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DOSSIER : Dossier Education

Rythmes scolaires : changer, oui... mais comment ?

Edité par
le 18 mai 2012 à 13h36 , mis à jour le 18 mai 2012 à 22h10.
Temps de lecture
4min
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Notre sociétéUn retour à la semaine de 5 jours dans le primaire, voulu par le ministre de l'Education, fait débat à droite... comme à gauche, avec une pique remarquée de Ségolène Royal. Concrètement, comment revenir sur la semaine à 4 jours décriée depuis sa mise en place en 2008 ?

  - La semaine de quatre jours contestée depuis le début
La réforme de 2008 instaurant la semaine de quatre jours d'école avec repos le mercredi est contestée depuis l'origine dans les milieux éducatifs et par certaines fédérations de parents d'élèves. Elle réduit à un niveau presque sans équivalent en Europe le nombre de jours de présence des élèves français à l'école (144 jours de classe par an contre une moyenne européenne de 180 jours), avec pour corollaire une intensité de travail jugée excessive par les spécialistes : l'élève français a des journées de 6 heures, sans compter les cours de soutien pour les enfants en difficulté, souvent donnés à la pause-déjeuner. Or, selon les chronobiologistes, un enfant ne peut pas être attentif plus de 4 heures et demie. Selon la FCPE, principale fédération de parents d'élèves, avec cette réforme, "on a eu droit à la généralisation du pire calendrier". 

  - Les problèmes d'un retour à la semaine de cinq jours
Le dossier est cependant complexe car il s'agit de savoir si le cinquième jour d'école sera restauré le mercredi ou le samedi, avec en arrière-plan les problèmes d'organisation des parents et des activités péri-scolaires, financées le plus souvent par des communes, ou par des associations. Le débat semble par ailleurs inséparable d'un autre sur l'éventuelle réduction des congés d'été, là aussi parmi les plus longs en Europe, de juin à septembre. Revenir à une semaine plus longue tout en raccourcissant les congés d'été supposerait donc d'allonger les périodes d'ouverture des écoles, des équipements sportifs et culturels, d'organiser différemment le ramassage scolaire, les loisirs, les vacances... Ce qui poserait des problèmes pour les personnels concernés, les familles (comment récupérer les enfants à l'école si leurs horaires sont raccourcis, et qu'ils sortent plus tôt ?), les collectivités locales (comment organiser la garde des enfants que leurs parents ne pourraient venir chercher ?) et même pour les professionnels du tourisme. Ces derniers, par la voix de Thierry Grégoire, l'un des responsables de l'Umih, principale organisation patronale du secteur, ont d'ailleurs exprimé vendredi leur opposition à une éventuelle réintroduction de l'école le samedi. Pour les familles, l'Union nationale inter-universitaire (Uni) a estimé pour sa part que le retour immédiat à la semaine des cinq jours risquerait de "pénaliser fortement les femmes divorcées" du fait de la désorganisation des activités péri-scolaires et des problèmes de garde.

  - Des rapports alarmistes...
Les rapports se sont multipliés pour souligner les carences du système actuel - notamment ceux d'une mission de l'Assemblée nationale, de l'Académie de médecine ou d'un comité de pilotage sur les rythmes scolaires. Le constat du comité de pilotage, dans son rapport rendu en juillet 2011, est alarmant du point de vue de l'équilibre de l'enfant. "A l'échelle de l'Union européenne, la France est le pays où les écoliers reçoivent le plus grand nombre d'heures de cours annuelles, ont les journées de travail les plus chargées et les semaines les plus courtes", "le tout s'articulant sur un nombre de semaines lui-même plus restreint", écrivait-il. Le comité préconisait de diminuer les horaires quotidiens de classe, de raccourcir de deux semaines les vacances d'été, et de revenir à la semaine de 4 jours et demi.

  - ... mais sans effet
Malgré ces rapports, rien, jusqu'à aujourd'hui, n'a été engagé pour modifier le calendrier scolaire. Luc Chatel, alors ministre, avait indiqué qu'il engageait des "concertations" sur les congés d'été et une vraie pause déjeuner à l'automne 2011, pour annoncer des mesures pour la rentrée 2013, ce qui n'a pas été fait. Début mai, Vincent Peillon, alors chargé de l'éducation dans l'équipe de campagne, avait préconisé de reprendre les mesures consensuelles : c'est dans "l'intérêt des enfants" et il ne faut "s'arrêter à aucun poids des lobbys", avait-il dit, évoquant des changements sur l'année, la semaine et la journée. Le dossier est désormais sur la table du nouveau ministre de l'Education... avec toute sa charge polémique, que le temps n'a en rien diminuée.

Lire aussi notre article >Rythmes scolaires : les élèves français travaillent-ils plus que les autres ?  

Commenter cet article

  • aghjaluna : Bonjour, en réponse à alexanissarda ( 18 mai )qui prétend que 40 jours par ans en plus des 144 jours déjà travaillés c'est que dalle ( et que donc la réflexion est inutile) je dis qu"il ou elle devrait revoir ses mathématiques. Cela fait une augmentation de 27,7 % du temps de travail. Donc je pars du principe qu'il ou elle a un salaire de 1440 euros je l'incite fortement de refuser une augmentation de 400 euros de salaire si son employeur le lui propose . Là aussi c'est inutile...quoique ! Avec des propos pareils ....

    Le 25/05/2012 à 19h13
  • 78eresie99 : Dans l'article on parles des problèmes que cela poseraient aux femmes divorcées et bien pensez également aux hommes divorcés et de façon générale à tous les hommes et les femmes divorcés OU SEPARES et à leurs enfants qui sont sous la menace de ne plus voir leur papa ou leur maman tous les 15 jours, tous les parents n'habitent pas à 500 m l'un de l'autre ; que nos Dirigeants réfléchissent bien, c'est grave.... très grave....

    Le 21/05/2012 à 18h08
  • corinnedenantes : L'école n'étant pas obligatoire, seul l'enseignement l'est , et nous parents avons l'obligation d'enseigner à nos enfants, beaucoup de parents ne se posent même plus la question, ils ont décidé de faire l'école à la maison, avec tous ces changements , je me demande si je ne vais pas faire pareil ! dans tous les témoignages lus sur internet les parents sont ravis ainsi que leurs enfants , ils font le programme obligatoire, et pour le reste c'est comme ils veulent, à la finale tout le monde s'en sort, à mediter !!!

    Le 20/05/2012 à 14h48
  • Murmure95 : Si semaine de 5 jours ils fo penser aux enfants qui vont au centre dont il fo faire Ecole le mercredi et non le samedi.

    Le 19/05/2012 à 23h26
  • willa : J'ai cette annee une classe de cm2 et le programme est si charge que j'en ai mal pour mes eleves. Au lieu de prendre le temps de bien comprendre sa lecture et de faire ses divisions, on les gave de conditionnel, propositions juxtaposees,calcul de volumes. Et ces evaluations nationales qui les stressent comme s'ils passaient le bac. C'est un changement de programme, mais aussi d'ambitions. Dans les annees 50, tout le monde ne visait pas le bac plus 10, donc ce n'etait pas aux parents de ratrapper le soir tout ce que leur enfant n'avait pas compris ou fini. Un peu de simplicite.

    Le 19/05/2012 à 16h26
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