Ces trois présentent des situations de harcèlements entre élèves. Ils sont diffusés sur le Net dans le cadre de la campagne "Agir contre le harcèlement à l'Ecole". © DR Tout sur les spots de la campagne en cliquant ici Le ministère de l'Education lance mardi une campagne de sensibilisation contre le harcèlement à l'école via trois spots diffusés sur le Net mettant en scène des élèves harcelés. Réaliste, percutant. <b> Buzz -</b> Bouc-émissaire de ses camarades en raison de son poids, Casey Heynes, un ado de 16 ans, a décidé de se défendre. Ce jour-là, "le gros" est devenu "le héros" et pas seulement de sa cour de récré. Si 93% des élèves déclarent "se sentir bien au collège", ils sont 10% a affirmer être victimes de harcèlement, selon les résultats d'une étude inédite du ministère de l'Education nationale auprès de 18 000 collégiens. A l'ouverture des "assises nationales" contre le harcèlement à l'école, le ministre de l'Education Luc Chatel a annoncé lundi matin que plusieurs expérimentations seraient organisées dans des établissements volontaires. Le harcèlement entre élèves reste un phénomène largement sous estimé, difficile à détecter car soumis à la loi du silence. Brimades, insultes, menaces, la scolarité de certains jeunes est un enfer psychologique. Un collégien sur 10 en France se dit harcelé par d'autres élèves, selon une étude menée par l'Education nationale sur 18.000 collégiens. Brimades, insultes, mises à l'écart : les causes de cette maltraitance sont diverses. Un rapport pour lutter contre le harcèlement scolaire a été remis au ministre de l'Education mardi. Il met en évidence une nouvelle forme de harcèlement : via les réseaux sociaux, où les élèves pris pour cible virtuellement peuvent vivre un calvaire bien réel. Le gouvernement lance ce mardi une nouvelle campagne contre le harcèlement à l'école. En partenariat avec le ministère de l'Education, l'association "Net écoute" se rend dans les écoles pour alerter les élèves sur ce phénomène.
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TF1 News : Qu'est ce qu'on entend par harcèlement scolaire ?
Jean-Pierre Bellon*, président de l'Association pour la prévention des phénomènes de harcèlement entre élèves : Le harcèlement, c'est la répétition de petites tracasseries de façon quotidienne, régulière, systématique. A l'école, il prend le plus souvent la forme de moqueries. Mais cela peut aussi être des rumeurs, des jets d'objets, des affaires régulièrement abîmées, l'ostracisme... Le harcèlement scolaire est souple. Il s'adapte au milieu dans lequel il se développe. Il va varier selon les établissements, les âges, le sexe aussi. Chez les filles, le harcèlement le plus courant est la mise à l'écart du groupe ou la rumeur. Les garçons harcelés, eux, vont davantage se plaindre de brutalité physique.
TF1 News : Existe-t-il un portrait type de l'élève harcelé ?
J-P. B. : Pas vraiment. Il a une petite différence ou rencontre une petite difficulté à un moment donné mais elle n'est pas perceptible par les adultes. Cependant, ces élèves harcelés ont un point en commun : ils n'ont pas d'amis. Sont-ils harcelés parce qu'ils n'ont pas d'amis ou n'ont-ils pas d'amis parce qu'ils sont harcelés, les deux doivent sans doute se mêler. Mais les élèves toujours seuls sont quatre fois plus victimes de harcèlement que les autres. Ce qui réunit ces élèves brimés, c'est ce faible degré de sociabilité.
TF1 News : Et qui est le harceleur alors ?
J-P. B. : Lui, il a des amis, un réseau de relations. C'est une personne qui a un certain charisme, une capacité à faire rire son entourage. Un rire très moqueur qui va être ravageur dans le cadre du harcèlement. Généralement, il fait ça par bêtise, pour faire rire le groupe. D'où l'importance de la prévention.
