Napster cherche un compromis

Par Christophe ABRIC , le 21 février 2001 à 14h10 , mis à jour le 21 février 2001 à 16h01

Menacé de fermeture pure et simple par la justice américaine, Napster essaye de trouver une voie de sortie par le compromis : la start-up a proposé de verser 1 milliars de dollars aux majors, en réparation de la violation de droits d'auteur dont son logiciel a été l'outil.

Vigentte Napster def © INTERNE

Un milliard de dollars. C'est le prix qu'est prêt à payer Napster pour ne pas être éxécuté dans les semaines qui viennent. La compagnie californienne propose de verser cette somme en cinq ans aux maisons de disques. Elle espère ainsi régler une fois pour toutes le conflit sur les droits d'auteur auquel son logiciel d'échanges de fichiers a donné naissance. Napster a ainsi offert de verser 150 millions de dollars (1,5 milliards de francs environ) par an aux majors avec lesquelles elle est en conflit (Warner, EMI, Universal-Vivendi et Sony), plus 50 millions de dollars aux labels indépendants. Ce paiement forfaitaire est calculé, d'après Napster, sur le nombre de MP3s échangés grâce à son logiciel.

Napster par abonnement : ça se précise

Dans le même temps, la start-up a confirmé que Napster serait payant à partir de l'été prochain. "Napster fait désormais partie du quotidien de beaucoup d'internautes (...) Nous pensons qu'un grand pourcentage des utilisateurs de Napster sont prêts à payer" : la compagnie espère pouvoir lancer d'ici quelques mois un système d'abonnement à deux vitesses : le premier, limité, coûterait entre 2,95$ et 4.95$ (entre 21 et 35 francs environ) ; le second, illimité, entre 42 et 72 francs. La technologie est là, d'après Napster et Bertelsmann (la major qui a racheté Napster), qui sont resté peu diserts sur le sujet. D'ici l'été, un logiciel permettra d'ajouter un cryptage aux MP3s avant leurs transfert, qui permettra de savoir si celui qui le télécharge a le droit de le lire. Le logiciel permettrait également d'empêcher la gravure des MP3s sur un CD.

Adversaires intransigeants

Les adversaires de Napster ont pris la nouvelle à la légère, et la volonté de compromis ne les a visiblement pas adoucis. Edgar Bronfman, vice-président de Vivendi Universal, a souligné sa volonté d'intransigeance vis à vis de Napster : "Ce que nous ne tolèrerons pas, c'est de récompenser Napster pour 16 mois de violation de nos droits d'auteur en lui permettant de devenir de facto l'acteur principal" dans le domaine de la musique en ligne. Et chez Sony, on s'étonne que Napster se déclare "soudain capable de faire quelque chose dont ils s'estimaient incapables il y a peu de temps".

Par Christophe ABRIC le 21 février 2001 à 14:10
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