MP3 et CD : "happy together" ?

Par Christophe ABRIC , le 05 mars 2001 à 03h49 , mis à jour le 05 mars 2001 à 04h09

Non, le MP3 n'a pas tué le CD, et n'est pas près de le faire. Pour que les galettes succombent aux assauts de la musique digitale, il va falloir attendre que la technologie soit assez souple pour que nous soyons prêt à nous passer d'un support physique. En attendant, un peu partout, on mise sur une coexistence pacifique, voire même une alliance.

Graveur de Cds avec CDs © INTERNE

On ne peut plus ignorer le MP3, mais il est bien trop tôt pour enterrer le CD. Alors, chez les constructeurs, on mise sur une alliance des deux supports, la meilleure solution à court terme. Chez Philips, Emmanuel du Colombier déclare d'entrée : "Le MP3 est déjà devenu un standard". Chez Thomson Multimédia, Alain Kambourian répond que "le CD reste le support le plus universel, le plus souple et le moins cher à l'heure actuelle". Mais tous deux s'accordent : "On se dirige vers une coexistence". Car, comme le résume Emmanuel du Colombier, "le marché des MP3 sur CD devrait être énorme. Imaginez, l'intégrale d'un artiste aussi prolifique que Bob Dylan sur un seul disque…".

Combiner les avantages

"Le marché des MP3 sur CD devrait être énorme. Imaginez, l'intégrale d'un artiste aussi prolifique que Bob Dylan sur un seul disque"

Il s'agit pour les constructeurs de combiner les avantages. Le MP3 est petit, mais il faut le laisser sortir de l'ordinateur. Et pour l'instant, le CD est le plus à même de l'y aider : les lecteurs MP3 sont encore chers et, à l'exception de quelques modèles, permettent de stocker peu de musique. Les constructeurs se mettent donc à fabriquer des Discmans, des platines à même de lire les CD traditionnels et les CD de MP3. Symbole ultime de la convergence, les nouveaux lecteurs de DVD, qui lisent DVD, CD, MP3 et vidéos CD.

Le besoin d'objet

Autre raison avancée pour favoriser, cette coexistence, le besoin de support physique. Jean-Gabriel Ganascia, chercheur en sciences cognitives, a découvert que ce qui était lu sur un livre électronique était moins bien mémorisé, "parce qu'il n'y a pas d'épaisseur. On n'a plus ce repère physique qui nous dit qu'on est à un tiers du livre, au début ou à la fin. Le support matériel a une influence sur notre manière d'assimiler les choses". Même si l'exemple est plus difficilement applicable au CD, l'homme a encore besoin de voir, de toucher, de sentir… même pour la musique. Chris Blackwell, fondateur de Sputnik7, site de musique et de clips en ligne, a beau s'être investi totalement dans l'Internet, il considère que "même dans un futur lointain, les gens auront toujours envie d'avoir quelque chose de physique, un morceau de quelque chose… quelque chose que l'on peut porter". Ce, au moins jusqu'à ce que la technologie nous permette d'écouter n'importe quelle musique n'importe où. Dans 10 ans, dans vingt ans ?

Par Christophe ABRIC le 05 mars 2001 à 03:49
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