Les livres gratuits se vendent-ils mieux ?

Par Christophe ABRIC , le 14 janvier 2001 à 14h55 , mis à jour le 14 janvier 2001 à 15h08

Une société américaine a décidé de proposer le téléchargement gratuit d'ouvrages, après s'être rendu compte que cela aidait à mieux les vendre.

Livre électronique (ebook) posé à côté d'un livre traditionnel © INTERNE

Malgré la notoriété de l'écrivain et d'excellents débuts, l'aventure solo de Stephen King sur le Net a été un fiasco. Son erreur ? Peut-être d'avoir voulu faire payer le téléchargement de son livre. Sans doute aurait-il vendu un nombre important d'exemplaires papiers de son ouvrage s'il en avait proposé le téléchargement gratuit sur l'Internet.

Un livre gratuit sur le net... tête des ventes en papier

C'est du moins ce que pense Eric F, dirigeant de Baen books, maison d'édition américaine spécialisée dans la science-fiction. Il a décidé, en accord avec ses auteurs, de proposer le téléchargement gratuit de certains de leurs ouvrages, en format HTML ou RTF. Pour justifier sa décision, l'éditeur affirme que laisser les internautes se procurer gratuitement ces textes dope les ventes de leurs versions papier. La magie du bouche à oreille, qui marche aussi bien appliquée à Internet qu'au prêt gratuit en bibliothèque ou entre amis.

Preuve par l'exemple : au lancement de sa librairie en ligne, Bean books a décidé de faire sa publicité en offrant aux internautes de télécharger gratuitement On Basilik Station de Dave Weber. Quelques semaines plus tard, la version papier du livre s'est retrouvée en tête des ventes.

Le piratage n'est "d'un point de vue pratique, qu'une nuisance"

Pour Eric F, le piratage, même sil est "illégal et immoral", n'est "d'un point de vue pratique, qu'une nuisance". Et, si l'on oublie l'aspect moral du problème pour être simplement pragmatique, "la piraterie en ligne a des effets identiques à ceux des autres méthodes qui permettent aux lecteurs d'obtenir des livres gratuitement" : on parle du livre, on en donne envie aux autres, ils l'achètent.

C'est, appliqué à l'édition, l'un des arguments favoris des défenseurs de Napster et de l'échange libre de fichiers musicaux MP3. Une étude canadienne, In the name of cool, avait montré l'été dernier que les utrilisateurs de Napster était de grands acheteurs de disques et des leaders d'opinion : ils amenaient leur entourage à découvrir des artistes et à acheter leur disque. De même, l'artiste Moby avait défendu le système d'échange de fichiers en déclarant : "La plupart des gens que je connais qui téléchargent beaucoup de MP3 achètent les albums des artistes qu'ils découvrent.[...] Si, à travers les millions qui sont offerts en format MP3, une personne choisit mes pièces, je suis très flatté."

Par Christophe ABRIC le 14 janvier 2001 à 14:55
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