce que je n'ai pas les moyens de l'élever ? non évidemment ! alors pour ceux qui font un enfant et qui n'ont pas les moyens et bien sachez que chacun a ses idées et que certains élèveront très bien leur enfant avec un smic et d'uatres seront incapables de faire quelque chose de correct avec 5000 euros de revenus. et si on pousse un peu plus loin votre cas, au rythme où va la vie, bientôt on ne fera plus d'enfant si on attend une situation stable et parfaite financièrement.

  • anne342, le 01/10/2011 à 08h39

    Il ne faut surtout pas pénaliser l'enfant mais combien de parents sont irresponsables, les allocations devraient être dispachées aux structures et non pas aux parents, nous serions au moins sûrs que les enfants ont un bon repas le midi et à la cantine encadrement suffisant pour que les enfants mangent ce qu'il y a dans leur assiette et pas seulement ce qui leur fait plaisir (petit bémol si un aliment ne passe vrament pas et ça peut arriver). Temps de prendre des mesures draconniennes, eh oui "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil" ça n'existe pas et qu'au moins l'argent pour les enfants leur soit destiné !!! Merci de publier

  • ceverik, le 01/10/2011 à 08h01

    Très bon commentaire : vous avez la tête sur les épaules. Sans compter qu'aujourd'hui, les gens vivent sur l'envie, sur l'instant et,outre le fait de s'engager trop vite, les couples ne réfléchissent plus...et je ne parle pas des couples qui font 5 ou 6 enfants alors qu'ils n'ont pas les moyens de les élever,...ni de les éduquer

  • opinion74, le 01/10/2011 à 07h20

    Si même assurée par une entreprise privé, c'est un service public. Pour information les juristes appellent cela une dsp (pas la bierre) mais une délégation de service public.

  • tongji01, le 01/10/2011 à 01h36

    Les gens sont trop presses,voire egoistes. J'ai attendu d'avoir une bonne position professionnelle avant de faire un enfant pour qu'il ne manque de rien plus tard.J'ai 44 ans,la petite a 2 mois et aucun souci a se faire pour son avenir.Ma femme est mere au foyer et je laisserai volontier la place a la cantine de ma petite a un autre enfant moins favorise,si necessaire.

  • niets, le 01/10/2011 à 00h43

    Savez vous combien paye un riche travailleur par rapport a un assiste,alors taisez vous, vous ne savez pas de quoi vous parlez.Le riche travailleur comme vous dites,n'a pas d'allocas,pas d'aides,il paye le prix fort pour tout et peut meme payer beaucoup d'impots .Et encore il faudrait savoir ce qu'est un riche travailleur pour vous !!

  • evilnature, le 01/10/2011 à 00h41

    Je rencontre actuellement le même problème, faire en sorte que les parents qui ne travaillent pas arrêtent de prendre la priorité de ceux qui travaillent pour les crèches ou le périscolaire. La Caf m'a affirmé en tout cas que les centres sociaux devaient demander des justificatifs de travail à tous les parents voulant mettre leurs enfants dans ce type d'organisme, mais dans la pratique ce n'est pas respecté :/ D'ailleurs la personne chargée des inscriptions au centre où ma fille va en périscolaire (quand il reste de la place!!!), m'a répondu que si dans leur centre ils demandaient les justificatifs (sa réponse afin de se justifier face au manque de place dans leur centre!!!). Et quand je lui ai dis qu'elle ne m'avais rien demandé à moi comme justificatif, bizarrement elle m'a redirigée vers la directrice!!!!!!!!

  • spounge_bob, le 30/09/2011 à 21h44

    Mais n'avez vous pas compris que le Français passe son temps à raler et surtout à critiquer et à envier son voisin !

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience