Plus de postes dans l'Education ? "Irresponsable", tranche Sarkozy

le 05 janvier 2012 à 13h59 , mis à jour le 05 janvier 2012 à 16h01

Dossier : Dossier Education

Répondant au projet de François Hollande, qui veut créer 60.000 postes dans l'Education sur cinq ans, Nicolas Sarkozy a estimé, lors de ses voeux aux acteurs de l'éducation, que la société française n'en aurait pas les moyens. Et il a esquissé son programme de probable futur candidat en la matière.

Lors de la primaire socialiste cet automne, François Hollande avait assuré qu'il créerait 60.000 postes dans l'Education nationale (enseignants et autres) sur cinq ans, s'il était élu président. Une proposition qu'il a confirmée depuis, notamment fin novembre au Salon de l'éducation. Sans se référer explicitement à ce projet, Nicolas Sarkozy y a répondu jeudi lors de ses voeux aux acteurs de l'éducation, de l'enseignement supérieur et de la recherche. Un terme résume sa pensée : "irresponsable". Et il en a profité pour esquisser son programme de très probable futur candidat en matière d'éducation, qui devrait constituer l'une de ses priorités pendant sa campagne, en plaidant notamment pour une redéfinition du métier d'enseignant.

  • Les élèves privés de devoirs pendant deux semaines ?

    La FCPE, principale fédération de parents d'élèves, et l'Institut coopératif de l'école moderne, appellent à une "quinzaine sans devoirs" à la maison. Le ministre de l'Education parle de "démagogie".

    Publié le 26/03/2012 Les élèves privés de devoirs pendant deux semaines ?
  • Ils ont battu le pavé pour défendre l'école

    Les enseignants ont manifesté mardi à Paris dans le cadre d'une journée de grève. Objectif de cette mobilisation : obtenir le retrait du projet de réforme de l'évaluation des enseignants et dénoncer les 14.000 suppressions de postes de la rentrée 2012.

    Publié le 31/01/2012 Ils ont battu le pavé pour défendre l'école
  • Hollande contraint de préciser son projet après la critique de Hamon

    Le candidat PS a affirmé que les créations de 60 000 postes dans l'Education ne se feraient pas au dépens de supressions dans ce secteur, contrairement à ce qu'affirmait son conseiller au budget Jérome Cahuzac, mais d'autres domaines de la fonction publique. François Hollande a demandé à ses amis d'arrêter les critiques.

    Publié le 18/01/2012 Hollande contraint de préciser son projet après la critique de Hamon
  • L'aile gauche du PS met la pression sur Hollande, la droite en profite

    Benoît Hamon estime que la création de 60.000 postes dans l'Education doit être réelle et non pas se faire au détriment d'autres secteurs publics. Jérôme Cahuzac, chargé des finances chez Hollande a affirmé lundi qu'il n'y aurait pas de postes créés dans la fonction publique d'Etat.

    Publié le 17/01/2012 L'aile gauche du PS met la pression sur Hollande, la droite en profite
  • Le mercredi, c'est sans papa/maman pour un quart des écoliers

    Ecole le matin, centre aéré l'après-midi : un élève de primaire sur quatre ne voit pas ses parents de la journée, et ne les retrouve que le soir, révèle une étude publiée jeudi. Une proportion qui s'envole en région parisienne et lorsque les parents sont des cadres.

    Publié le 29/09/2011 Le mercredi, c'est sans papa/maman pour un quart des écoliers
  • Chatel va rétablir les leçons de morale en primaire

    Le ministre de l'Education assure qu'il souhaite rétablir les leçons de morale dans les classes de primaire et annonce une circulaire imminente sur ce sujet, dans une interview publiée dans Le Parisien.

    Publié le 31/08/2011 Chatel va rétablir les leçons de morale en primaire
  • Stages gratuits avant la rentrée pour les écoliers parisiens

    Des stages gratuits de pré-rentrée démarrent à partir de lundi dans l'académie de Paris, d'abord pour des lycéens puis pour des écoliers de CM1 et CM2, selon le rectorat de la capitale.

    Publié le 21/08/2011 Stages gratuits avant la rentrée pour les écoliers parisiens
  • Ecole : les nouvelles sanctions

    Des tâches d'intérêt commun vont être intégrées dès la rentrée prochaine dans l'arsenal des sanctions pouvant s'appliquer aux élèves. Leur but : responsabiliser les élèves sans les faire "décrocher", en évitant notamment toute exclusion de longue durée.

    Publié le 26/06/2011 Ecole : les nouvelles sanctions
  • Ils sont prêts à payer leur instituteur pour éviter la fermeture d'une classe

    Les habitants de Puy-Saint-Vincent, dans les Hautes-Alpes, vont créer une association qui prendra en charge le salaire de l'instituteur pour éviter la fermeture de l'unique classe de maternelle du village, décidée par l'inspection académique.

