Billets d'avion : malgré les péripéties, l'enquête continue

Par Philippe MATHON , le 18 juillet 2001 à 17h49 , mis à jour le 18 juillet 2001 à 19h04

D'après Le Monde, une nouvelle expertise sur les voyages payés en espèces contredit la défense développée par Jacques Chirac lors de la traditionnelle déclaration télévisée du 14 juillet.

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Elle monte, elle monte la facture des voyages payés en liquide par Jacques Chirac, entre décembre 1992 et juillet 1995. C'est en tout cas l'hypothèse de travail des juges. Le 2 juillet, une expertise judiciaire, dévoilée mercredi par Le Monde, fixait à 2,8 millions le montant total, au lieu des… 2,4 millions précédemment estimés. Ainsi, d'après les juges, les sommes visées seraient loin de faire "pschitt", expression employée par le chef de l'Etat le 14 juillet afin de discréditer le travail des enquêteurs. "Le chiffre de 2,4 millions est exorbitant", avait-il alors ajouté.

D'après les travaux de l'expert-comptable mandaté par les juges d'instruction, 2,3 millions des 2,8 millions attribués à l'entourage du chef de l'Etat constitueraient la part de "M. et Mme Chirac et leurs proches", selon le quotidien. S'ajoutent à cette somme, la part du sénateur RPR Maurice Ulrich, un des plus proches conseillers du président Chirac, soit 339.458 francs pour des vacances à l'Ile Maurice avec sa famille en 1992 et celle d'une journaliste de l'AFP, Elisabeth Friederich, soit 170.587 francs pour des séjours à Rome, Tozeur (Tunisie) et à l'Ile Maurice, ce dernier avec une journaliste du Figaro.

Chirac "pas convaincant" pour 51% des Français

Dans ses conclusions, l'expert-comptable relève que "de nombreuses factures portent des libellés occultant l'identité du ou des bénéficiaires réels des voyages", de sorte que son analyse "ne peut être considérée comme exhaustive", selon Le Monde.

Les péripéties liées à la procédure - l'impossibilité d'entendre le chef de l'Etat comme témoin assisté  - n'empêchent pas les juges de poursuivre leur enquête. Jean-Claude Laumond, l'ancien chauffeur de Jacques Chirac pendant un quart de siècle, a été interrogé mardi pendant plus de trois heures par les policiers. Mercredi, il a affirmé ne pas être "mêlé" à cette affaire. Il avait pourtant indiqué le 12 juillet avoir convoyé des enveloppes chez le voyagiste du président de la République, Maurice Foulatière, à Neuilly-sur-Seine, tout en ignorant le contenu. La propre fille du chef de l'Etat, Claude Chirac, un de ses plus proches conseillers, Maurice Ulrich, et trois de ses collaboratrices, dont sa chef de cabinet à l'Elysée, s'étaient déjà expliqués la semaine dernière, devant les juges ou les policiers.

Et qu'en pensent les Français ? D'après un sondage CSA pour la Croix à paraître jeudi, ils sont une majorité (51% contre 36%) à n'avoir pas trouvé Jacques Chirac convaincant sur le sujet épineux des "affaires".

(Enquête CSA pour la Croix réalisée les 16 et 17 juillet auprès de 1.005 personnes)

Par Philippe MATHON le 18 juillet 2001 à 17:49
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