Pays pauvres : le salut dans les nouvelles technologies ?

Par Jean-Philippe BAY , le 10 juillet 2001 à 12h53 , mis à jour le 10 juillet 2001 à 16h41

Rejetant l'argument selon lequel le milliard d'êtres humains vivant avec un dollar par jour ne se nourrira pas avec des ordinateurs, les Nations Unies ont affirmé que les nouvelles technologies pouvaient grandement contribuer à réduire la pauvreté dans le monde.

Drapeau ONU © INTERNE

Un manque de fonds publics, des distorsions dans les marchés et des droits de propriété intellectuelle injustes privent les pays du Tiers-Monde des bénéfices de la haute technologie, relève le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) dans son dernier rapport annuel sur le développement humain.

Priorité aux nouvelles technologies

La ville de Bangalore, baptisée la Silicon Valley indienne, est l'exemple de ce que la haute technologie peut apporter à un pays en développement : ses exportations ont grimpé de 150 millions de dollars en 1990 à 4 milliards de dollars en 1999.
A côté des priorités traditionnellement mises en avant (recherche de vaccins... ) Le rapport de cette année ajoute donc la nécessité de donner accès aux pays en développement à des ordinateurs à bas prix et des connections sans fil. S'il fallait s'en convaincre, la fracture numérique, conception chère à la France, se transforme en gouffre dès lors que l'on compare les Etats-Unis et certaine zone en développement : 50% des Américains utilisent l'Internet contre seulement 0,4% en Afrique sub-saharienne.

Une question d'éducation

Les monopoles des télécommunications sont un obstacle à un usage plus répandu de l'internet, mais pour Mark Malloch-Brown, le principal facteur est l'éducation. "Si la technologie de l'information ne décolle pas, ce n'est pas forcément parce qu'il n'existe pas de câbles à fibre optique ou de plate-forme de communication. Il est beaucoup plus probable que c'est parce qu'il n'y a pas assez de personnel qualifié dans ce secteur", a-t-il estimé. Les pays en développement ont ainsi un rôle vital à jouer pour généraliser l'enseignement secondaire et supérieur, selon le rapport. Celui-ci appelle aussi les pays riches et les entreprises à apporter leur aide à ce processus, en soulignant qu'une augmentation de 10% de l'aide publique permettrait de consacrer 5,5 milliards de dollars à la recherche. "C'est la politique, pas la charité qui déterminera en fin de compte si les nouvelles technologies seront partout un outil pour le développement humain", affirme le rapport. Enfin, dans une de ses recommandations les plus controversées, le rapport plaide pour un usage plus juste des droits de propriété intellectuelle.

Par Jean-Philippe BAY le 10 juillet 2001 à 12:53
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