    Publié le 07/06/2011 Ils sont prêts à payer leur instituteur pour éviter la fermeture d'une classe
  • Luc Chatel espère "autant de classes" dans le primaire en 2012 qu'en 2011

    Après 1.500 fermetures prévues à la rentrée prochaine, le ministre de l'Education nationale souhaite qu'il y ait "autant de classes" dans le primaire en 2012 qu'en 2011. Il le dit dans le JDD.

    Publié le 29/05/2011 Luc Chatel espère "autant de classes" dans le primaire en 2012 qu'en 2011
  • Chatel confirme la fermeture de 1.500 classes de primaire

    Le ministre de l'Education affirme que les classes ne seront pour autant pas plus surchargées que dans les années 1990. Cette annonce devrait envenimer les tensions avec les parents d'élèves et les enseignants.

    Publié le 26/04/2011 Chatel confirme la fermeture de 1.500 classes de primaire
Plus d'infos

"Je veux le dire comme je le pense : imaginer la recréation de postes dans l'Education nationale, c'est irresponsable, compte tenu de la situation financière de notre pays", a affirmé le chef de l'Etat devant environ 2000 personnes réunies sur le site du Futuroscope, à Chasseneuil-du-Poitou. "La paupérisation est un problème immense pour la société française. Il faut continuer à réévaluer la condition enseignante", a-t-il poursuivi. "Mais réfléchissez en tant que citoyen. Si nous augmentons le nombre d'enseignants, est-ce que vous croyez que la société française aura les moyens de faire l'augmentation du nombre d'enseignants et la revalorisation des enseignants ? Personne ne peut croire une minute que ce sera possible. Quant à moi, l'orientation est claire, c'est la revalorisation de la condition enseignante qui est la priorité", a-t-il martelé.

"La question n'est pas celle des moyens"

Reprenant un argument qu'il avait déjà exposé à de multiples reprises, Nicolas Sarkozy a également estimé "qu'en matière scolaire - toutes les études le prouvent - la question n'est pas celle des moyens, qui ont augmenté de 80% ces trente dernières années, la question c'est d'oser le changement". Aussi, "dans la situation financière qui est la nôtre, nous devons et nous pouvons, dans l'Education nationale comme dans les autres services de l'Etat, faire mieux avec les mêmes moyens et ce n'est pas impossible".

Au-delà de cette argumentation, le chef de l'Etat a tracé les grandes lignes de son projet éducatif. "En cette période lourde d'incertitudes, l'éducation et la recherche constituent pour la France un formidable moyen de reprendre son destin en main", a-t-il assuré. Après "la réforme capitale de l'école primaire de 2008", les réformes du lycée professionnel en 2009 et de l'enseignement général et technologique l'année suivante, c'est désormais celle du collège qui est classée comme "priorité" par le président. "Il faut mettre fin aux faiblesses du collège unique tel que nous le connaissons", a-t-il dit, en proposant "deux pistes de réflexion" : "recentrer la 6e et la 5e sur les enseignements fondamentaux" et "assumer la diversité des parcours en 4e et 3e" car "il n'est pas normal que le collège actuel prépare exclusivement à l'enseignement général".

Des syndicats d'enseignants échaudés

Il s'est également longuement attardé sur la façon dont il souhaitait que soient redéfinis "le métier" et "la mission" d'enseignant, une volonté qu'il avait déjà lors de sa campagne de 2007 mais qu'il approfondit à présent en suggérant que les professeurs puissent "accepter de nouvelles manières de travailler, d'être plus présents dans les établissements", donc de travailler au-delà des 18 heures hebdomadaires réglementaires pour les professeurs certifiés et les 15 heures pour les agrégés. "Mais en contrepartie, leur rémunération devra être considérablement augmentée", a-t-il dit, sans toutefois dire comment.

Autonomie, autorité, remise en cause partielle du "collège unique"... le président a donc en grande partie repris le programme plutôt libéral de l'UMP. Mais la communauté éducative lui reproche notamment d'avoir renforcé en cinq ans les inégalités à l'école, via les suppressions de postes ou l'assouplissement de la carte scolaire. Et les syndicats d'enseignants, échaudés par les promesses de revalorisation salariale de 2007 qu'ils estiment non tenues, doutent des nouvelles promesses brandies en échange d'une redéfinition du statut de 1950 sur "les missions" des professeurs.

le 05 janvier 2012 à 13:59
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

102 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • borebeu93, le 09/01/2012 à 16h41

    Le seul Irresponsable en france c est bien lui.... vivement avril qu on lui fasse comprendre...

  • syberya, le 07/01/2012 à 10h54

    Bon voyage! au fait je ne suis pas dans l'enseignement, je suis chef d'entreprise.

