© INTERNEDrôle de coïncidence. D'un côté, l'Union Européenne s'estimait hier "très préoccupée par l'absence de progrès dans nombre de domaines" touchant aux droits de l'homme en Chine, notamment "le recours fréquent à la peine de mort". De l'autre, la Chine annonçait que justement, elle n'avait pas fini de recourir à la peine capitale. Bien au contraire : désormais, les Chinois seront susceptibles d'être exécutés s'ils sont attrapés en plein "espionnage" sur Internet.
Le vol, la divulgation ou l'achat de secrets d'Etat sont passibles de la peine de mort
Par "espionnage sur Internet", les autorités chinoises entendent le vol, l'achat ou la divulgation "des secrets d'Etat". Peine encourue pour de tels actes : la prison (de dix ans à perpétuité), la saisie de l'intégralité des biens, voire l'éxécution. Pour la Chine, il ne s'agit que d'étendre la loi à ce nouveau média aussi menaçant que prometteur. En décembre dernier, le parlement chinois avait adopté une réglementation destinée à combattre l'utilisation de l'internet à des fins "criminelles", visant plus particulièrement la dissidence politique sur la Toile. Le comité permanent de l'Assemblée Nationale Populaire (ANP) avait établi une liste d'activités "criminelles", telles que l'infiltration de sites relevant des affaires de l'Etat, de la défense ou des technologies de pointe, ou encore la diffusion de virus informatiques.
Cette nouvelle mesure est prise alors que l'utilisation d'Internet est en hausse exponentielle en Chione. Les dernières estimations portent à 22,5 millions le nombre de Chinois surfant sur le réseau, dont 80% pour "envoyer du courrier, lire les infos ou s'amuser". Elle arrive également juste après que Pékin a procédé à dix-neufs éxecutions de criminels de droit commun. Une coutume avant le nouvel an chinois, une "campagne sécuritaire", destinée à "rassurer" la population et à intimider les criminels. Chaque année, selon Amnesty International, la Chine éxecute à elle toute seule plus de personnes que le reste de la planète.
Retour MYTF1





