© INTERNELa polémique sur les tarifs du dégroupage ne désenfle pas. Bien que l'ART (autorité de régulation des Télécoms) ait donné son accord à de nouveaux tarifs moins élevés, les opérateurs continuent à faire connaître leur désaccord. Le directeur général de Télé 2, Jean-Louis Constanza s'est fendu d'une lettre publique à l'attention de Michel Bon le président de France Telecom. Il y explique en substance que l'opérateur historique ne doit pas avoir peur d'ouvrir son marché et qu'il a tout à y gagner.
Une question de survie
Selon lui, l'ensemble de la filière ADSL serait menacée en raison de l'impossibilité d'établir des offres concurrentes à France Telecom. S'adressant à Michel Bon, il a déclaré : "la loi vous demande de nous louer cette boucle locale à des tarifs proches de vos coûts. Mais aujourd'hui, les prix de location que vous nous demandez sont tellement élevés que, si nous les acceptions, nous serions face à un dilemne mortel". L'opérateur national n'est pas d'accord avec cette analyse mettant en avant le coût du dégroupage et l'histoire du plan câble au cours duquel France Telecom avait financé en parti le déploiement des concurrents privés. "Le véritable débat est là. Nous ne voulons pas reproduire ce schéma", a expliqué Patrick Thielemans, porte-parole de France Telecom. Et d'ajouter "France Telecom n'a cessé d'être en faveur de la concurrence."
Le prix de l'ADSL en baisse
Même si France Telecom accepte difficilement les critiques qui sont faites à ces tarifs, force est de constater qu'il existe encore des marges sur certains services téléphoniques. Pour l'ADSL, France Telecom appliquera officiellement des baisses de tarifs à destination des opérateurs à partir de mercredi. Ces baisses, proposées en avril, seront de l'ordre de 15 à 20 % mais elles n'auront pas de conséquences majeures sur les tarifs actuels : la plupart des opérateurs les ont déjà anticipées.
En attendant le dégroupage
Enfin, au chapitre "lenteur du dégroupage", le porte-parole de France Telecom a expliqué que "depuis le 20 juillet, Paris est prêt à accueillir les autres opérateurs". Et d'ajouter "le déploiement se poursuit : Marseille sera équipé en août, et Lyon au début du mois d'octobre. La France est le seul pays à avoir une offre de dégroupage double ADSL et téléphonie. Certes nous n'avons pas anticipé certaines difficultés mais nous n'avions aucun autre exemple sur lequel s'appuyer hormis les États-Unis. "
Dans le contexte financier actuel, où les opérateurs téléphoniques ont toutes les peines du monde à trouver de l'argent, le moindre coût supplémentaire est de trop. Le bras de fer avec France Telecom n'est donc pas prêt de s'arrêter, à moins que son principal actionnaire, l'État français, décide de financer directement "l'ADSL moins cher pour tous".
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