© INTERNEVous devez faire une dissertation sur Leonard de Vinci ? Le réchauffement planétaire? Le théorème de Pythagore ? En un clic, l'Internet peut vous sauver. Aux États-Unis, la méthode est simple et éprouvée : les sites spécialisés offrant des dissertations sur des centaines de sujets abondent. L'étudiant en panne d'idées soumet son sujet au site et obtient, contre paiement, des dissertations ayant décroché les meilleures notes. Il 'copie', 'colle', et le tour est joué, du moins pour les devoirs à la maison. Sur Cheathouse.com s'épargner ainsi quelques nuits blanches coûte 9,95 dollars par an. Le site, qui affirme être visité par 2.000 étudiants chaque jour, offre plus de 9.500 dissertations en ligne. "Les travaux doivent être utilisés uniquement comme références", prévient le site américain serve.com/doctor. Et d'ajouter, "vous ne devez jamais les présenter comme vôtres car il s'agit de plagiat ce qui est illégal dans certains États". Ce genre d'avertissement ne dissuade pourtant pas les étudiants : la prestigieuse université de Berkeley, sur la côte ouest, a ainsi noté un doublement des cas de tricherie, en grande partie lié à l'Internet, entre 1994 et 1999.
La riposte des professeurs
Face à l'avalanche d'antisèches, les professeurs ont donc décidé de riposter. Pour peu que la copie soumise soit remise sur une disquette ou envoyée par courrier électronique, identifier les tricheurs est devenu facile. Non loin de Washington, un professeur de physique l'université de Virginie, Louis Bloomfield, a ainsi mis au point en une après-midi un logiciel lui permettant d'identifier les devoirs suspects parmi ceux envoyés par e-mail. Sur cinq semestres, il a identifié 122 copies "douteuses" sur 1.500. Son logiciel permet en effet de repérer les copies ayant les mêmes phrases de plus de six mots. Avec ce système, quelque 60 étudiants pourraient voir leur diplôme annulé ou refusé dans les semaines qui viennent. "Avant, c'était beaucoup plus difficile de copier, et aussi beaucoup plus difficile d'identifier les plagiaires, explique M. Bloomfield, qui a découvert que certains élèves s'étaient inspirés de camarades "ayant innocemment laissé leur devoir sur un ordinateur".
Barbara Glatt, professeur de littérature, a aussi créé un logiciel permettant de repérer les tricheurs. Ses collègues peuvent désormais commander pour 300 dollars, sur plagiarism.com, un système identifiant les phrases copiées. "Les professeurs avaient besoin d'un outil, plutôt que de se reposer sur leur subjectivité", explique-t-elle. Le site, qui propose aussi de soumettre à la question des étudiants dont la copie est douteuse, a des "milliers de clients" aux États-Unis, mais aussi en Grande-Bretagne, en Inde ou au Canada, affirme-t-elle.
Pour Mme Glatt, la lutte contre les tricheurs n'est pas, à l'ère où l'information est disponible partout, un combat d'arrière-garde : "Le but de l'enseignement est de vous apprendre à penser", explique-t-elle, et lorsque l'on copie, "le processus d'apprentissage ne fonctionne plus".
Quant à changer les sujets des dissertations, le corps enseignant américain n'a pas l'air d'y avoir songé...
Et pour les écoliers, lycéens et étudiants français ?
Rien d'équivalent en France puisque les formations donnent peu d'importance aux travaux hors des salles d'enseignement. Pour tous ceux qui cherchent quand même des sources d'informations, vous pourrez trouver des sites tels qu'antiseche.com ou web-tricheur.net. Le premier est un site très sérieux tenu par une équipe pédagogique pour l'assistance aux devoirs à la maison (fonctionne par abonnements payants). Le second regroupe toutes les techniques de triches aux examens. A manier avec précautions... les enseignants peuvent aussi le consulter !
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