Polémique autour du projet "E911"

Par K.D. , le 20 septembre 2001 à 17h00 , mis à jour le 19 septembre 2001 à 17h13

Les attentats du 11 septembre ont relancé un débat aux Etats-Unis sur un système très controversé de localisation d’appels téléphoniques. Baptisé "E911", ce système pourrait permettre à la police de localiser les appels d'un numéro d'urgence passés d'un téléphone portable, menaçant, du même coup, les libertés individuelles.

portables pretexte © INTERNE

Le projet "E911" (le 911 est le numéro d'appel d'urgence aux Etats-Unis) équivaut à créer un signal d'alerte très utile pour les recherches de blessés dans une catastrophe. La possibilité de retrouver des survivants dans les décombres du World Trade Center à New York, comme les ultimes appels de passagers d'avions détournés à leur famille, ont donné des arguments aux partisans du système.

Les compagnies de téléphone mobile et les défenseurs des libertés individuelles sont, en revanche, beaucoup plus réticents. Le coût d'un tel système n'est pas justifié par le résultat espéré, soulignent les compagnies en rappelant que "E911" ne permettra de localiser des gens que dans un rayon de 100 mètres. Une fois en place, il pourrait conduire à un système plus vaste afin de traquer les appels privés quotidiens des gens au mépris de leurs libertés individuelles, ajoutent les défenseurs des droits civiques.

"Un réflexe de la vie moderne"

Jusqu'à présent les compagnies de téléphone mobile disposent d'un système qui ne leur permet que d'identifier le numéro de l'appelant et de localiser le relais utilisé (les appels d'un portable sont transmis par des antennes fixes). D'ici au 1er octobre les compagnies de téléphone portable sont supposées avoir mis en place un système permettant d'identifier la longitude et la latitude de l'endroit d'où serait utilisé un cellulaire. Les principales compagnies ont toutes demandé un report de cette échéance.

"Je suis sidéré par le temps que prend cette mise en place", déplore Bill Munn, ancien président de l'Association nationale du numéro d'urgence (NENA). Selon lui, 50% des appels d'urgence du 911 proviennent de téléphones portables. Lorsque "les gens sont blessés ou sont témoins d'un accident, ils se saisissent de leur téléphone portable. C'est un réflexe de la vie moderne d'aujourd'hui. La plupart du temps, ils ne savent pas où ils sont. Un système de localisation atténuerait ce grave problème. Il n'y a aucune raison de ne pas le mettre en place", estime-t-il.

"Enorme potentiel pour provoquer des abus"

Pour les compagnies, respecter l'échéance imposée du 1er octobre serait relativement inutile car les centres de réception du numéro 911 ne sont pas encore équipés des matériels permettant la transposition des éléments de longitude et latitude en points de localisation.

"Le système dans sa globalité n'est pas finalisé", assure Jennifer Walsh, représentante de la société Sprint PCS. Will Doherty, porte-parole d'une fondation (Electronic Frontier Foundation) spécialisée dans la protection des libertés individuelles, estime en outre que ce système est dangereux car il "a un énorme potentiel pour provoquer des abus".

Par K.D. le 20 septembre 2001 à 17:00
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles High-Tech
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

      logAudience