© INTERNEL'adolescent québécois de 16 ans, qui n'a rien d'un crack de l'informatique, avait reconnu en janvier dernier être l'auteur de la grande vague d'attaques contre des puissants emblèmes américains de la nouvelle économie comme CNN.com, Yahoo.com, eBay.com, Amazon.com et Dell.com. Ce petit jeu, selon les victimes, leur aurait coûté environ 1,7 milliard de dollars (US), un montant contesté par la défense. En échange de ce plaidoyer de culpabilité, qui permettait d'éviter un procès menaçant d'être long et très technique, le procureur de la Couronne avait abandonné une dizaine des 67 chefs d'accusations de méfaits et piratage retenus alors contre le jeune homme.
Faire un exemple ?
Après deux reports d'audience, les deux parties se retrouvent finalement mercredi pour présenter leurs arguments et leurs témoins devant le juge Gilles Ouellet. D'un côté, les représentants des compagnies visées devraient chercher à prouver l'ampleur des dommages. De l'autre, la défense assurée par Me Yan Romanoswki tentera de dresser un portrait psychologique de l'adolescent, démontrant qu'il n'a rien d'un criminel. Mafiaboy, qui ne peut pas être identifié en vertu de la loi canadienne sur les jeunes contrevenants, pourrait connaître sa condamnation dès la fin de l'audience mardi prochain à moins que le juge ne décide de la mettre en délibéré. Déjà bien ébranlé par toute cette affaire, le jeune homme risque au maximum deux ans de prison et une amende de 1.000 dollars canadiens (660 dollars américains). "Il faut qu'il y ait une conséquence sérieuse parce que c'est aussi un message pour les autres", avait affirmé en janvier le procureur, Louis Miville-Deschênes.
Mafiaboy déjà puni
L'adolescent anglophone, originaire d'une banlieue cossue de Montréal, a déjà payé sur le plan personnel une partie des pots cassés par ses amusements informatiques. Depuis il a préféré quitté le lycée, où son année scolaire était d'ores et déjà vouée à l'échec, pour aller travailler dans un restaurant. Selon son père, il a reçu "une bonne leçon" et espère plus tard faire carrière dans l'informatique, mais "du bon côté".
Le jugement rendu, l'affaire pourrait encore se poursuivre au civil. Il n'est pas exclu en effet que les compagnies touchées puissent chercher à obtenir des compensations financières, sans commune mesure cependant avec les préjudices qu'elles prétendent avoir subis.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




