Attention, une image peut en cacher une autre

Par Jean-Philippe BAY, le 20 septembre 2001 à 08h59 , mis à jour le 20 septembre 2001 à 09h58

Mis au banc des accusés, la stéganographie n'a de sophistiqué que son nom. Cacher des informations à l'intérieur d'une photo ne nécessite pas d'avoir été formé dans un camp d'entraînement terroriste...

picto web world trade center © INTERNE

La stéganographie, l'étude des techniques pour communiquer des informations cachées a été montrée du doigt par le FBI au lendemain des attentats perpétrés aux États-Unis. Selon USAToday -citant des officiels du FBI- l'insertion de plans d'attaques dans des photos disponibles sur le Web aurait été une pratique courante des réseaux "Ben Laden". Et d'ajouter que les logiciels qui permettent ces manipulations devraient être encadrés par les autorités pour permettre de décoder rapidement ces images et contrecarrer les plans terroristes...

Un encadrement impossible

Coder des messages à l'intérieur d'une image n'est pas très complexe à mettre en place. Il existe de nombreux logiciels sur Internet qui permettent cette opération. (S-tools est l'un des plus connus). La programmation de ce type de logiciel est même un classique des écoles d'informatique. Il ne présente pas de difficultés majeures si l'on reste dans des schémas classiques.

Un jeu d'enfant


L'image originale-


Grâce à stools on rajoute cette image-

 

 

 

 

 


Le résultat-

Loin d'être complexe, les méthodes pour cacher une image numérique dans une autre image sont simples. Plusieurs techniques sont utilisées. La première est basée sur les couleurs présentes dans une photo. De façon similaire au son, le spectre des couleurs peut être traduit par des courbes. Les logiciels de codage insèrent dans ces spectres (rouge vert bleu) de micros variations qui ne seront pas perceptibles pour les personnes qui regardent les photos. Tous les types de données peuvent être insérés de cette façon, seule la capacité de l'image à "absorber" ces données cachées, limite les transferts. Une autre méthode consiste à modifier imperceptiblement la valeur de chaque pixel de l'image. Là aussi, la dégradation de l'image passe inaperçue et seul le logiciel adéquat permet de retrouver les données cachées.

De façon plus sophistiquée, il est aussi possible de cacher des données dans des constructions mathématiques (fractales en particulier). Ces constructions qui se répètent à l'infini selon une suite de chiffres peuvent inclure des bouts de fichiers sans en altérer la représentation graphique.

Images cachées et cryptées

Dans la majorité des logiciels que nous avons trouvés, ces méthodes de stéganographie s'accompagnent d'un cryptage des données. Ainsi, même si un service d'espionnage soupçonne certaines photos de contenir des données, il lui restera à déchiffrer ces dernières. On comprend donc l'empressement du FBI à dénoncer ces méthodes et à demander la mise en place de backdoor dans tous les logiciels de cryptage. On peut quand même s'interroger sur la capacité des services de renseignement qui ne mettent pas en avant les méthodes classiques d'infiltration pour contrôler des groupes susceptibles de fomenter des actions violentes… Avant d'être cryptés et envoyés sur Internet, les plans d'un attentat sont largement discutés. Les méthodes d'écoutes classiques (sur le terrain) sont sûrement d'une bien plus grande efficacité vu le nombre de données échangées tous les jours sur le Web.

Par Jean-Philippe BAY le 20 septembre 2001 à 08:59
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