Le suicide par le Web

Par Jean-Philippe BAY , le 09 février 2001 à 07h00 , mis à jour le 08 février 2001 à 18h10

Le Web n'est pas toujours synonyme de détente de consommation et de jeux, il est aussi un espace qui accueille tous les désespoirs. La police sud coréenne a mis sur pied une unité chargée de la lutte contre les sites faisant l'apologie du suicide. En effet, 6 décès seraient directement imputés au suicide.

Vignette suicide © INTERNE

En Corée du Sud, une récente série de suicides a été attribuée à la présence de sites d'informations en coréen sur la manière de mettre fin à ses jours. Deux adolescents âgés de 13 et 15 ans sont d'ailleurs passés à l'acte après que avoir consulté des sites web dévoilant les différentes techniques pour réussir sa mort. C'est, du moins, ce qu'ont affirmé aux enquêteurs, parents et amis des désespérés. L'un des adolescents, un garçon de 13 ans, a sauté du 15ème étage d'un immeuble. Selon la police l'autre désespéré, âgé de 15 ans, a probablement bu du poison. La police affirme que pour les trois derniers mois, six morts peuvent être imputées directement à la consultation de ces sites.

Lutte contre le cybercrime

Le Premier ministre Lee Han-Dong a demandé au ministère de la Justice, aux procureurs et à la police de prendre de nouvelles mesures afin de traquer les opérateurs des sites Internet dévoilant les recettes pour confectionner des bombes, tuer des gens ou commettre un suicide. Selon le chef du gouvernement, les opérateurs de ces sites se rendent coupables "d'actes criminels qui violent les règles sociales", ont indiqué ses collaborateurs. Les procureurs ont précisé que les responsables de ces sites Internet seraient sanctionnés.

50 sites déjà fermés

Depuis décembre, plus de 50 sites sur les méthodes du suicide ont été fermés en Corée du Sud mais une trentaine sont toujours en activité, a indiqué Chi Kyong-Yon de l'unité policière spécialisée dans le crime informatique à Séoul. "Nous nous efforçons de localiser et de fermer ces sites sur le suicide", explique M. Chi Kyong-Yon. "Il n'y a pas de fondement juridique afin de poursuivre les opérateurs de ces sites à moins qu'ils soient directement responsables de mort. Mais de tels sites doivent être chassés de la "toile"", a-t-il ajouté.

Par Jean-Philippe BAY le 09 février 2001 à 07:00
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