Musique en ligne, eldorado de pacotille

Par Christophe ABRIC , le 24 juillet 2001 à 15h40 , mis à jour le 23 juillet 2001 à 16h45

Un institut américain prévoit la maturité du marché de la musique en ligne pour 2006. Il faudra en effet au moins cinq ans : ce marché, tel que l'ont pensé les majors, est une énormité.

Vignette dossier musique en ligne © INTERNE

Pour rassurer les investisseurs, voyons à long terme. Lorsque la société d'études américaine Jupiter Media Metrix évoque l'avenir du marché de la musique en ligne, elle vise de belles perspectives pour… 2006. Dans cinq ans, explique-t-elle, les ventes de musiques sur Internet (toutes formes confondues – téléchargement, vente par correspondance, streaming…) représentera 32% du chiffre d'affaire total de l'industrie du disque, contre 7% cette année. Les abonnements devraient dominer avec un chiffre d'affaire de 1,2 milliards de dollars. Mais, précise Jupiter Media Metrix, "il va falloir un peu de temps avant que le marché du numérique décolle réellement". C'est peu de le dire.

Le modèle reste à trouver

Les perspectives à court terme ont en effet de quoi faire regretter l'âge d'or de Napster. Aucun système de musique en ligne pensé et proposé par les maisons de disques ne permet à ce jour de disposer d'un catalogue aussi vaste et souple que ne le proposait Napster et que ne le proposent ses clones. Comme l'explique très finement le site américain Wired, l'internaute téméraire qui voudrait disposer de toutes les musiques en lignes devrait s'abonner à plusieurs services, et ne bénéficierait que d'un choix limité.

Incohérences en série

Sony et Universal (60% du catalogue mondial) s'apprêtent à lancer Pressplay, plate-forme de distribution par abonnement (prix prévu entre 10 et 15 dollars par mois). EMI, Warner et BMG devraient lancer dans le même temps MusicNet, concurrent direct de Pressplay. Si l'on veut profiter des deux catalogues, il faudra donc s'abonner aux deux. Comme si la moitié des disques était vendue au Virgin, l'autre à la Fnac : un peu stupide. D'autant plus que la diffusion de la dite musique ne se fera pas dans le même format. Pressplay utilisera la technologie Microsoft, MusicNet celle de RealNetworks. Comme s'il fallait un lecteur Panasonic pour lire les disques achetés à la Fnac et un Sony pour ceux achetés au Virgin. Et tout ça sans compter les nombreux labels indépendants qui ne feront pas partie des deux grands catalogue.

La musique en ligne telle que nous la préparent les majors est un condensé de nonsense. Si bien qu'un représentant de maison disque déclarait anonymement "si les maisons de disques étaient parvenues à un accord avec Napster, les choses seraient bien plus faciles". Jupiter Media Metrix a raison de voir à long terme...

Par Christophe ABRIC le 24 juillet 2001 à 15:40
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles High-Tech
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      • Le grand quiz de l'info
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        Nous recommandons
        logAudience