Le pari impossible du SDMI

Par Jean-Philippe BAY , le 03 décembre 2000 à 00h00

C’est un échec relatif qu’ont essuyé les créateurs du Secure Digital Music Initiative (SDMI) : après avoir lancé les pirates à l’assaut de plusieurs méthodes de protection de la musique numérique, les pirates ont réussi à casser deux des cinq technologies mises à l’épreuve.

Le pari impossible du SDMI © INTERNE

Fondée par les principales maisons de disques (Universal Music, BMG, Sony Music, Warner Music, EMI Music ) la SDMI est une association chargée de mettre au point un système de protection des droits d'auteur sur l'Internet. Cet organisme a annoncé en milieu de semaine, qu'il verserait bien 5.000 dollars à chacun des deux pirates informatiques qui ont réussi à casser deux des cinq technologies de protection proposée pour sécuriser les données musicales. Les deux vainqueurs du concours HackSDMI, qui a rassemblé 447 participants, ont été les seuls reconnus par la SDMI à avoir pu retirer les systèmes de protection proposés.
Une seule tentative s'est révélée réellement significative d'après le SDMI dans la mesure où elle a pu être reproduite avec des morceaux de musique protégés. "Nous avons appris quelque chose de chaque participant, victorieux ou non, et la présence du public nous a donné des informations intéressantes sur la manière dont ces technologies pourraient fonctionner dans le monde réel", a déclaré le directeur exécutif de la SDMI, Leonardo Chiariglione.

Des résultats peu représentatifs

Le résultat du concours, doté de 10.000 dollars, a été publié après des semaines de conjectures et d'embarras. Des chercheurs des universités de Princeton et de Rice, ainsi que des membres du centre de recherche Xerox de Palo Alto, ont en effet affirmé être venus à bout de quatre des systèmes de filigrane (watermarking) censés prévenir le piratage par l'utilisation de signaux dissimulés dans les fichiers. Ces chercheurs ont toutefois refusé de soumettre leurs travaux au second tour du concours en dénonçant ses conditions, la SDMI fournissant bien moins d'informations que ce qu'un pirate pourrait obtenir en réalité, selon Edward Felten, l'un des chercheurs de Princeton. Reste à savoir comment ce projet se concrétisera : personne ne peut obliger les internautes à accepter de nouveaux formats de fichiers.

Par Jean-Philippe BAY le 03 décembre 2000 à 00:00
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