Hollywood sur Web

Par Christophe ABRIC , le 18 août 2001 à 16h29 , mis à jour le 18 août 2001 à 16h39

Cinq majors hollywoodiennes se sont associées pour la diffusion sur Internet de leurs films. Un système de téléchargement protégé censé prendre de vitesse les pirates et profiter du marché de la location vidéo.

Hollywood Web écran © INTERNE

Qu'on se le dise : sur Internet, les géants du cinéma Hollywoodien ne se feront pas berner comme les majors musicales. Cinq des sept majors hollywoodiennes se sont associées jeudi pour investir le Net en créant une joint-venture qui se chargera de distribuer leurs films sur le réseau.

Sony, MGM, Warner, Universal et Paramount ont estimé que le marché du haut débit aux Etats-Unis (10 millions de foyers équipés, 35 millions d'utilisateurs) était assez important pour se lancer dans l'aventure. Il y avait, en outre, urgence : la diffusion de films pirates sur Internet est encore relativement modeste. Il fallait donc que les majors puissent offrir à leurs films une vitrine légale sur le réseau avant que le phénomène ne prenne l'ampleur d'un Napster. Dans le communiqué, le président de Warner Bros estime ainsi que "la nature humaine n'est pas prédisposée au piratage. En offrant activement une source de films pratique, abordable et de haute qualité, l'industrie cinématographique rencontre les besoins du public tout en protégeant avec succès notre propriété intellectuelle".

Téléchargement pour trente jours

Ce service, connu pour l'instant sous le nom de MovieFly, devrait être lancé au début 2002. On pourra y choisir ses films parmi le catalogue vidéo des cinq majors : après le téléchargement (préféré au streaming pour des raisons de stabilité), l'utilisateur aura trente jours pour le regarder, sachant que le fichier se détruira 24 heures après le premier visionnage. Le prix de chaque location devrait être de 4$ (environ 30 francs).

Les majors sont optimistes : le marché de la location vidéo a prouvé qu'il y avait une demande pour des services de visionnage à domicile. Elles espèrent qu'à plus ou moins long terme, les utilisateurs préfèreront ne pas avoir à sortir de chez eux pour louer un film et ne pas avoir à payer d'indemnité en cas de retour tardif. Un analyste estime que les majors misent ainsi sur un marché qui "pourrait être énorme d'ici deux à trois ans", avec une perspective de 31 millions de foyers américains équipés en haut-débit en 2005.

Confort contre piraterie

Quant aux pirates, les majors estiment déjà avoir bien retenu les leçons du marasme dans lequel s'est retrouvée l'industrie musicale avec Napster et consorts. Elles ont mis au point, disent-elles, un système de protection. Mais surtout, elles misent sur la qualité des films (même en DivX, les films sur Internet sont d'une qualité médiocre) et sur la rapidité du téléchargement (20 à 40 minutes pour un film entier via le câble). L'union et l'entente dans l'intérêt de l'internaute, le confort pour minimiser la tentation pirate : quel que soit l'avenir de MovieFly, les majors hollywoodiennes auront au moins eu le mérite de ne pas répéter les monumentales erreurs de l'industrie musicale.

Par Christophe ABRIC le 18 août 2001 à 16:29
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