  • norbert75, le 07/01/2012 à 01h24

    Bonsoir, En réponse à ce que "zolgy" écrit, à propos des "vacances" scolaires. Faire travailler les enseignants en périodes de congés scolaires est un argument populiste de plus, et particulièrement facile. Là encore, les études montrent que ce ne sont pas les enseignants qui y sont opposés, mais la société civile et, de ce fait, les familles et les entreprises. Concrètement, sachez que si vous proposez aux enseignants de répartir leur durée annuelle de travail sur l'équivalent de 6 semaines scolaires, 2 semaines de congés, y compris en été, ceux-ci seront pour la plupart d'accord : et rassurez-vous, ils feront dans tous les cas plus que ce que font concrètement la moyenne des autres salariés sur l'année (soit entre 1700 et 1900 heures de travail annuelles). Ce que vous écrivez est donc, effectivement, une ânerie de plus. Nous parlons sans cesse de "l'effondrement" du système scolaire... c'est curieux, car d'après les chiffres de nombreux analystes (dont ceux du Bureau International du Travail), nous avons l'une des mains d'oeuvre les plus productives au monde. Si vous voulez critiquer le "monde enseignant", autrement appelé "mammouth" en France, comparez vraiment, chiffres à l'appui. Confrontons nos sources et parlons vrai, productivité, rapport travail / formation / qualité, retour sur investissement, coût de revient. Les enseignants sont disposés à ce genre de débat. Et cela vaut aussi pour l'évaluation : 94 % des enseignants réclament d'être évalués plus régulièrement. Cessez de faire des "posts" des défouloirs : montrez que vous avez la capacité de réfléchir. Moi qui ai des élèves tous les jours devant moi, je peux vous confirmer que le peuple français a effectivement un fichu caractère, mais que l'Histoire nous montre qu'il est aussi prudent et modéré que turbulent.

  • mcg35, le 06/01/2012 à 23h38

    @jghttc1(08h16) - C'est là l'erreur fondamentale que font beaucoup de gens! ... L'ECOLE doit s'occuper de l'INSTRUCTION, et l'EDUCATION est l'affaire des PARENTS ... A chacun son rôle!

  • ratfink29, le 06/01/2012 à 18h09

    @syberia - je suis diplômé du 3ème cycle et durant mes études je n'ai vu que des profs totalement déconnectés du monde du travail. Actuellement je travaille dans la métallurgie, la soudure plus exactement, (41 h par semaine) et je vois mes collègues perdre leur emploi les uns après les autres. Cela ne risque pas de vous arrivez n'est-ce pas ? C'est pourquoi, vous voir faire grève régulièrement, surtout en temps de crise, est tout simplement indécent. Et pour votre gouverne, je n'ai pas d'enfant. Par contre si vous, vous en avez; il faudra vous tournez vers eux pour leur demander de payer vos "acquis sociaux" à ma place, car mon dossier d'expatriation est en cours ! PS : apparemment j'ai touché un point sensible vu le ton de votre réponse ma chère syberya :) merci de me publier.

  • syberya, le 06/01/2012 à 16h55

    @ratfink29--Ben quoi la CASDEN? pourquoi voulez-vous que nous en parlions, c'est une banque Populaire des personnels de l'éducation et alors? Il y a aussi la BFM pour la fonction publique et alors? du reste occupez vous plutôt de vos gosses qui traînent dans la rue et font l'école buissonnière, et arrêtez de les confier à nounou télé, Playstation,etc etc...et laissez les enseignants faire tranquillement leur boulot, et vous parents faites-le vôtre...

  • titizom, le 06/01/2012 à 15h51

    Sambrest : c'est sur..c'est un beau métier que j'aurais également aimé faire mais j'ai beaucoup trop de lacune..

  • ratfink29, le 06/01/2012 à 15h46

    Des profs plus présents dans les classes que dans la rue à exiger +, encore + et toujours + c'est déja un bon début vous ne trouvez pas ? Et la CASDEN quand est ce qu'on en parle ?

  • williams, le 06/01/2012 à 15h43

    Rien à voir si ce n'est que cela concerne l'Education scolaire : Hier dans le zapping d'iTélé, ils ont montré Mr.SARKOZY en déplacement dans une école primaire, assister dans une classe à une séance de lecture. Une jeune élève lit devant Mr. le Président un passage de l'histoire jusqu'au moment où on comprend que c'est l'histoire.....du Petit Poucet qu'elle lisait. C'est une sorte de gaffe ou de gourre de la part de l'Institutrice présente à mon avis, non? Merci de bien vouloir publier cette petite anecdote "innocente" ou "ironique" (comme vous voudrez).

  • champion3, le 06/01/2012 à 15h29

    Amen !!!

Lire tous les commentaires

      logAudience