D'après certains de ses syndicats, l'entreprise ferroviaire envisagerait d'octroyer 100 euros par mois aux cadres aux commandes des RER et métros les jours de grève. Il y a un an jour pour jour, à Grenoble, Nicolas Sarkozy ordonnait le démantèlement des camps sauvages de Roms, entraînant l'accélération de leur expulsion vers la Roumanie. Quelle est la situation aujourd'hui ? Jeudi, cet hypermarché de Nantes a organisé l'expulsion de deux familles tziganes d'un terrain proche de son établissement. Ils seraient 10 millions eu Europe dont environ 15 000 en France. Stigmatisés par Nicolas Sarkozy dans un discours sécuritaire lors de l'été 2010, qui sont-ils ?
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Le syndicaliste rappelle aussi que la gare de Bobigny, qui abrite aujourd'hui un mémorial, avait justement joué un rôle central durant la Seconde Guerre mondiale dans la déportation vers les camps de la mort de 22.000 Juifs du camp de Drancy. Autre conséquence de cette initiative : des enfants ont été embarqués dans le tramway sans leurs parents. Une situation dénoncée par Médecins du Monde qui appelle les policiers à ne jamais embarquer de mineurs isolés. (Lire notre encadré)
"Inhumanité et brutalité"
Visiblement embarrassée par cette histoire, la RATP insiste pour dire que cette décision a été prise localement, en urgence face à une situation de quasi-blocage de cette ligne de tramway qui relie Saint-Denis à Bobigny. Elle raconte ce qu'il s'est passé à TF1 News. Mercredi vers 6 heures du matin, des conducteurs informent le régulateur de la ligne T1 qu'une évacuation de Roms est en cours. Encadrés par des policiers, plusieurs groupes d'une dizaine de personnes équipées de caddie, de vélo, de sacs, embarquent à la station Cosmonautes en direction de Noisy-le-Sec. Dans la rame se trouvent aussi de "vrais" usagers. Le régulateur prévient les équipes de sécurité et les contrôleurs présents dans le secteur afin de gérer ce flux conséquent de voyageurs. 8h30. L'encadrement local de cette ligne constate que l'évacuation des Roms se passe avec difficultés. "Afin de minimiser les troubles et les retards subis par les autres voyageurs, la personne (de la RATP, NDLR) et la police convienne de l'intérêt d'utiliser un tram disponible", indique encore la RATP.
Dans un communiqué, Jean-Paul Huchon, président socialiste de la région Ile-de-France, dénonce "l'inhumanité et la brutalité" de cette opération. Il demande au préfet du département, Christian Lambert, que toute la lumière soit faite et que les responsables soient sanctionnés. "Cette opération, faite hors de tout cadre juridique, constitue une voie de fait", écrit-il. Le ministère de l'Intérieur a dénoncé des "amalgames" après qu'un élu PCF a déploré les circonstances de cette évacuation. Cette scène "m'a rappelé des souvenirs d'école ou de cinéma", a déploré le conseiller général PCF Gilles Garnier dans une lettre au préfet et au PDG de la RATP. "Cette opération rappelle les heures les plus sombres de notre histoire et réveille en nous une monstrueuse évocation", a pour sa part déclaré Cécile Duflot, qui préside le groupe Europe Ecologie-Les Verts au conseil régional IdF.
"Amalgames scandaleux"
Le président de la RATP a affirmé au micro de France Inter que l'entreprise n'avait aucune responsabilité dans cette affaire et s'est dit étonné que la police n'ait pas averti ses services. "Je ne suis pas responsable de la gestion d'une opération de police (...) Nos textes ne prévoient pas une affectation de nos transports pour ce type d'opération", a dit Pierre Mongin. Le porte-parole du ministère de l'Intérieur, niant toute brutalité lors de l'opération, a affirmé que les forces de l'ordre n'avaient pas forcé les Roms à emprunter le tramway. "Ceux-ci sont montés volontairement à bord de la rame mise à disposition par la RATP. A tout moment, ils ont été laissés libres de leurs mouvements", a-t-il dit à Reuters.
Interrogé jeudi sur France Info, le ministre de l'Intérieur Claude Guéant a déclaré, quant à lui déclaré "ne pas être au courant de ces évènements" en assurant que "ce qui compte c'est de savoir ce que l'on fait à l'égard de ce qui est illégal". Le ministre de l'Intérieur s'est également élevé, en marge d'un déplacement à Sevran, contre les "amalgames scandaleux", faisant allusion à certaines réactions politiques comparant cette action à la déportation des Juifs. "Je rappelle que la Shoah, ce n'était pas partir volontairement après une décision de justice vers un lieu de son choix", a relevé le ministre selon qui "des propos comme ceux-là banalisent la Shoah et, finalement, encouragent au négationnisme".
| "Des familles choquées" |
Un campement rasé, des baraques détruites... L'emplacement à Saint-Denis qu'occupaient illégalement ces Roms évacués mercredi matin n'existait plus ou presque jeudi. Sur place dans la matinée, Livia Otal, coordinatrice de la mission Roms chez Médecins du Monde, a pu rencontrer quelque-unes de ces familles. |
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