Jeux de guerre

Par Jean-Philippe BAY, le 02 novembre 2001 à 00h00 , mis à jour le 31 octobre 2001 à 18h31

Pour la première fois, l'armée américaine prévoit d'utiliser des jeux guerriers pour entraîner ses soldats. Les deux jeux pressentis seront identiques à ceux qui seront utilisés par les véritables joueurs.

flashpoint 1bis © INTERNE

Selon un article du magasine américain Wired, l'armée américaine travaille actuellement avec un laboratoire de recherche californien et des développeurs de jeux à mettre au point deux jeux - CS XII et C Force - destinés à entraîner des soldats au combat de rue. Ces deux jeux qui devraient être disponibles d'ici deux ans mettront les joueurs et les militaires à la tête d'une escouade, voire même d'une compagnie entière, avec pour mission d'engager le combat et de gérer les mouvements de troupes.

L'armée a fait appel à Rob Sears, déjà connu pour avoir créé les jeux Mech Commander et Mech Warrior 3. Cité par le magasine américain, le Dr. Michael Macedonia qui est chargé des recherches par l'armée explique que "le véritable challenge n'est pas d'apprendre aux soldats à tirer mais à créer des leaders pouvant traiter des problèmes complexes combinant des éléments émotionnels, politiques et sociaux".

Récidive

C'est la première fois dans l'univers du jeu que des titres sont créés directement à destination de l'armée tout en étant vendus dans le commerce. En revanche d'autres jeux ont déjà été utilisés pour l'entraînement du personnel militaire. Battlezone (simulation de char d'assaut), apparu dans les années 80 sur Atari, avait déjà été adapté par l'armée pour l'enseignement militaire des soldats chargés de diriger des tanks Bradley. Doom, le fameux "shoot'em up" avait lui aussi servi d'aide à l'initiation des troupes... pour améliorer la coordination d'équipiers. Dommage que tout cela n'ait pas conservé son caractère virtuel.

En France, le syndicat des éditeurs de logiciels ludiques SELL a mis en place une politique d'information à destination des joueurs pour éviter que des contenus inadaptés soient livrés à des enfants: portrait

Le SELL regroupe 50 éditeurs de logiciels de jeux. Son activité la plus connue est la mise en place d'une signalétique (reprise à la TV) informant les consommateurs de l'âge limite du public visé par les jeux. Cette signalétique découpe les titres ludiques en 4 catégories ("pour tout public, "déconseillé aux moins de 12 ans", "public adulte - déconseillé aux moins de 16 ans","interdit aux moins de 18 ans"). Cette information est du ressort de l'éditeur, ce qui signifie qu'il est totalement libre de choisir la signalétique qui estampillera le jeu. Le syndicat n'a qu'un rôle d'indicateur : il édite une grille d'évaluation qui donne une idée aux éditeurs soucieux d'attribuer la bonne limite d'âge à un jeu. Aucune obligation n'est faite de suivre cette grille. Ce mode de fonctionnement ne garantit donc en aucun cas le contenu d'un jeu. Il permet seulement à l'acheteur d'être informé et à un éditeur de se protéger lorsqu'une personne décide d'attaquer un logiciel ludique arguant qu'il n'était pas adapté à un enfant ou un adolescent.

Par Jean-Philippe BAY le 02 novembre 2001 à 00:00
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