Bloquer la haine sur Internet

Par Christophe ABRIC , le 04 septembre 2001 à 17h21 , mis à jour le 03 septembre 2001 à 17h33

En juin dernier, l'association J'accuse a demandé à 14 fournisseurs d'accès à Internet de bloquer l'accès à un portail néo-nazi. Eux se défendent d'avoir la moindre responsabilité dans le contenu qu'ils diffusent. Les deux parties s'affrontent à partir d'aujourd'hui devant le Tribunal de grande instance de Paris.

Drapeau anti nazi © INTERNE

Un débat sur l'une des questions majeures posées par Internet doit commencer ce mardi au Tribunal de grande instance de Paris : à partir de 9h30, invités par le juge des référés Jean-Jacques Gomez, de "grands témoins" évoqueront pendant trois jours le blocage par les fournisseurs d'accès de certains sites d'incitation à la haine. Parmi eux, le philosophe Alain Finkelkraut.

Précédent historique en Suisse

En février dernier, une petite organisation suisse, les Enfants de l'Holocauste, avait réussi à obtenir des principaux fournisseurs d'accès à Internet qu'ils bloquent l'accès à Front14, un portail néonazi. Cette victoire a inspiré l'association française J'accuse, qui a demandé en janvier dernier que 14 fournisseurs d'accès (FAI) français fassent de même.

Les pistes qui seront explorées durant cette journée ne sont pas très éloignées de celles évoquées lors de l'affaire de Yahoo! et de ses enchères nazies. Les fournisseurs d'accès se défendent d'avoir une quelconque responsabilité dans ce genre de litige : ils se considèrent comme de simples techniciens, des "postiers". Pour J'accuse, intervenir au niveau des FAI est le seul moyen d'empêcher la diffusion de sites néo-nazis ou racistes. "La décision du juge nous permettra de savoir si Internet est un média comme un autre, soumis aux mêmes libertés et aux mêmes régulations, ou si nous acceptons de laisser se développer à l'intérieur de notre pays une zone d'exception, lieu d'une violence d'abord verbale et virtuelle, mais potentiellement dangereuse pour la démocratie", écrivait son président en août dernier.

Internet est-il soumis aux mêmes restrictions que le reste des médias ? Qui, dans ce nouvel "univers" est responsable de quoi ? Autant de zones d'ombre que cette séance essaiera d'éclaircir. Autant de questions posées de manière très complète sur le site de l'association J'accuse, qui a mis en ligne tous les documents et articles relatifs à cette affaire.

J'accuse

Par Christophe ABRIC le 04 septembre 2001 à 17:21
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