Xavier Emmanuelli : " l'urgence sociale, personne n'y croit "

le 20 juillet 2011 à 11h01 , mis à jour le 20 juillet 2011 à 16h03

Salué à droite comme à gauche pour son action, Xavier Emmanuelli a annoncé sa démission de la présidence du Samu social de Paris avec pertes et fracas. Un départ qui fait grincer beaucoup de dents.

Xavier Emmanuelli, fondateur du Samu socialXavier Emmanuelli, fondateur du Samu social © www.abacapress.com

"Je me suis battu toute ma vie, je ne veux pas couvrir ça." Déçu et visiblement remonté, Xavier Emmanuelli a expliqué, dans un entretien accordé à l'hebdomadaire satirique Charlie Hedbo, les raisons qui l'ont poussé à quitter la présidence du Samu social de Paris. Un poste qu'il occupait depuis la création de la structure le 22 novembre 1993.

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Principal point noir ? La situation budgétaire. "Ce n'est plus gérable", a affirmé l'ancien secrétaire d'Etat à l'Action humanitaire d'urgence, invoquant un "rapport de forces" entre la mairie de Paris et l'Etat, qui finance le Samu social à 92%. "C'est comme dans le dessin animé de Tex Avery, tout le monde se refile le bâton de dynamite. On est dans le 'c'est pas moi, c'est toi'. C'est du ressort de l'Etat, non c'est celui de la mairie. Ils se tirent dans les pattes, ils n'ont pas les mêmes objectifs, c'est à celui qui ne paiera pas ou au contraire à celui qui se dira le plus généreux."

Il dénonce également les réductions drastiques des moyens alloués à l'hébergement d'urgence, annoncées en mai dernier par l'Etat. Au Samu social, le financement de l'hébergement en hôtel a notamment été amputé de 25%. Et le 30 juin dernier, il a été contraint de fermer le centre Yves-Garel, son  seul centre d'hébergement d'urgence parisien accueillant des femmes situé dans le XIe arrondissement. Pour l'association Paroles de femmes, le Samu social "va de nouveau se retrouver dans une situation inextricable" avec la fermeture du centre.  

Emmaüs France : "L'Etat ne veut pas mettre plus d'argent"

"Un contexte difficile pour le Samu social" qu'a souligné également Bertrand Delanoë, alors même que la mairie de Paris se retrouve, elle aussi, pointée du doigt par Xavier Emmanuelli. Le maire de Paris a tenu à lui rendre hommage "pour son soutien aux plus démunis" tout en souhaitant que le Samu social "puisse retrouver les moyens nécessaires à l'exercice de sa mission". L'association France Terre d'Asile a estimé, elle, que la démission de Xavier Emmanuelli, "si spectaculaire soit-elle", n'était que "la partie émergée du profond malaise qui s'est emparé du secteur social en France".

Du côté du gouvernement, Benoist Apparu, secrétaire d'Etat au Logement, a salué le "formidable boulot" d'une des "figures emblématiques de l'hébergement en France". Et s'il regrette cette démission, elle intervient selon lui au moment où le gouvernement défend "une nouvelle stratégie" basée sur le principe du "Logement d'abord" qui n'est "pas forcément partagée par Xavier Emmanuelli", qui est dans une logique "de l'aide d'urgence". Pour le secrétaire d'Etat au Logement, "il serait probablement beaucoup plus efficace sur le plan humain et social de conduire [les personnes à la rue] au logement, sans passer par la case hébergement".

Des propos contestés par Christophe Deltombe. Selon le président d'Emmaüs France, Benoist Apparu "oublie complètement une chose qui est très importante, c'est qu'une personne qui a vécu à la rue pendant longtemps est désocialisée et a besoin d'un accompagnement" et qu'elle ne peut pas passer directement de la rue à un logement normal. "Nous avons des réunions régulières avec M. Apparu et la dernière a été un clash, il nous a dit que l'Etat ne veut pas mettre plus d'argent". Voilà pourquoi, selon lui, la  démission de Xavier Emmanuelli est pour lui "un cri d'alarme parfaitement justifié", reprenant ainsi l'expression utilisée par Martine Aubry. La première secrétaire du Parti Socialiste a évoqué "un cri d'alarme qui traduit la gravité de la situation de l'hébergement d'urgence en France". "Si une personne comme Xavier Emmanuelli, qui a consacré sa vie à cet engagement, est poussée à une telle extrémité, c'est que la situation est plus qu'alarmante", a-t-elle ajouté.

Les sans abri, "une préoccupation permanente" de Fillon

Le chef du gouvernement a, lui, "pris acte de la démission" de Xavier Emmanuelli dans un communiqué. François Fillon "tient à lui rendre hommage pour son engagement déterminé au service des plus démunis et à le remercier pour l'action qu'il a menée à la tête du Samu social depuis dix-huit ans". Sur les problèmes de moyens, l'hôte de Matignon  se défend de négliger les associations. "Le Premier ministre rappelle que la situation des personnes sans abri constitue une préoccupation permanente du gouvernement et qu'il est, à titre personnel, très attentif aux difficultés rencontrées par ces personnes et à la situation du secteur du logement et de l'hébergement d'urgence", poursuit le communiqué.

le 20 juillet 2011 à 11:01
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15 Commentaires

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  • croix70, le 21/07/2011 à 00h34

    Et combien payez vous les hotels qui "accueillent " 1famille de 4/5 personnes dans 1 chambre de 9/10m2? Trouvez vous cela normal?

  • look165, le 20/07/2011 à 23h24

    Il y a la guerre anti-PS déclarée, mais il y a aussi qu'à bientôt 75 balais, il en a assez de jouer les pompiers volants sans avoir la moindre reconnaissance. Coluche tirerait à boulets rouges de nos jours.

  • inedis, le 20/07/2011 à 21h27

    Si l'urgence sociale est faite pour les Français, je suis d'accord, mais si c'est pour accepter toute la misère du monde c'est non.

  • cocho49, le 20/07/2011 à 19h42

    Sous pretexte de la divertion ,la misere est un profit pour certain ! combien etait renumere ce Mr ?

  • 732..poitier, le 20/07/2011 à 18h35

    à partir de quand considerez vous que quelqu'un est pauvre?? tout dépant aussi de la façon de chacun de diriger sa vie.....

  • charles.martel, le 20/07/2011 à 17h38

    Ben ouais, la France souffre, et c'est valable pour tout le monde ou presque. Alors il va falloir recentrer les urgences, et commencer par aider les Français avant les autres.

  • zep86100, le 20/07/2011 à 17h35

    Zep86100 Vous oublier de dire que l'état verse 92% des dépenses du Samu Social de Paris. Quand je lis la presse aujourd'hui je m'apperçois que c'est pour aider les étrangés qui ont fuient l'espagne par exemple donc ça suffit, toujours plus toujours plus. La France est un des pays au monde qui aide le plus les pauvres et qui vide les caisses pour les aides sociale.

  • kosotto1, le 20/07/2011 à 17h30

    Les pauvres, ça n'a jamais été la priorité de ce gouvernement ! leur priorité c'est eux mêmes !

  • fabore, le 20/07/2011 à 17h19

    Normal il faut de la place pour nos nouveaux amis tunisiens

  • cars38, le 20/07/2011 à 17h17

    Les ecolos de grenoble ont fait annuler la construction de 3000 logements sociaux !! au nom de quelles valeurs , je me le demande ????

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