TF1 News : Quelles sont les conséquences ?
J-P. B. : Il y a d'abord les conséquences immédiates : l'enfant ne va plus avoir envie d'aller en cours et va inventer des prétextes pour ne plus y aller. Ses résultats vont aussi baisser. Ce n'est pas facile d'être efficace au travail quand vous avez en permanence un groupe qui se moque de vous. Certains élèves vont se laisser redoubler pour ne plus se retrouver dans la même classe que leur persécuteur, voire changer d'école. Il y a aussi des conséquences à plus long terme beaucoup plus graves : le harcèlement détruit l'image de soi. Selon le chercheur norvégien Dan Olweus, un enfant harcelé a quatre fois plus de risques d'être suicidaire qu'un autre.
TF1 News : Comment savoir si son enfant est harcelé à l'école ?
J-P. B. : De petites choses peuvent mettre la puce à l'oreille. On l'a dit : il n'a pas ou plus d'amis, ses résultats baissent, il n'a plus envie d'aller en cours... Il faut savoir qu'un enfant a toujours du mal à confier à ses parents qu'il est victime de harcèlement à l'école. Il vit un peu les choses sur le mode de la honte, il a l'impression qu'il va décevoir ses parents s'il leur dit cela.
TF1 News : Réagir n'est pas non plus évident pour les autres élèves témoins de harcèlement...
J-P. B. : ... Non, mais tout de même. Il y a trois acteurs dans le harcèlement : la victime, le harceleur et puis tous ceux qui regardent. Quand ce groupe là change d'attitude, quand il ne rit plus, alors le harcèlement se retrouve comme un moteur qui perdrait son carburant. Ça marche moins bien. Le rire, c'est vraiment le carburant du harcèlement. Bien sûr, ce n'est pas facile de s'interposer, il ne faut d'ailleurs pas demander à l'élève de se mettre en difficultés pour aller régler tout seul le problème. Mais déjà, ne pas suivre, ne pas rire avec les rieurs, ne pas se moquer avec les moqueurs, signaler simplement qu'il y a un élève en difficultés, le réconforter... Tout cela est important. Des psychiatres l'ont démontré : plus le soutien des pairs va être fort, moins les symptômes post-traumatiques seront développés.
TF1 News : Pour vous une campagne n'est pas suffisante...
J-P. B. : Elle va permettre à plein de familles d'en parler. Mais, effectivement, ce n'est pas assez. Qui, actuellement dans les établissements scolaires est formé sur le sujet ? Personne. Il faut lancer un plan de formation comme l'a fait la Finlande. Il a été mis en place suite à des massacres perpétrés dans des établissements par des élèves qui se disaient harcelés. Là-bas, la prévention commence dès l'âge de 7 ans et se poursuit jusqu'au lycée. A l'école primaire par exemple, ce sont des jeux dans lesquels on montre qu'il ne faut pas isoler quelqu'un. Tous les deux ans, il y a un programme lancé en ce sens. Dans chaque établissement, trois personnes travaillent sur les cas de harcèlement.
Toutes les informations sur cette campagne |
Le ministère de l'Education nationale lance mardi une campagne "Agir contre le contre le harcèlement à l'école", afin de combattre via internet et la télévision un phénomène touchant un élève sur dix en primaire et au collège. Un numéro vert national (le 0808.80.70.10) complète cette campagne. Et toutes les informations sur le site internet : http://www.agircontreleharcelementalecole.gouv.fr/ |
* Professeur de philosophie, Jean-Pierre Bellon est co-auteur du livre Harcèlement et brimades entre élèves et Prévenir le harcèlement à l'école : Guide de formation, un ouvrage qui sort cette semaine. Deux livres des éditions Fabert.
Le site de l'Association pour la prévention des phénomènes de harcèlement entre élèves : http://harcelement-entre-eleves.com/
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Harcèlement scolaire : des spots pour "lever le tabou"

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