Les prières de rue duraient depuis plusieurs années déjà à Paris, dans le quartier de la Goutte d'or, et à Marseille, avant que ne surgisse la polémique publique : c'était en juin 2010, lorsque des groupuscules d'extrême droite avaient appelé à un "apéro saucisson-pinard" finalement annulé pour dénoncer l'"islamisation" de la Goutte d'Or. En décembre, la présidente du Front national, Marine Le Pen, avait fait un parallèle avec la Seconde guerre mondiale, parlant "d'occupation", sans "blindés" ni "soldats", mais "d'occupation tout de même". Malgré le tollé, elle a répété ces propos, voyant dans les prières de rue un "acte politique de fondamentalistes". Depuis, le ministère de l'Intérieur s'efforce de mettre fin au problème parisien dans les plus brefs délais. Une étape cruciale a été franchie avec la signature d'un accord entre, d'une part, les responsables de deux mosquées du 18e arrondissement de Paris, et la préfecture de police de Paris et la préfecture de région d'autre part.
Guéant dit vouloir apaiser le débat sur l'islam
Claude Guéant dit vouloir apaiser le débat sur l'islam en France, que la gauche lui reproche d'avoir alimenté par les mesures sur le port du voile ou les prières de rue. Le ministre de l'Intérieur demande que ce thème ne soit pas un sujet d'empoignades électoral pour 2012.
Publié le 02/01/2012
Islam et "Occupation" : 54% des sympathisants UMP approuvent
Comparer les musulmans priant dans les rues à une scène de l'Occupation : les propos de Marine Le Pen ont été unanimement condamnés à gauche comme à droite. Les sympathisants de l'UMP, eux, ne sont pas si critiques.
Publié le 15/12/2010
"L'Occupation" : Marine Le Pen "persiste et signe"
Lundi, la vice-présidente du Front national s'est défendue de tout dérapage après des propos ce week-end comparant les "prières de rue" des musulmans à l'Occupation.
Publié le 13/12/2010
Cet accord doit permettre à la communauté musulmane parisienne d'occuper pendant trois ans des locaux appartenant à l'Etat. Il s'appliquera dès vendredi, 16 septembre, "notamment pour la grande prière rituelle hebdomadaire du vendredi", précise Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris. "Nous nous réjouissons de l'aboutissement de cette solution qui permettra aux musulmans du 18e arrondissement de Paris de remplir leurs obligations religieuses dans des conditions de dignité, dans le respect de l'ordre public en évitant les prières dans la rue", ajoute-t-il.
"Plus de prière dans la rue dès le 16 septembre"
Dans un entretien au Figaro, le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, précise que les nouveaux locaux, d'une surface de 2000 m2, seront loués pour 30.000 euros par an jusqu'en 2014. "Les fidèles n'auront plus intérêt à prier dans la rue, car il n'y aura plus de culte à l'intérieur des mosquées du quartier pendant les premières semaines", explique le ministre. Selon Claude Guéant, plus d'un millier de personnes sont concernées lors des offices des mosquées de la rue Myrha et de la rue Polonceau. Alors que les prières de rue sont officiellement interdites à partir de ce jeudi, le ministre reconnaît que "le problème persiste à Marseille autour de deux mosquées et à Nice". "Ma vigilance sera sans faille pour que la loi soit appliquée", poursuit-il. "Prier dans la rue n'est pas digne d'une pratique religieuse et contrevient au principe de laïcité."
Le ministre avait déjà averti dimanche au Grand jury RTL-Le Figaro-LCI : "Il n'y aura plus de prière dans la rue dès le 16 septembre" et "si d'aventure il y a des récalcitrants nous y mettrons fin". Toutefois, les aménagements de l'ancienne caserne de pompiers du boulevard Ney tardent à s'achever, faisant craindre un "climat d'anarchie" au cheikh Mohamed salah Hamza, l'imam de la mosquée Khaled ibn al-Walid de la rue Myrha, au coeur du quartier multi-éthnique de la Goutte d'Or. Aussi l'imam Hamza répond-il à l'ultimatum de Claude Guéant : "Nous ne sommes pas du bétail", soulignant que "les travaux ont pris du retard" et que "les revendications des fidèles musulmans pas entièrement satisfaites". Il cite la pose de la moquette, la mise en place d'une salle d'ablutions pour les femmes, le loyer et le temps d'utilisation du lieu.
Rendez-vous en 2013
En effet, les responsables musulmans souhaitent que les fidèles puissent s'y rendre tous les jours, tandis que la préfecture de police veut que cela se limite à la grande prière du vendredi et à celles des deux fêtes de l'aïd qui clôturent, l'une le mois de jeûne du ramadan, l'autre le grand pèlerinage de La Mecque. Vendredi, Cheikh Hamza sera donc dans la mosquée de la rue Myrha, trop petite pour accueillir tous les fidèles. C'est là que se rendent les musulmans d'origine maghrébine, ceux d'Afrique subsaharienne fréquentant plutôt la mosquée Al-Fath, rue Polonceau, où officie l'imam Moussa Niambélé. Des mosquées toutes deux débordées depuis la fermeture, il y a des années, de la mosquée de la rue de Tanger, qui regroupait 4000 fidèles dans le XIXe arrondissement voisin. Cheikh Hamza se dit convaincu que, vendredi, les fidèles viendront encore en nombre à la Goutte d'Or.
Une solution plus pérenne est certes prévue... mais pas avant deux ans au moins. Sous l'impulsion des mairies de Paris et du XVIIIe, un institut des cultures d'islam, bâtiment de 4000 m2 confié à l'architecte Yves Lion, sera achevé en 2013. La ville de Paris va investir 23 millions d'euros dans la partie culturelle et l'association cultuelle musulmane sept millions d'euros dans la construction de cet institut.
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