Aux alentours de 8h30 jeudi matin, un campement de Roms, établi sur un terrain appartenant à l'Etat et à la communauté urbaine de Lille était en cours d'évacuation. Cette évacuation entamée tôt dans la matinée a été mise en oeuvre "suite à une ordonnance d'expulsion que nous a délivrée le tribunal de grande instance", a indiqué la préfecture du Nord.
"On est consternés", a déclaré à l'AFP Yann Lafolie, président de l'Atelier solidaire, membre du collectif Solidarité Roms, présent sur les lieux et "en colère". "Ici, c'était un laboratoire pour trouver des solutions", a-t-il fait valoir, voyant dans cette évacuation le "signe d'une volonté du pouvoir de détruire le travail associatif des bénévoles". "Il y a de très nombreux enfants qui vont dormir dans la rue ce soir", a-t-il souligné.
Une expulsion sans alternative
Des associations, parmi lesquelles le collectif Solidarité Roms, avaient dénoncé le 1er août la menace d'une expulsion sans solution alternative qui pesait sur deux campements rassemblant quelque 200 Roms près de Lille. Elles avaient rappelé que François Hollande, lors de la campagne présidentielle, s'était prononcé dans une lettre aux associations pour que "lorsqu'un campement insalubre est démantelé, des solutions alternatives soient proposées". "Sarkozy ne nous a jamais expulsés, finalement, c'est le PS", a conclu Yann Lafolie.
La communauté urbaine de Lille (LMCU) a mis en avant les problèmes de sécurité et l'afflux de ces populations dans l'agglomération. LMCU, présidée par Martine Aubry (PS), et l'Etat, propriétaires des terrains, avaient engagé une procédure devant la justice pour que soient démantelés ces campements illicites.










