La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a demandé ce vendredi matin à l'Union européenne de limiter l'utilisation des pilules de 3e génération, qui ont un risque accru par rapport aux pilules de la 2e génération. En attendant une éventuelle décision de l'UE, elle annonce la mise en place d'un "dispositif" limitant leur prescription en France.
D'après la ministre de la Santé, les risques veineux sont différents selon les pilules oestroprogestatives. Alors que le nombre d'accidents thromboemboliques est évalué à 2 cas pour 10.000 femmes pour celles qui prennent des pilules de 2e génération, il passe à 3 ou 4 pour 10.000 pour les pilules de 3e ou 4e génération, contre 0,5 à 1 cas pour 10.000 chez les femmes qui ne prennent pas la pilule.
Lors de sa conférence de presse à Paris, la ministre de la Santé a donc demandé à l'Union européenne de revoir leurs autorisations de mise sur le marché "dans un sens restrictif" c'est-à-dire en limitant leur prescription "à la seconde intention". "Nous allons saisir l'Europe, pas pour suspendre (ces pilules) mais pour modifier" leurs indications de prescription, a précisé Dominique Maraninchi, le directeur de l'agence du médicament ANSM.
Bras de fer entre la France et l'EMA
Cependant, l'Agence européenne du médicament (EMA) nie ces chiffres. Dans un communiqué publié ce vendredi, elle indique qu'il n'existe actuellement "aucun nouvel élément de preuve" qui incriminerait ces pilules. "Par conséquent, il n'y a aucune raison pour une femme de cesser d'utiliser ce type de contraceptif", ajoute l'EMA. L'agence rappelle que les pilules contraceptives combinées ont "un risque très rare de thrombose et que ce risque varie selon les types de pilules combinées".
Le débat a été relancé en France par le dépôt à la mi-décembre de la première plainte d'une jeune femme victime d'un accident vasculaire cérébral (AVC) qu'elle impute à la prise d'une pilule de 3e génération.









