© INTERNEQuand British Telecom a annoncé en juin dernier qu’il était détenteur d’un brevet sur l’hyperlien et l’hypertexte, beaucoup ont cru à une plaisanterie. Comment oser prétendre qu’un principe aussi évident, celui de lier des documents entre eux, puisse appartenir à quelqu’un ? Aujourd’hui l’opérateur britannique poursuit devant la cour fédérale de New York le fournisseur d’accès américain Prodigy Communications au motif qu’il utilise "son" invention sans payer une licence d’utilisation et lui réclame des droits pour l’utilisation de "sa" technologie.
British Telecom a semble-t-il retrouvé le brevet lors d’un nettoyage de printemps il ya quelques mois. Son ancêtre, le General Post Office, a bel et bien demandé en 1976 aux autorités américaines la protection d’un système permettant d’atteindre, à partir d’un menu, une page voulue. Ce principe est à la base des services Viewdata et Prestel développés par GPO à la fin des années 70 pour le télétexte. La procédure aux Etats-Unis traîne, échoue presque, mais en 1989, l’US Patent and Trademark Office délivre finalement un brevet expirant en 2006.
Un procès test
Il reste donc six ans à British Telecom pour faire valoir ses droits (si tant est qu’il en ait). En juin dernier, l’opérateur contacte seize fournisseurs d’accès mondiaux, dont AOL et Prodigy Communications, pour leur enjoindre d’acheter au plus vite une licence d’exploitation du système permettant de lier des contenus Web par un simple clic sur un mot souligné ou sur une icône. En clair, pour l'utilisation de l'hyperlien.
![]() - AFP |
British Telecom n'en a cure et continue sur sa lancée. Refusant de dire quelle somme elle demandera aux utilisateurs de " son " invention, la firme affirme que le procès qui a lieu en ce moment n’est qu’un test afin de déterminer si le brevet est applicable. Comprenez : si ce brevet est reconnu par les juridictions américaines, l’opérateur britannique n’hésitera pas à réclamer son dû.
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