La réforme de 2008 instaurant la semaine de quatre jours d'école avec repos le mercredi est contestée depuis l'origine dans les milieux éducatifs et par certaines fédérations de parents d'élèves. Elle réduit à un niveau presque sans équivalent en Europe le nombre de jours de présence des élèves français à l'école (144 jours de classe par an contre une moyenne européenne de 180 jours), avec pour corollaire une intensité de travail jugée excessive par les spécialistes : l'élève français a des journées de 6 heures, sans compter les cours de soutien pour les enfants en difficulté, souvent donnés à la pause-déjeuner. Or, selon les chronobiologistes, un enfant ne peut pas être attentif plus de 4 heures et demie. Selon la FCPE, principale fédération de parents d'élèves, avec cette réforme, "on a eu droit à la généralisation du pire calendrier".
- Les problèmes d'un retour à la semaine de cinq jours
Le dossier est cependant complexe car il s'agit de savoir si le cinquième jour d'école sera restauré le mercredi ou le samedi, avec en arrière-plan les problèmes d'organisation des parents et des activités péri-scolaires, financées le plus souvent par des communes, ou par des associations. Le débat semble par ailleurs inséparable d'un autre sur l'éventuelle réduction des congés d'été, là aussi parmi les plus longs en Europe, de juin à septembre. Revenir à une semaine plus longue tout en raccourcissant les congés d'été supposerait donc d'allonger les périodes d'ouverture des écoles, des équipements sportifs et culturels, d'organiser différemment le ramassage scolaire, les loisirs, les vacances... Ce qui poserait des problèmes pour les personnels concernés, les familles (comment récupérer les enfants à l'école si leurs horaires sont raccourcis, et qu'ils sortent plus tôt ?), les collectivités locales (comment organiser la garde des enfants que leurs parents ne pourraient venir chercher ?) et même pour les professionnels du tourisme. Ces derniers, par la voix de Thierry Grégoire, l'un des responsables de l'Umih, principale organisation patronale du secteur, ont d'ailleurs exprimé vendredi leur opposition à une éventuelle réintroduction de l'école le samedi. Pour les familles, l'Union nationale inter-universitaire (Uni) a estimé pour sa part que le retour immédiat à la semaine des cinq jours risquerait de "pénaliser fortement les femmes divorcées" du fait de la désorganisation des activités péri-scolaires et des problèmes de garde.
- Des rapports alarmistes...
Les rapports se sont multipliés pour souligner les carences du système actuel - notamment ceux d'une mission de l'Assemblée nationale, de l'Académie de médecine ou d'un comité de pilotage sur les rythmes scolaires. Le constat du comité de pilotage, dans son rapport rendu en juillet 2011, est alarmant du point de vue de l'équilibre de l'enfant. "A l'échelle de l'Union européenne, la France est le pays où les écoliers reçoivent le plus grand nombre d'heures de cours annuelles, ont les journées de travail les plus chargées et les semaines les plus courtes", "le tout s'articulant sur un nombre de semaines lui-même plus restreint", écrivait-il. Le comité préconisait de diminuer les horaires quotidiens de classe, de raccourcir de deux semaines les vacances d'été, et de revenir à la semaine de 4 jours et demi.
- ... mais sans effet
Malgré ces rapports, rien, jusqu'à aujourd'hui, n'a été engagé pour modifier le calendrier scolaire. Luc Chatel, alors ministre, avait indiqué qu'il engageait des "concertations" sur les congés d'été et une vraie pause déjeuner à l'automne 2011, pour annoncer des mesures pour la rentrée 2013, ce qui n'a pas été fait. Début mai, Vincent Peillon, alors chargé de l'éducation dans l'équipe de campagne, avait préconisé de reprendre les mesures consensuelles : c'est dans "l'intérêt des enfants" et il ne faut "s'arrêter à aucun poids des lobbys", avait-il dit, évoquant des changements sur l'année, la semaine et la journée. Le dossier est désormais sur la table du nouveau ministre de l'Education... avec toute sa charge polémique, que le temps n'a en rien diminuée.
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