Un avenir sombre pour les cyber-libraires français ?

Par Jean-Philippe BAY , le 11 juillet 2001 à 19h37 , mis à jour le 10 juillet 2001 à 20h02

"L'horizon est sombre" pour les librairies en ligne françaises, écrit l'hebdomadaire Livres-Hebdo dans sa dernière édition. Le dirigeant d'Amazon France, Georges Aoun, réagit aux rumeurs de fermeture de sa société évoquées par le journal.

livres salon bibliothèque © INTERNE

"Il est trop tôt pour parler de déconfiture mais personne ne rôde plus autour du marché du livre, avec le secret espoir d'y faire fortune vite et bien, grâce à Internet", écrit Livres-Hebdo dans son édition de mardi. la revue professionnelle illustre cette tendance en expliquant que la librairie en ligne "Bol.fr vient d'annoncer à ses salariés sa fermeture en septembre". Interrogé mardi, un responsable de Bol.fr a parlé "d'extrapolation". "Rien n'est encore officiel", a-t-il poursuivi, en précisant que des éléments d'information pourraient être fournis "en début de semaine prochaine".

Amazon France menacée ?

La France sera peut-être aussi "le premier échec" d'Amazon, note Livres-Hebdo, en soulignant que "le sort d'Amazon.fr dépend aujourd'hui d'une décision de ses actionnaires". "Un an après son lancement, on ne compte plus les départs, licenciements ou démissions" de la filiale française du géant américain du commerce électronique culturel, écrit la revue, en faisant état d'une rumeur de "fermeture pure et simple".

Joint par tf1.fr, Georges Aoun, le directeur général de la filiale française a affirmé que sa société ne connaissait aucune difficulté particulière et que les objectifs d'équilibre financier à l'horizon 2002 était maintenus. D'après lui, les difficultés du marché français ne touchent pas réellement Amazon France. "Notre marché n'est pas uniquement situé dans l'Hexagone. Le nombre de clients d'Amazon France augmente non seulement en métropole mais aussi grâce au potentiel des lecteurs des autres pays."

La "fameuse"exception française

Selon un responsable d'Hachette Livre, Jean Luc Foucher, ces librairies en ligne "ne pourront pas conquérir des parts de marché considérables parce qu'en France, nous avons des libraires de proximité, contrairement à Los Angeles où il faut faire une heure et demie de voiture pour en trouver une. Leurs chiffres d'affaires montrent que la vente en ligne est une activité complémentaire". "Cinq librairies en ligne*, c'est peut-être beaucoup pour un seul pays", a pour sa part déclaré le directeur commercial de Gallimard, Bruno Caillet.

*Bol.fr (Vivendi/Bertelsmann), Fnac.com et Amazon.fr, Alapage.com (France Telecom) et Chapitre.com,

Par Jean-Philippe BAY le 11 juillet 2001 à 19:37
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