© INTERNELe 28 février dernier, la terre tremble à Seattle, aux Etats-Unis. Avant même qu'une dépêche urgente ne tombe sur le fil des agences de presse, un internaute écrit sur le site américain Metafilter : "Un gros tremblement de terre frappe le centre-ville de Seattle. Je suis assis à mon bureau, dans l'immeuble de Real Networks. Nous venons de vivre dix minutes d'intenses secousses. Il y a maintenant une énorme fissure sur le mur. A ce que j'en vois, rien n'est tombé, mais il y a des masses de gens dans les rues". C'est un internaute qui a relayé l'info, comme tous les jours sur Metafilter, l'un des plus importants "Web logs" américains.
Communautaires et participatifs
On y trouve des informations sérieuses, des sites délirants, des analyses choquantes, quelques scoops et témoignages
Les "Web logs" sont des sites d'un nouveau genre, communautaires et participatifs. Le principe en est simple : une fonction spéciale permet aux internautes d'y laisser un message, le plus souvent un lien vers une information qu'ils ont trouvée sur Internet. Le message est immédiatement publié, commenté, parfois noté par les autres internautes. On y trouve des informations sérieuses, des sites délirants, des analyses choquantes, quelques scoops et témoignages comme pour le tremblement de terre de Seattle. Ces sites pullulent, le plus souvent autour d'une communauté précise, si bien qu'il existe même des kits permettant de créer son propre "log" en quelques minutes.
L'un des premiers "Web logs" à avoir acquis une certaine réputation est le site de news informatiques Slashdot, dont la quasi-totalité des infos vient de messages postés par les internautes et vérifiés un minimum par la rédaction.
Vérifier les informations
C'est l'un des problèmes majeurs rencontrés par ces sites : on y apprend des choses stupéfiantes, on y découvre beaucoup d'informations inédites, mais il est difficile de les vérifier, sauf lorsqu'elles Le Weblog permet aux internautes de "partager leurs opinions sur ce qu'ils trouvent sur le Web et de se sentir plus investis dans le processus éditorial"
proviennent de journaux professionnels. Face à cet écueil, le site Plastic.com innove. Comme les autres Weblogs, ce site "ne génère pas son propre contenu", a expliqué Matt Goldberg, son vice-président, à tf1.fr. "Nous préférons laisser les internautes - qui surfent jour et nuit, ramenant des infos drôles ou intéressantes - fournir le contenu avec des suggestions de liens et des commentaires". L'innovation vient de la vérification : Plastic.com a passé un contrat avec plusieurs magazines en ligne réputés (The New Republic, Wired News, SPin...), "dont les journalistes vérifient et filtrent les informations laissées par les lecteurs". 20% seulement des contributions sont ainsi mises en ligne. Le résultat donne un magazine d'un genre nouveau, interactif, pluriel, qui répond au désir qu'ont les internautes "de partager leurs opinions sur ce qu'ils trouvent sur le Web et de se sentir plus investis dans le processus éditorial".
Matt Goldberg, Plastic.com
Le phénomène ne s'est pas encore répandu en France, mais cela ne saurait tarder. Les Weblogs redonnent un souffle communautaire à l'Internet, si vaste qu'il faut un minimum d'entraîde pour bien le fouiller. Espace d'expression, de partage et de découverte, nourri par les internautes pour les internautes, il n'a pas fini de se développer.
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