La démocratie sur le Net n'a pas la forme

Par Jean-Philippe BAY , le 15 mai 2001 à 17h48 , mis à jour le 14 mai 2001 à 18h48

Quelque 400 cybercafés de Téhéran ont été fermés, en Chine les arrestations se suivent et se ressemblent, en Mauritanie, on chasse les Webmaster. Inventaire à la Prévert des dernières reculades de la e-démocratie.

internet clavier main souris © INTERNE

Alors qu'à Issy-Les-Moulineaux est organisé le deuxième forum mondial de la démocratie électronique, sur le terrain les préoccupations sont loin du e-vote et des solutions de web-démocratie évoqués par certains grands groupes informatiques.
Après avoir boudé le "Web satanique" pendant plus d'une décennie, l'Iran a connu une véritable "explosion" dans ce domaine. La liberté d'expression et d'information auraient-elles gagné ce pays ? Selon le journal réformateur Hambasteghi quelque 400 cafés utilisés pour leur service Internet ont été fermés la semaine dernière. "Hier, des policiers en civil sont venus et voulaient mettre notre établissement sous scellés, affirmant qu'il fallait désormais être homologué par les autorités", a raconté Leila, 20 ans, gérante d'une société de "services-net", au nord de Téhéran.

Arrestations en Chine et dans le Maghreb…

En chine aussi la répression se fait sentir, de multiples arrestations ont eu lieu pour des affaires de "cybercriminalité". Le 27 avril, on apprenait du Centre d'information pour les droits de l'Homme et la démocratie en Chine, qu'un économiste chinois avait été condamné à quatre ans d'emprisonnement pour subversion après avoir publié des articles Internet réclamant une réforme du système politique. Mi-mars, c'était l'informaticien Yang Zili, fondateur d'un site Internet contestataire, qui était arrêté à Pékin par la police secrète. Du côté de la mauritanie, c'est un webmaster opposant au régime que la police a arrêté pour ses activités subversives sur le Net.

...Et censure dans les pays du Moyen-Orient

L'Arabie Saoudite a décidé de son côté d'interdire l'accès à une multitude de sites Web allant à l'encontre des principes établis dans ce pays. Ebrahim al-Fareeh, Internet supervisor au King Abdulaziz City for Science and Technology, l’organisme qui surveille les liaisons Internet a annoncé que son pays bloquait l’accès à 200 000 sites Internet "considérés comme offensants".

La solution qui doit être apportée par le groupe de pirates Cult of the Dead Cow et qui consiste en un navigateur Internet crypté, accédant à tous les sites Web quelque soit la censure, aura surement beaucoup de clients. (plus de détails ici).

 

Par Jean-Philippe BAY le 15 mai 2001 à 17:48
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