© AFP / M. MedinaA compter de ce vendredi, 16 septembre, les musulmans du XVIIIe arrondissement de Paris vont avoir un nouveau lieu de prière : une ancienne caserne de pompiers du boulevard Ney, réaménagée pour l'occasion, et louée pour trois ans par l'Etat, pour 30.000 euros par an. Le but étant de mettre fin aux prières qui se déroulent chaque semaine, tous les vendredis, dans certaines rues de cet arrondissement du nord de Paris. Le phénomène date de plusieurs années déjà, mais il avait débouché sur une polémique d'ampleur nationale en juin 2010, lorsque des groupuscules d'extrême droite avaient appelé à un "apéro saucisson-pinard" finalement annulé pour dénoncer l'"islamisation" de la Goutte d'Or. En décembre, la présidente du Front national, Marine Le Pen, avait fait un parallèle avec la Seconde guerre mondiale, parlant "d'occupation", sans "blindés" ni "soldats", mais "d'occupation tout de même". Malgré le tollé, elle a répété ces propos, voyant dans les prières de rue un "acte politique de fondamentalistes". Depuis, le ministère de l'Intérieur s'efforce donc de mettre fin au problème parisien.
Guéant dit vouloir apaiser le débat sur l'islam
Claude Guéant dit vouloir apaiser le débat sur l'islam en France, que la gauche lui reproche d'avoir alimenté par les mesures sur le port du voile ou les prières de rue. Le ministre de l'Intérieur demande que ce thème ne soit pas un sujet d'empoignades électoral pour 2012.
Publié le 02/01/2012
Islam et "Occupation" : 54% des sympathisants UMP approuvent
Comparer les musulmans priant dans les rues à une scène de l'Occupation : les propos de Marine Le Pen ont été unanimement condamnés à gauche comme à droite. Les sympathisants de l'UMP, eux, ne sont pas si critiques.
Publié le 15/12/2010
"L'Occupation" : Marine Le Pen "persiste et signe"
Lundi, la vice-présidente du Front national s'est défendue de tout dérapage après des propos ce week-end comparant les "prières de rue" des musulmans à l'Occupation.
Publié le 13/12/2010
Ouverture d'un lieu de culte dans une ancienne caserne
A deux jours de l'interdiction des prières de rue, un accord a été signé mercredi soir entre l'Etat et deux mosquées de Paris. Une ancienne caserne de pompiers servira dès vendredi de salle de prière.
Publié le 15/09/2011
Le dernier obstacle à l'ouverture de ce nouveau lieu de culte a été franchi au milieu de la semaine, avec la signature d'un ultime accord entre, d'une part, les responsables de deux mosquées du XVIIIe arrondissement, et la préfecture de police de Paris et la préfecture de région d'autre part. Et parallèlement à l'ouverture de ce nouveau lieu, les prières de rue, jusqu'alors tolérées, deviennent officiellement interdites. Claude Guéant avait déjà averti dimanche au Grand jury RTL-Le Figaro-LCI : "Il n'y aura plus de prière dans la rue dès le 16 septembre" et "si d'aventure il y a des récalcitrants nous y mettrons fin". Selon le ministre, plus d'un millier de personnes sont concernées dans le nord de Paris lors des offices des mosquées de la rue Myrha et de la rue Polonceau, toutes deux débordées depuis la fermeture, il y a des années, de la mosquée de la rue de Tanger, qui regroupait 4000 fidèles dans le XIXe arrondissement voisin. Il reconnaît toutefois qu'au-delà de la situation de Paris, "le problème persiste à Marseille autour de deux mosquées et à Nice" - ces deux villes étant aussi concernées par les prières de rue.
Le vendredi seulement... ou toute la semaine ?
Toutefois, les aménagements de l'ancienne caserne de pompiers du boulevard Ney ont tardé à s'achever, faisant craindre un "climat d'anarchie" au cheikh Mohamed salah Hamza, l'imam de la mosquée Khaled ibn al-Walid de la rue Myrha, au coeur du quartier multi-éthnique de la Goutte d'Or. Aussi l'imam Hamza répond-il à l'ultimatum de Claude Guéant : "Nous ne sommes pas du bétail", soulignant que "les revendications des fidèles musulmans pas entièrement satisfaites". Il cite la pose de la moquette, la mise en place d'une salle d'ablutions pour les femmes, le loyer et le temps d'utilisation du lieu.
En effet, les responsables musulmans souhaitent que les fidèles puissent s'y rendre tous les jours, tandis que la préfecture de police veut que cela se limite à la grande prière du vendredi et à celles des deux fêtes de l'aïd qui clôturent, l'une le mois de jeûne du ramadan, l'autre le grand pèlerinage de La Mecque. Ce vendredi, Cheikh Hamza sera donc dans la mosquée de la rue Myrha, trop petite pour accueillir tous les fidèles. C'est là que se rendent les musulmans d'origine maghrébine, ceux d'Afrique subsaharienne fréquentant plutôt la mosquée Al-Fath, rue Polonceau, où officie l'imam Moussa Niambélé. Cheikh Hamza se dit convaincu que les fidèles viendront encore en nombre à la Goutte d'Or.
Une solution plus pérenne est certes prévue... mais pas avant deux ans au moins. Sous l'impulsion des mairies de Paris et du XVIIIe, un institut des cultures d'islam, bâtiment de 4000 m2 confié à l'architecte Yves Lion, sera achevé en 2013. La ville de Paris va investir 23 millions d'euros dans la partie culturelle et l'association cultuelle musulmane sept millions d'euros dans la construction de cet institut.
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